Présentation architecturale de l'édifice

Sur la vue en plan de la Cathédrale que vous trouverez ci-dessous, vous trouverez les diverses zones correspondant à la Nef et ses Collatéraux, à la Tour porche, aux deux Transepts, et au Choeur, vous y trouverez également toutes les Chapelles. Il vous suffit de cliquer sur les lettres pour accéder aux Chapelles, et de cliquer sur la zone interressée pour accéder à la Nef et ses Collatéraux, à la Tour porche, aux deux Transepts, et au Choeur.
Précisions :
Les deux chapelles ( ancienne sainte Trinité & avancée saint Martin ) ne sont pas notifiées sur ce plan car elles font partie de la Nef.
Les deux chapelles ( saint Antoine & saint Charles Borromée ) ne sont pas notifiées sur ce plan car elles font partie du Transept nord.
Les deux chapelles ( saint François de Sales & Notre-Dame des Miracles ) ne sont pas notifiées sur ce plan car elles font partie du Transept sud.



Sources

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Nouveautés

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Mérovingiens, Capétiens et Carolingiens

Le territoire de Sithiu non christianisé avant l'année 630 était administré par l'évêché de Thérouanne. C'est Dagobert Ier qui offrit le siège épiscopal à Audomar ( moine de Luxeuil ). Un certain Adroald fit don des terres de Sithiu à l’évêché de Thérouanne en 650. Audomar confia le soin d'évangéliser cette région à trois de ses compagnons, Mommelin, Ebertram et Bertin. Tous connaissaient la langue des habitants de la région. Les 3 moines fondèrent rapidement un premier monastère sur la commune qui se nomme de nos jours Saint Mommelin. Après ces faits, Mommelin et Ebertram furent envoyés en mission en Picardie actuelle. Bertin, resta seul et créa un nouveau monastère à un endroit qu'il appréciait ( en bas de la colline de Sithiu ). Saint Bertin devint l'église de l'abbaye basse. Audomar construira sur la butte de Sithiu une autre église, dédiée à la vierge, qui deviendra Notre Dame. En 663, l’évêque de Thérouanne mettra cette église sous la protection de Bertin. C'est ainsi que, dès l'origine, il y eut dans la ville de Sithiu, un monastère haut et un monastère bas. Audomar meurt en 670 et sera inhumé dans l'église Notre Dame. Bertin, quant à lui, mourut à 99 ans en 709 ( sources non officielles ). Il fut inhumé dans l'abbaye qui portera dès lors son nom "abbaye de Saint Bertin". A la fin du IX ème siècle, en Flandre, les châteaux et les Bourgs furent fortifiés pour résister aux assauts des Vikings, et protéger les habitants des Bourgs contre leurs exactions. Les travaux de fortification furent confiés à des chefs militaires qui prirent plus tard le nom de châtelains ( en flamand burch—graeve ). A ces chefs, les Comtes leurs offrirent en plus du commandement militaire, un pouvoir judiciaire et administratif. Ces chefs exercèrent ce pouvoir en qualité de délégués du Comte sur ces Bourgs, mais aussi sur une zône géographique qui prit le nom de châtellenie. L'avénement de la féodalité les firent entrer dans la hiérarchie féodale, et, d'officiers du Comte ils devinrent ses vassaux, seigneurs héréditaires de la châtellenie qui devint une tenure du comte. Dans le même temps, les fonctions qu'ils avaient exercées comme représentants du suzerain devinrent les devoirs de leur fief. Les châtelains ( burgraves ) prirent le rôle de vicomtes dans la hiérarchie féodale. Ils étaient chargés de la garde d'une forteresse et de la défense militaire du pays, et avaient aussi la délégation du comte en matière judiciaire. Plus tard, l'établissement dans les Bourgs d'une organisation municipale restreindra leurs prérogatives et leurs pouvoirs.

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REVUE DU NORD sous la direction de Ludovic Nys et Benoît Van den Bossche

Hors série. Collection Art et Archéologie. N° 25. 2017. Université de Lille. Sciences humaines et sociales.

FRANS DOPERÉ

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Archéologie Architecturale

Ce que disent les traces d’outil au sujet du bras sud du transept de la collégiale de Saint-Omer et de son portail

L’ancienne collégiale Notre-Dame de Saint-Omer, devenue cathédrale au xVIe s., est l’un des rares témoins des débuts de l’architecture gothique dans une région où la plupart des grands édifices de cette époque ont disparu. Du point de vue de l’histoire de sa construction, son intérêt réside en outre dans le fait qu’y ont été utilisés conjointement quatre types de pierre différents. Ce constat ouvre des perspectives intéressantes, qui doivent amener à nous interroger en priorité sur les raisons ayant présidé au choix de ces types de pierre. Il s’agira ensuite, tout en considérant les natures spécifiques de ces matériaux, d’identifier les techniques de taille mises en œuvre, de déceler leur éventuelle transposition d’un type de pierre à l’autre, si ce n’est même leur transmission d’une région à l’autre. Mais le cas de la collégiale audomaroise est encore intéressant pour d’autres motifs. Plusieurs formules architecturales furent appliquées au long du chantier, sur toute l’époque gothique, de manière singulière, conférant à l’édifice une personnalité propre1. Le décor architectural y est par ailleurs remarquable, qu’il s’agisse des chapiteaux, des remplages ou d’autres éléments encore. La collégiale, enfin, est dotée à l’extrémité du bras sud de son transept d’un portail sculpté hors du commun.

Les recherches récentes, dont les conclusions sont exposées dans le présent ouvrage2, ont démontré que, pour sa partie essentielle, le portail a été mis en œuvre dans le courant du dernier tiers du xIIIe s., mais qu’il fut remanié ensuite par étapes au xIVe s. Comment les choses se sont-elles passées ? Si la question mérite d’être soulevée, c’est que la littérature régionale consacrée à l’édifice, depuis le milieu du xIxe s., fait apparaître à ce propos des positions diverses, voire contradictoires. D’aucuns ont ainsi soutenu que le portail du xIIIe s. s’insérait à l’origine dans une façade, aujourd’hui disparue, qui se trouvait plus au nord que la façade actuelle, proche de la croisée, et qu’il fut ensuite déplacé pour intégrer l’extrémité du croisillon méridional. Pour d’autres auteurs, ledit portail aurait été construit et son décor sculpté réalisé dès le xIIIe s. là où il s’élève aujourd’hui, soit dans une façade dont on aurait perdu toute trace, soit antérieurement à la construction de cette dernière, qui pourrait n’avoir été élevée qu’un siècle plus tard, à la fin du xIVe s. Certains auteurs, enfin, ont évoqué la possibilité que le portail ait été sculpté en atelier, sur place, et que ses éléments aient attendu près d’une centaine d’années avant d’être montés.

Il ne sera pas question d’aborder ici la problématique sous l’angle, traditionnel, d’une lecture de l’architecture, qui a fait l’objet d’une analyse approfondie dans le présent ouvrage3, mais de nous focaliser sur les traces d’outils, une méthode dont l’utilité pour préciser la chronologie des chantiers médiévaux n’est plus à rappeler. S’agissant de la collégiale de Saint-Omer, singulièrement de son portail méridional, cette méthode est-elle applicable ? Les traces d’outils encore détectables en certains endroits du chœur, du déambulatoire, du bras méridional et du portail de la collégiale, sont-elles susceptibles de privilégier l’une des trois hypothèses ? Il semble bel et bien que oui. Cette démarche, au demeurant, s’appuiera sur les résultats des premières observations systématiques relatives aux matériaux qu’a livrées en 1994 Annie Blanc4. Parallèlement à Francis Tourneur, nous reprenons ici le dossier qu’elle a ouvert pour l’enrichir de nouvelles données et de nouvelles observations.

4 Blanc 1996, p. 30-31.

On se reportera, dans le présent volume, aux contributions de cet auteur.

Frans Dopéré, Universiteit Leuven ( KULeuven ).

Voir notamment Thiébaut 2006, p. 375-389.

On se reportera, dans le présent volume, à la contribution de Marie Lekane, Ludovic Nys, benoît Van den bossche et Emmanuel Joly.

Cf. la contribution de Delphine Hanquiez et de Michalis Olympios.

image

REVUE DU NORD - N° 25 HORS SÉRIE COLLECTION ART ET ARCHÉOLOGIE - 2017, P. 97-111




Figure de gauche. — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle en pierre de Tournai de l’une des colonnes du déambulatoire. © Fr. Doperé.



Figure de droite. — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle et bases en pierre de Marquise des doubles colonnes adossées au revers du mur de façade du croisillon sud du transept. © Fr. Doperé.





LES DIFFÉRENTS TYPES DE PIERRES ET LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES DE TAILLE

Le déambulatoire et les travées orientales du bras sud du transept

Tous les murs du déambulatoire et du bras sud du transept ont été construits en craie. Ce matériau présente l’inconvénient, à l’extérieur, de perdre rapidement, par érosion de son épiderme, les traces du travail des tailleurs de pierre. À Saint-Omer, la situation n’est pas meilleure à l’intérieur de l’édifice car, comme c’est souvent le cas dans les édifices érigés avec ce type de pierre, les restaurateurs des xIxe et xxe s. ont mis à neuf par grattage les surfaces des maçonneries. Ainsi, en ce qui concerne les parements extérieurs, seule la partie comprise entre la chapelle centrale et la chapelle septentrionale présente encore des traces de taillant droit (marteau taillant) (plan 1A). Pour ce qui est des parements intérieurs, nous ne pouvons tirer aucune conclusion au sujet des techniques de taille d’origine. Nous nous limiterons donc à des considérations concernant la distribution du matériau.

Dans le déambulatoire et dans les chapelles du bras sud du transept, tous les chapiteaux sculptés sont en craie (plan 6C). Cela suffit-il pour conclure que tous datent de la même époque et que le mur du déambulatoire et les chapelles relèvent d’une même phase de construction ? Nous verrons que non.
Les socles maçonnés des colonnes adossées au mur du déambulatoire sont en pierre de Marquise et ont été taillés au taillant droit ; chacun de ces socles est surmonté d’une base circulaire, également en pierre de Marquise et taillée avec le même instrument. La distribution correspond à celle des chapiteaux en craie, ce qui pourrait effectivement faire croire que toutes ces parties datent de la même époque (plan 2b). On notera cependant que, dans cet ensemble de socles et de bases, les profils des socles, et eux seuls, sont en calcaire de Tournai et taillés au taillant denté (gradine) (plan 5A et fig. 1).

Des deux côtés du portail sud, par contre, les socles et les bases des doubles colonnes sont entièrement en pierre de Marquise (plan 2b et fig 2). On n’y trouve pas de profils en calcaire de Tournai en haut des socles (plan 5A). En outre, les chapiteaux ne sont pas en craie ; il s’agit ici probablement de pierre de Marquise (plan 6b et fig. 3). Ce cas particulier appelle une explication que nous livrerons ultérieurement ; il devra être pris en compte dans l’établissement de la chronologie du portail.





Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : chapiteaux des doubles colonnes adossées au revers du mur de façade du croisillon sud du transept. © Fr. Doperé.


Le chœur et la croisée

Le niveau inférieur

Dans le chœur, à la croisée et dans les premières travées des deux bras du transept, les éléments formant les supports (socles, bases, piliers et fûts des colonnes, chapiteaux) sont en pierre de Marquise, en calcaire de Tournai et en grès quartzitique. Leur distribution est régulière ; on peut donc conclure que tous ces supports relèvent d’une seule et même phase du chantier (plans 2 à 7).
Les socles maçonnés sont en pierre de Marquise équarrie et taillée au taillant droit (plan 2A). Les profils des bases des quatre piliers de la croisée et des piliers séparant la deuxième travée du chœur et l’abside (supports « forts ») sont en calcaire de Tournai taillé au taillant denté (plan 5b et fig. 4). Les profils des socles et des bases du chœur (abside comprise) (supports « faibles »), de même que ceux des deux premières travées de chacun des bras du transept sont en calcaire de Tournai taillé au taillant denté (plan 5C et fig. 5). Les piliers de la croisée et ceux qui séparent la deuxième travée du chœur et l’abside sont quant à eux entièrement en pierre de Marquise taillée au taillant droit (plan 4A et fig. 6).

Les fûts des colonnes engagées sur les piliers sont monolithiques ou composés de deux parties en délit (plan 7A). Ils sont en grès quartzitique. Ces colonnes sont fixées aux piliers, également en grès quartzitique, par des anneaux de fer : l’un juste au-dessus de la base, le deuxième plus ou moins à mi-hauteur du fût (fig. 7).
Les fûts en grès quartzitique ont des dimensions appréciables. Nous les donnons dans le tableau ci-dessous.




Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle et base en pierre de Tournai de l’un des quatre piliers de la croisée du transept. © Fr. Doperé.




Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socles et bases en pierre de Tournai des colonnes de la zone du choeur ( déambulatoire ). © Fr. Doperé.




— Nous donnons uniquement les dimensions des colonnes situées du côté du déambulatoire, celles qui sont situées du côté du chœur étant largement cachées par des boiseries.

Position de la colonne

Hauteur totale du fût (ml)

Hauteur de la partie inférieure du fût (ml)

Diamètre du fût (cm)

chœur, côté sud

5,15 ( monolithe ! )

5,15 ( une seule pièce ! )

Ca. 40

abside, côté sud

5,16

3,41

Ca. 38,5

abside, côté sud

5,17

3,17

Ca. 40

abside, côté sud

5,23

3,43

Ca. 38

abside, côté nord

5,21

3,22

Ca. 38

abside, côté nord

5,16

3,05

Ca. 39

abside, côté nord

5,18

3,27

Ca. 39

chœur, côté nord

5,19

2,86

?

transept S

5,23

3,22

?

transept N

5,24 et 5,19

3,52 et 3,40

?





Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : pilier occidental en grès quartzitique et composé de tambours en lit de carrière de l’une des deux extrémités du transept. © Fr. Doperé.



Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : fûts de colonnes monolithiques en grès quartzitique de la zone du choeur (déambulatoire). © Fr. Doperé.




Pour chacun des bras du transept, les deux piliers occidentaux des deux premières travées sont en grès quartzitique, mais composés de tambours en lit de carrière ( plan 7b et figure 8 ). Peut-être faut-il voir là un indice de l’épuisement des grands blocs de grès quartzitique et donc du fait que ces deux piliers ont été construits en dernier lieu et que le chantier du chœur a été mené d’est en ouest. On relèvera enfin que tous les chapiteaux surmontant les fûts en grès quartzitique sont en calcaire de Tournai ( plan 6A ).

Le triforium

Au niveau du triforium du chœur, les maçonneries sont en craie alors que les contreforts, visibles dans les combles du déambulatoire, sont en pierre de Marquise ; maçonneries et contreforts ont ici été taillés au taillant droit. Les colonnettes du triforium sont en calcaire de Tournai, taillé au taillant denté, mais ont ensuite été polies. quelques colonnettes sont elles-mêmes en marbre poli. Les arcs sont en pierre de Marquise taillé au taillant denté. Les linteaux des portes entre les galeries du triforium et les combles du déambulatoire sont en grès quartzitique. Un des linteaux montre trois emboîtures de clivage ( figure 9 ).

Le bras sud du transept

Le vaisseau central du bras sud du transept a été construit en deux phases. La couture entre les deux parties est bien visible au niveau du triforium du mur oriental, immédiatement au nord du demi-fût de colonne qui surmonte le chapiteau de la colonne centrale ( entre la deuxième et la troisième travée ) ( figure 10 ). Une couture similaire est également repérable dans le triforium occidental (fig. 11). D’autres observations matérielles et techniques confirment la présence de ces interruptions du chantier.

Le niveau inférieur

Aux piliers les plus proches de la croisée, les pierres des socles maçonnés en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit (plan 2A) ; celles des quatre piliers séparant les deuxième et troisième, et les troisième et quatrième travées, y compris les bases profilées des colonnes y accolées, l’ont été au taillant denté ( plan 2C et figure 12a-b ). Les premiers piliers et les colonnes y attachées sont en grès quartzitique ( plan 7A-b ) ; les quatre autres en pierre de Marquise taillée au taillant denté ( plan 4b ).
Au revers du portail, soit à l’intérieur du transept, les colonnes couplées en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit ( plan 4A et fig. 13 ), de même que leurs socles (plan 2b et fig. 14) – à l’exception toutefois de quelques rares tambours qui ont été taillés au taillant denté. Les chapiteaux des premières colonnes accolées aux piliers sont en calcaire de Tournai (plan 6A), ceux des quatre autres colonnes probablement en pierre de Marquise ( plan 6b ).Les claveaux des grands arcs en pierre de Marquise des deux premières travées à partir de la croisée ont été taillés au taillant droit, tandis que ceux des deux grands arcs méridionaux l’ont été au taillant denté. La moitié sud des arcs de la deuxième travée reposant sur les piliers centraux a été, au même titre que ces piliers, taillée au taillant denté, alors que la moitié nord de ces mêmes arcs l’a été au taillant droit.



Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : fûts de colonnes monolithiques en grès quartzitique de la zone du choeur (déambulatoire). © Fr. Doperé.




Le triforium

Au niveau du triforium, il n’est pas possible de distinguer les maçonneries en craie des deux travées septentrionales de celles des deux travées méridionales. Tous les moellons ont été taillés au taillant droit. En revanche, d’autres observations s’ajoutent à celles que nous venons d’évoquer, qui confirment bel et bien une rupture de chantier. Les colonnettes du triforium des deux travées septentrionales sont en calcaire de Tournai et taillées au taillant denté; celles des deux travées méridionales, par contre, sont en pierre de Marquise, elle-même taillée au taillant denté. On ne manquera pas de signaler ici que la deuxième travée ne compte que cinq arcades, contrairement aux autres qui en comptent six. La raison tient à la couture évoquée ci-dessus. Deux fûts de colonnes en marbre poli se trouvent également dans les deux travées septentrionales du côté est. Les petites arcades s’appuyant sur les colonnettes des deux travées septentrionales sont en pierre de Marquise taillée au taillant droit ; celles qui surmontent les colonnettes des deux travées méridionales ont été quant à elles taillées au taillant denté. Entre les travées du triforium et au-dessus des chapiteaux des colonnes du rez-de-chaussée, toutes les demi-colonnes sont en pierre de Marquise. Les premières demi-colonnes septentrionales ont été taillées au taillant droit, les autres au taillant denté. L’examen des contreforts fait apparaître une répartition semblable à celle des demi-colonnes. Les premiers contreforts septentrionaux ont été taillés au taillant droit, les autres (ceux du milieu et ceux au sud) au taillant denté. Enfin, les linteaux des portes qui, depuis le triforium, donnent accès aux combles des bas-côtés sont en grès quartzitique dans les deux travées septentrionales, alors qu’au sud, du côté est, ils sont en pierre de Marquise. Du côté ouest, si les choses sont moins claires, il est du moins assuré qu’il ne s’agit pas de grès quartzitique.

Le clair étage

Le niveau des fenêtres hautes semble être beaucoup plus récent que le niveau du triforium et celui des grandes arcades. Il est aussi beaucoup plus difficile à analyser parce qu’il a été soumis à des restaurations vigoureuses : toutes les pierres ont été soit grattées à la ripe, soit taillées au ciseau. Un seul des glacis de fenêtre n’a pas été touché, celui de la deuxième fenêtre du côté est. Les pierres y ont été taillées au taillant droit et pourvues d’une ciselure brute comparable à celle que l’on observe sur le calcaire gréseux en brabant (belgique).






Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur occidental du croisillon sud du transept, entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.





Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur oriental du croisillon sud du transept, entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.










Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : base de l’un des piliers des deux dernières travées du croisillon sud du transept ; détail des traces de taillant denté. © Fr. Doperé.









Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : détail des traces de taillant droit sur la base de l’une des doubles colonnes en pierre de Marquise du revers du mur de façade du croisillon sud du transept.
© Fr. Doperé.






Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : colonne en pierre de Marquise du revers du mur de façade du croisillon sud du transept ; traces de l’utilisation du taillant droit. © Fr. Doperé.





La grande rose

Les surfaces de la grande rose de la façade méridionale, en craie, ont été grattées à la ripe. En plusieurs endroits, on remarque les marques laissées par le tailleur de pierre : des triangles dont les trois côtés ne sont prolongés que d’un seul côté. Le glacis intérieur était en pierre de Marquise. Il ne subsiste de la structure originale que les deux extrémités taillées au taillant denté.

Le portail sud

Le portail sud montre une très grande diversité de techniques de taille des pierres. L’une des raisons essentielles tient bien sûr aux interventions tardives et aux restaurations du xIxe s., mais on y constate également qu’un certain nombre d’éléments manifestement authentiques ont été façonnés au taillant droit – relevant donc de la première phase de construction du transept – alors que d’autres l’ont été au taillant denté – relevant ceux-ci de sa deuxième phase de construction. Les deux piédroits du portail qui soutiennent le tympan à gauche et à droite sont en pierre de Marquise taillé au taillant droit (plan 4A et fig. 15a-b), exactement comme les éléments constituant les premières travées du bras sud du transept se trouvant près de la croisée. Le trumeau central est également édifié en pierre de Marquise mais, à la différence des piédroits, il a été taillé au taillant denté (plan 4b et fig. 16a-b), de même que les travées méridionales plus récentes du transept. Ces traces au taillant denté sont surtout bien visibles à l’arrière du trumeau, là où l’érosion n’a pu avoir aucun impact. Certains blocs semblent toutefois présenter également des traces du taillant droit sur les faces exposées à l’extérieur. À l’analyse, il s’agit ici encore en réalité de traces du taillant denté, ces dernières, après érosion, pouvant elles-mêmes finir par passer pour des traces du taillant droit. En réexaminant ces traces érodées en détail, de fait, il est possible de repérer à certains endroits les impacts laissés par les dents de cet outil. On notera néanmoins que les deux consoles sculptées du trumeau montrent bien des traces du taillant droit, en particulier la console de droite, au-dessus de la partie sculptée. Sur la face visible, et érodée, du grand linteau sommant les piédroits, le trumeau et les piédroits sont identifiables des traces de taillant droit ; l’intrados du linteau, quant à lui, présente des traces de taillant denté. Il est vraisemblable qu’ici à nouveau, sur la face la plus exposée, les traces présumées de taillant droit correspondent à des traces érodées du taillant denté. Il est peu probable en effet que cet élément structurel ait été taillé avec deux outils différents. Il n’est en revanche pas possible de décrire les traces laissées par les outils du ou des sculpteurs au tympan. L’ensemble de ses surfaces, sur le fond et les figures en haut relief, laissent voir en effet de très nombreuses traces de la ripe, résultat d’un « nettoyage », d’une « restauration » voire d’une « retaille » qui furent suffisamment profonds pour faire disparaître à jamais la touche des sculpteurs primitifs. Une proposition de chronologie basée sur ces traces de « mutilation » n’est donc pas possible dans la cadre de l’étude des techniques de taille médiévales. Déterminer l’époque à laquelle les arcs de l’auvent du portail ont été façonnés paraît impossible, leurs claveaux en craie ayant été uniformément taillés au taillant droit, tant derrière les sculptures que sur les profils. L’examen des maçonneries en craie situées entre les galeries du triforium et les combles des bascôtés du bras sud du transept a démontré en effet que le taillant droit fut utilisé non seulement dans les deux premières travées à partir de la croisée, mais aussi dans les deux travées suivantes. Une chronologie fine de la taille de la pierre n’est dès lors pas envisageable pour les parties du portail construites en craie.








Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : piédroit en pierre de Marquise du portail méridional et détail des traces de taillant droit. © Fr. Doperé.









Le bras nord du transept

De même que dans le bras sud du transept, dans le bras nord, le vaisseau central a été construit en deux phases. Une couture séparant les deux parties est ici encore parfaitement visible au niveau du triforium du mur oriental, juste au sud de la demi-colonne surmontant le chapiteau de la colonne centrale entre la deuxième et la troisième travée (fig. 17). Ladite couture n’est toutefois pas visible dans le triforium occidental, mais nombre d’indices matériels et techniques y confirment également l’évolution du chantier en deux phases.

Le niveau inférieur

Les socles des piliers qui s’élèvent au plus près de la croisée (plan 2A) sont en pierre de Marquise ; ils ont été façonnés au taillant droit. Les pierres des deux piliers centraux et des deux piliers septentrionaux, ainsi que des pilastres s’appuyant sur le mur septentrional, ont elles-mêmes été taillées avec cet outil, mais elles ont reçu en outre une ciselure périphérique brute, identique à ce que l’on observe sur les moellons en calcaire gréseux typiques du brabant de la première moitié du xVe s. (plan 2D et fig. 18). Les premiers piliers et les colonnes y accolées sont en grès quartzitique (plan 7A-b). Les quatre autres piliers et les pilastres sont par contre en pierre de Marquise et taillés au taillant droit (plan 4C). Ils sont en outre caractérisés par une ciselure périphérique brute (fig. 19). Les chapiteaux des premières colonnes accolées aux piliers sont en calcaire de Tournai (plan 6A) ; les chapiteaux des autres supports sont probablement en pierre de Marquise (plan 6b). Les claveaux des grands arcs en pierre de Marquise des deux premières travées, près de la croisée, ont été façonnés au taillant droit. Pour les deux travées septentrionales, c’est également cet outil qui a été utilisé ; en outre, les blocs ont reçu une ciselure périphérique brute, identique à celle évoquée plus haut. La moitié nord des arcs de la deuxième travée et la partie supérieure de la moitié sud des mêmes arcs ont été grattés à la ripe, tandis que leur partie inférieure a été taillée au taillant droit. Le portail septentrional est en pierre de Marquise. Les pierres sont taillées au taillant droit et ont reçu une ciselure périphérique brute (plan 4C).








Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : trumeau en pierre de Marquise du portail méridional et traces de taillant denté. © Fr. Doperé.
















Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : traces de l’usage du ciseau (ciselure périphérique) pour l’encadrement des moellons de l’un des piliers de l’extrémité du croisillon nord du transept.
© Fr. Doperé.






Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur oriental du croisillon nord du transept entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.











Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : traces de l’usage du ciseau (ciselure périphérique) pour l’encadrement des moellons de l’un des piliers de l’extrémité du croisillon nord du transept.
© Fr. Doperé.






Le Triforium

Au niveau du triforium, d’autres observations fournissent autant d’arguments en faveur de la thèse de l’interruption du chantier. Ainsi les pierres des maçonneries en craie séparant les galeries du triforium et les combles des bas-côtés présentent-elles des traces de taille différentes. Les maçonneries en craie des deux travées situées directement au nord de la croisée ont été façonnées au taillant droit, tandis que celles des deux travées suivantes, vers la façade septentrionale, ont été grattées à la ripe. Ces traces ne sont repérables qu’à l’est ; du fait de l’érosion de surface, les traces d’outils ont complètement disparu sur le mur occidental exposé aux intempéries. Les colonnettes des travées jouxtant la croisée sont en calcaire de Tournai et taillées au taillant denté ; deux d’entre elles sont polies. Dans les deux travées suivantes, la situation est plus complexe. Trois des quatre galeries contiennent des colonnettes en calcaire de Tournai, également taillées au taillant denté ou polies, mais celles-ci sont pourvues de bases octogonales. La galerie occidentale de la travée située le plus au nord contient quant à elle des colonnettes en pierre de Marquise taillées au taillant denté, elles-mêmes munies de bases octogonales. On ne manquera pas de noter ici que la deuxième travée ne compte que cinq arcades sur colonnettes, au lieu de six dans les autres travées. Cette anomalie s’explique par la couture évoquée ci-dessus. Toutes les demi-colonnes situées entre les travées du triforium et au-dessus des supports du rez-de-chaussée sont en pierre de Marquise. Les premières demi-colonnes méridionales sont taillées au taillant droit, les autres au ciseau. Les contreforts situés qui surmontent les bas-côtés, entre les travées, se présentent selon la même logique que les demi-colonnes. Les premiers contreforts méridionaux ont ainsi été façonnés au taillant droit, les autres (ceux du milieu et ceux au nord) au ciseau. Le premier contrefort occidental, fort érodé, présente cependant des traces du ciseau. Comme il s’agit là d’une exception, la question se pose de savoir si ces traces ne seraient pas le résultat d’une restauration. Dans les deux premières travées, les linteaux des portes donnant accès, depuis le triforium, aux combles des bas-côtés sont en grès quartzitique. Les linteaux de la troisième travée sont par contre en pierre de Marquise et ont été taillés au ciseau. Les remplages des fenêtres supérieures ainsi que ceux de la grande fenêtre de la façade septentrionale sont en craie grattée à la ripe.


























Plans 1 à 6 — 1. Distribution de la craie présentant des traces de la taille de la pierre d’origine au rez-de-chaussée du choeur et du transept. Utilisation du taillant droit (marteau taillant) (A) et de la ripe (b) ; 2. Distribution de la pierre de Marquise dans les socles et les bases des supports au rezde- chaussée du choeur et du transept. Socle maçonné, taillé au taillant droit (marteau taillant) (A) ; socle maçonné et base profilée, taillés au taillant droit (b) ; socle maçonné et base profilée, taillés au taillant denté (gradine) (C) ; socle taillé au taillant droit (marteau taillant) avec ciselure périphérique (D) ; 3. Distribution des socles-bases avec sculptures en pierre de Marquise dans le déambulatoire et le transept sud (A) ; 4. Distribution de la pierre de Marquise dans les supports du choeur et du transept. Pierres taillées au taillant droit (marteau taillant) (A) ; pierres taillées au taillant denté (gradine) (b) ; pierres taillées au taillant droit (marteau taillant) avec ciselure périphérique (C) ; 5. Distribution du calcaire de Tournai taillé au taillant denté (gradine) dans les socles et les bases du choeur et du transept. Profil du socle en calcaire de Tournai (A) ; profil de la base en calcaire de Tournai (b) ; profils du socle et de la base en calcaire de Tournai (C) ; 6. Distribution du calcaire de Tournai, de la pierre de Marquise et de la craie dans les chapiteaux du choeur et du transept. Calcaire de Tournai (A) ; pierre de Marquise (b) ; craie (C).










Plans 7 — Distribution du grès quartzitique taillé à la broche parmi les colonnes du choeur et du transept. Colonne en délit avec anneaux en fer (A) ; colonne maçonnée avec des pierres en lit de carrière (b).









Synthèse

Techniques de taille utilisées sur la craie (plan 1)

On l’a vu : l’étude des techniques de taille médiévales utilisées sur la craie est rendue difficile en raison des interventions des restaurateurs des xIxe et xxe s., lesquels ont souvent systématiquement gratté l’épiderme des pierres anciennes, faisant ainsi disparaître les techniques de taille d’origine. Néanmoins, pour retrouver des traces de ces techniques de taille anciennes, il suffit parfois d’examiner des endroits protégés tels les angles, ou ceux qui se trouvent derrière les colonnettes, endroits que les restaurateurs n’ont pu atteindre avec leurs outils. On rappellera toutefois qu’à certaines époques plus récentes – au xVe s., par exemple –, le grattage à la ripe fut une technique de taille normalement utilisée. Distinguer le grattage des restaurateurs du xIxe ou du xxe s., de celui des tailleurs antérieurs est extrêmement malaisé. Nous n’avons à ce jour, à vrai dire, pas encore réussi à trouver le moyen de distinguer ces grattages d’époques anciennes de ceux des restaurateurs plus récents. quoi qu’il en soit de ces difficultés, voici ce qu’il est possible aujourd’hui de conclure de nos observations : - Au xIIe s., le taillant droit (marteau taillant) a été utilisé sur le parement extérieur du mur du déambulatoire ; la craie équarrie y laisse voir en certains endroits en tout cas des traces de cet outil.
- Aux xIIIe et xIVe s., le taillant droit a été utilisé sur les maçonneries séparant le triforium et les combles des bas-côtés du transept sud. Sur les arcs de l’auvent précédant le portail sud, les traces du taillant droit sur la craie sont croisées.
- Au xVe s., la ripe fut utilisée à plusieurs endroits. Les maçonneries entre les galeries du triforium et les combles des bas-côtés du transept nord attestent que la ripe a bel et bien été l’outil utilisé au xVe s. ; les traces de cet outil ne sont donc pas toujours le résultat d’interventions de restaurateurs du xIxe ou du xxe s. Alors que, dans les travées méridionales du xIIIe s., c’est le taillant droit qui a été manié, dans les deux travées septentrionales ajoutées au cours du xVe s., la ripe a été utilisée de façon systématique. On notera également que dans la prolongation du transept nord du xVe s. (bas-côté occidental), un socle de colonnette a manifestement été gratté à la ripe dès sa création ( plan 1b ). Au vu de ce que nous savons désormais des techniques de taille mises en oeuvre au niveau des combles, ce constat ne présente rien d’étonnant. Cette manière de procéder s’inscrit parfaitement dans son époque.

Techniques de taille utilisées sur la pierre de Marquise (plans 2-4)

- Aux xIIe et xIIIe s., le taillant droit a été utilisé sur les socles des colonnes adossées au mur du déambulatoire, et sur les socles des piliers et des colonnes du choeur.
- Au xIVe s., c’est du taillant denté ( gradine ) dont les tailleurs se sont servis. On en trouve des traces sur les socles et les piliers des travées ajoutées au bras sud du transept sud à cette époque.
- Au xVe s., le taillant droit fut de nouveau utilisé sur l’essentiel des surfaces des blocs, mais ceux-ci reçurent en outre une ciselure périphérique brute, ce qu’attestent les socles des piliers et des colonnes de l’extension du bras nord du transept.

Techniques de taille utilisées sur le calcaire de Tournai (plan 5)

Aux xIIe et xIIIe s., le taillant denté (gradine) est privilégié. On en trouve des traces sur les socles des colonnes s’élevant contre le mur du déambulatoire, de même que sur les socles et les bases des piliers et des colonnes du choeur.

Techniques de taille utilisées sur le grés quartzitique (plan 7)

Les pierres en grés quartzitique ont été uniformément taillées à la broche. Cela n’est pas très étonnant vu la dureté de ce matériel. Ce qui est plus remarquable, ce sont les dimensions exceptionnelles des fûts des colonnes. La plupart des colonnes du choeur sont composées de deux éléments dont l’élément inférieur mesure plus de 3 m. Mais il y a aussi une colonne monolithique dont la hauteur dépasse les 5 m. Le diamètre varie entre 38 et 40 cm. On signalera à ce propos que, derrière l’emplacement de l’ancienne abbatiale de Clairmarais près de Saint-Omer, gît une colonne brisée en grés quartzitique longue de 4,83 m et d’un diamètre de 33 cm.

Le montage du portail dans la façade à la lumière des observations techniques

L’hypothèse que la plupart des auteurs ont jusqu’ici privilégiée veut que le coeur du portail, en l’occurrence ses parties supposées être les plus anciennes, aient d’abord été élevées à la hauteur de l’arc séparant les deuxième et la troisième travées du bras sud du transept. Pourtant, les éléments architectoniques et structurels qui permettraient de conforter cette hypothèse font défaut. Force est d’en convenir, un tel portail à l’extrémité de la deuxième travée du bras sud du transept est difficile à imaginer. quoi qu’il en soit, on notera que, dans le bras nord, une absidiole remontant à l’époque romane prend place à la troisième travée, soit dans l’une des parties du transept qui, si l’on suit Alexandre Hermand et ses épigones, auraient été ajoutées au xIVe s. pour agrandir l’édifice. On peut raisonnablement supposer que cette absidiole romane avait son pendant dans le bras sud. Si l’on admet que le transept gothique ne comportait à l’origine que deux travées de chaque côté de la croisée, force est donc de constater qu’il aurait été plus court que le transept roman qui l’avait précédé, ce qui, on en conviendra, est peu vraisemblable. L’hypothèse du montage intégral du portail à son emplacement actuel dès la fin du xIIIe s. est beaucoup plus plausible. À bien y regarder, les documents d’archives sur lesquels s’appuient Alexandre Hermand et Louis Deschamps de Pas pour fonder leur hypothèse7 ne sont pas incompatibles avec l’hypothèse d’un portail élevé dès l’origine pour clore la quatrième travée du transept. Il est tout à fait possible que les mentions des comptes de fabrique, et notamment la mention ratione operis novi portalis versus meridiem8, témoignent non d’un déplacement mais de modifications substantiellesapportées au portail du xIIIe s. Cette chronologie est globalement corroborée par les traces d’outils, celles en particulier qui sont repérables au revers de la façade dans laquelle le portail est percé, où les supports ont sans doute vu le jour en deux temps9. De fait, les deux premières travées septentrionales du transept sud, datables, rappelons-le, du troisième quart du xIIIe s., ont semble-t-il été mises en oeuvre au même moment que l’essentiel de la structure du portail, ce qui expliquerait une certaine parenté entre les socles de leurs piliers et ceux des doubles colonnes du revers de la façade. Ces socles maçonnés, en outre, sont de part et d’autre en pierre de Marquise et ont été taillés au taillant droit. On ne manquera pas de noter également que les socles du revers de la façade sont agrémentés, de même que ceux qui se trouvent dans le déambulatoire, contemporain de la croisée, d’éléments végétaux ou de têtes humaines. C’est là encore un indice de ce que les supports du revers de la façade sud auront probablement été mis en place dès la première phase de la construction, au cours de laquelle les murs externes furent édifiés.





Figure 20 — Suture repérable au niveau de la voûte entre les deuxième et troisième travées du bas-côté est, dans le croisillon sud du transept.
© Fr. Doperé.




Ainsi, nous distinguons une première phase de construction, à laquelle appartiendraient les socles décorés de sculptures au revers du portail méridional et dans le déambulatoire, suivie d’une deuxième phase à laquelle serait à rattacher l’élévation des supports du choeur, de la croisée du transept et de la première pile est et ouest du transept, ainsi que du triforium. À ce stade, le chantier était interrompu à l’extrémité de la deuxième travée par des contreforts puissants que l’on voit aujourd’hui encore entre la deuxième et la troisième travée. La présence de ces contreforts explique que cinq arcatures seulement décorent le triforium dans la deuxième travée. Dans une troisième phase, enfin, le transept fut achevé par la construction des deux travées manquantes. C’est à cette reprise des travaux que nous devons attribuer les colonnes engagées du revers de la façade méridionale10, jusqu’alors inutiles structurellement, mais devenues indispensables pour compléter le transept. Lors de cette troisième phase, les piliers appartenant à l’édifice roman antérieur, localisés à l’emplacement des actuels deuxièmes piliers, auront été repris en sous-oeuvre. Tel est du moins ce que laissent entendre leurs socles, bases, colonnes et chapiteaux qui relèvent bien de cette phase ultérieure du chantier, tandis que les éléments supérieurs au niveau du triforium appartiennent bel et bien semble-t-il à la deuxième phase. Ceci pourrait s’expliquer par le maintien, entre les deuxième et troisième phases du chantier, de parties de la première construction romane. Sans doute ces structures antérieures, qui comportaient notamment une absidiole hémisphérique, semblable à celle qui existe encore au bras nord du transept, auront-elles été conservées pour contrebuter la deuxième travée du bras sud. Un mur provisoire fut par ailleurs monté dans le bas-côté est du bras sud, dans la continuité du mur de la chapelle Saint-Nicolas. La destruction de ce mur, entre les deuxième et troisième travées dudit bascôté, a laissé des traces visibles au niveau des voûtes11 (fig. 20). On gardera à l’esprit qu’à l’époque, avant le début de la troisième phase du chantier, la collégiale de Saint-Omer restait pour l’essentiel un bâtiment roman. Les deux travées extérieures de son transept et la nef étaient alors romanes, les nouvelles parties gothiques achevées se limitant au choeur avec le déambulatoire, à la croisée et aux deux premières travées du transept qui s’appuyaient alors sur les structures du xIIe s. toujours en place. Le chantier du portail sud, érigé pour ses parties les plus importantes, était quant à lui toujours en cours.


7. — HERMAND 1859 ; DESCHAMPS DE PAS 1892.
8. — HERMAND 1863, p. 3, 7-8, à partir de AMSO [Archives municipales de Saint-Omer], 2 G 2804, compte en rouleau de la fabrique de la collégiale de Saint-Omer (1395-1396). Cf. dans le présent volume, la contribution de Marie Lekane, Ludovic Nys, benoît Van den bossche et Emmanuel Joly.
9. — Les colonnes couplées en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit (marteau taillant), de même que leurs socles – mais à l’exception, toutefois, de quelques rares tambours qui sont taillés au taillant denté (gradine)..
10. — Du moins les bases et les chapiteaux, les fûts ayant été taillés préalablement, et réservés.
11. — Une large suture est en effet visible entre les travées 2 et 3, dans le bas-côté oriental du transept.




coupe du  transept nord ( en regardant vers le nord )



Description architecturale des Nef, Transepts, Choeur, Déambulatoire, Tour porche, Chapelles

visitez la Cathédrale de Saint-Omer



Vous trouverez ci-dessous 4 photographies de la Cathédrale scannérisée sous 4 angles différents.














Rappels historiques pour comprendre l'importance de la ville de SAINT-OMER

Des Mérovingiens aux Capétiens en passant par les Carolingiens

Rappel
En Flandre les châteaux furent fortifiés pour résister aux assauts des Vikings, et protéger les habitants des villes contre leurs exactions. Les travaux de fortification étaient confiés à des chefs militaires qui prirent plus tard le nom de châtelains ( en flamand burch—graeve ). A ces personnages, les Comtes leurs offrirent en plus du commandement militaire, un pouvoir judiciaire et administratif qu'ils exercèrent en qualité de délégués du Comte sur les villes, mais aussi sur une zône géographique qui prit le nom de châtellenie. L'avénement de la féodalité les firent entrer dans la hiérarchie féodale, et, d'officiers du Comte ils devinrent ses vassaux, seigneurs héréditaires de la châtellenie qui devint une tenure du comte. Dans le même temps, les fonctions qu'ils avaient exercées comme représentants du suzerain devinrent les devoirs de leur fief. Les châtelains ( burgraves ) prirent le rôle de vicomtes dans la hiérarchie féodale. Ils étaient chargés de la garde d'une forteresse et de la défense militaire du pays, et avaient aussi la délégation du comte en matière judiciaire. Plus tard, après cette révolution, l'établissement dans les villes d'une organisation municipale restreindra leurs attributions et leurs pouvoirs.

Suite
Le nom de Sithiu fut progressivement abandonné à partir de l'an Mil, puis, en 1052 quand les reliques du Saint-Omer furent ramenées dans l'église du monastère haut, le nom de Sithiu fut définitivement abandonné pour celui de Saint-Omer. Les écrits relatant cette cérémonie font clairement référence à SAINT-OMER pour nommer la ville. Quant à la fondation de la commune de SAINT-OMER elle date de 1127, à cette époque le Roi de France nomme Guillaume Cliton ( un Normand, fils du duc de Normandie Robert de Courteheuse ) Comte de SAINT-OMER. Ceci déplait fortement à la population Flamande, qui montre son mécontentement et contribue à l'émergence d'autres candidature à ce poste de Comte. Thierry d'Alsace se positionne alors comme rival officiel pour la plus grande joie des habitants de SAINT-OMER. Dès lors, débute une période de surenchère entre les deux hommes qui accorderont des droits et des privilèges toujours plus grands aux habitants dans le seul but de les séduire. En 1127 la charte de SAINT-OMER est signée accordant aux communiers de SAINT-OMER le même statut qu'aux plus grandes Hanses et Guildes de la Mer du Nord. La commune est née en 1127 grâce à Guillaume Cliton, mais ce dernier décédera au combat à Alost en 1128 et sera remplacé par son grand rival Thierry d'Alsace qui n'aura d'autre choix que de confirmer la charte de 1127 signée par son prédécesseur.


Ci dessous la charte signée en 1127 par Guillaume Cliton, accordant aux Communiers de Saint-Omer des droits égaux à ceux des grandes villes côtières de la mer du nord. Saint-Omer fut donc la deuxième ville de France après Le Mans à obtenir le statut de Commune.




1/6 La religion Catholique : l'omnipotence

De la chapelle en bois, à la collégiale 'haute'

Comme toutes les constructions existantes de cette époque Mérovingienne, la première chapelle fondée par Omer sur le mont Sithiu en 663 était un édifice en bois. Au VIII ème siècle cette chapelle fut partiellement consolidée en pierres. Tout s'accéléra avec l'avènement de la dynastie Carolingienne, et, c'est le 11 ème Abbé de saint Bertin ( Fridugise ) qui va scinder en l'an 820 le monastère de Sithiu en deux :
- le monastère 'bas' dédié à saint Bertin, devient l'Abbaye saint Bertin.
- le monastère 'haut' dédié à la Vierge devient la Collègiale Notre-Dame.
Saint-Omer près les razzias Vikings sur Sithiu des années 860 et 879, et afin de résister aux envahisseurs Barbares, les édifices religieux avaient tous été consolidés en pierres et emmuraillés. Et c'est ainsi que lors de la dernière invasion nocture du 16 avril 891 par les Vikings, ces derniers furent fort étonnés par le système de défense mis en place par les Audomarois et encore plus à cause du fait qu'ils étaient cette fois attendus de pied ferme par toute la population grace au système de vigie mis en place après la deuxième razzia de 879. Donc, en 891 ces Barbares cette fois pris au piège, furent exterminés par la population Audomaroise.
- Si vous désirez connaitre l'histoire des Razzias Vikings sur Saint-Omer cliquez ici
Sous la dynastie Capétienne la religion Catholique devint omnipotente dans le royaume Franc, et, le monastère d'en haut était devenu fort important au point de dépasser le monastère d'en bas, mais en 1033 un incendie détruisit tous les bâtiments conventuels et endommagea grandement l'église. La reconstruction du monastère fut immédiatement entreprise en pur style Roman. Avec l'arrivée en 1052 des reliques de Saint-Omer dans la collégiale qui n'était pas complétement restaurée, le Prévot de Notre-Dame, Baudouin II ordonna l'agrandissement du monument. Plus tard, sous le règne de Philippe Auguste dans les premières années du XIII ème siècle elle sera de nouveau totalement ravagée par un incendie, et, la même année, le prévot de Notre-Dame Gérard IV d'Alsace coordonnera la construction d'un nouvel édifice qui sera gothique. De cette période romane, il ne reste qu’une chapelle orientée qui s’ouvre sur le bras Nord Est du transept, c'est la chapelle des Trépassés ou des Cloches, ainsi que la tourelle d’escalier placée à l’extrémité du bras Sud Ouest du transept, sur son flanc occidental.
Saint Louis et sa mère Blanche de Castille firent un pélerinage de plusieurs jours à Saint-Omer en 1231, il y reviendra à plusieurs reprises.
En étudiant les comptes du Chapitre nous apprenons que la construction Gothique s’échelonna dans le temps pour progresser d’Est en Ouest. Elle commence par le chœur ( XII ème - XIII ème siècles ), de 1240 à 1260 le Chœur et les Caroles furent revêtus d'un pavement de dalles gravées qui disparut avant 1375 car on en retrouve des fragments dans les constructions de cette époque. Elle se poursuit ensuite par le Transept ( XIV ème - XV ème siècles ) puis la Nef dotée d'une couverture en bois ( XIV ème siècle ) et s’achève par la tour occidentale (XV ème - XVI ème siècles).
Sur ce site consacré à Notre-Dame nous accordons une large part aux chanoines, c'est tout simplement parce qu'ils ont construit puis desservi cette église. Comment devenait-on chanoine ?
La distinction d'un corps des chanoines par rapport au reste du clergé remonte à saint Chrodegang, évêque de Metz et auteur en 763 d'une règle de vie communautaire ( la Regula vitae communis ) inspirée de la règle de saint Augustin. Selon cette règle, les membres du clergé vivant en commun sous le toit épiscopal n'ont pas à faire vœu de pauvreté mais doivent respecter un certain nombre d'obligations, telles que le travail manuel et la confession deux fois par an. Les évêques de Lyon Leidrade puis Agobard introduisent dans la capitale des Gaules la réforme canoniale voulue par Charlemagne. Cette réforme est renouvelée et diffusée par Louis le Pieux au concile d'Aix-la-Chapelle en 816. Voila qui est de nature à comprendre les subtilités d'un clergé médiéval.
Dès l'année 820 date de la réforme entre les monastères haut et bas le nombre des chanoines du monastère haut ( future collégiale ) avait été fixé à 30. Le prévôt nommé par le chapitre commandait les chanoines, au fil du temps les chanoines durent s'absenter souvent afin de pouvoir remplir leurs missions et ils durent tous s'octroyer les services d'un adjoint qui lui était assigné à résidence : le Vicaire qui officiait dans l'église. Les Chanoines formaient un chapitre, un collège, une personne morale dotée d'un sceau déservant une église. Ils possédaient beaucoup de biens et ils ont créé des archives contribuant à sanctuariser leur travail. Comme le dit "Alain Derville" l'église de Saint-Omer à construit l'église de Saint-Omer !
La dépense pour construire l'église puis la transformer en collégiale fut assumée par les chapitres qui injectèrent de l'argent frais dans l'économie locale pour faire tourner à plein les entreprises de bâtiment. Tout le monde connait la devise "quand le bâtiment va tout va" et à Saint-Omer comme la construction dura tois siècles tout alla bien pendant tout ce temps. La construction et l'entretient de l'église était à la charge de la fabrique qui tenait scrupuleusement ses comptes, c'est ainsi que depuis l'année 1378 les historiens disposent d'une véritable base de données informationnelles pour écrire l'histoire de la cathédrale mais aussi celle de la cité. Le chapitre levait des tailles sur les chanoines, les chapelains, sur leurs bénéfices ... Il serait ici trop long de raconter le mode de fonctionnement du chapitre mais sachez encore que le chapitre adjugea une taxe sur la vente du vin par le cellier capitulaire, et comme ce vin était exonéré des taxes de la cité, beaucoup d'audomarois vinrent s'approvisionner à moindre côut ( presque la moitié du prix pratiqué dans les tavernes ), ce qui était interdit ! Les contrevenants pris la main dans le sac ( ou le tonneau ) étaient traduits en justice, et les procès pour ce type de délit étaient forts nombreux. Au XV ème siècle la consommation moyenne du chapitre était de 60 000 litres générant un bénéfice annuel de 240 livres, certaines année cette consommation atteignit 150 000 litres sans que nous en connaissions les causes. Nous pourrions relater ici l'histoire extraordinaire de ces chanoines qui pendant des siècles contribuèrent à former ce collège, qui lui même donnera naissance à la collégiale, mais ce n'est pas notre but et, si vous désirez connaitre l'histoire de ces chanoines et l'histoire de la Cathédrale nous vous recommandons l'excellent ouvrage "La Cathédrale de Saint-Omer 800 ans de mèmoire vive" de Nicolette Delanne-Logié et Yves-Marie Hilaire.

L’édifice qui à la forme d'une croix latine, embrasse ainsi toutes les périodes de l’architecture gothique, du classique jusqu’au flamboyant. Il mesure ( entre murs ) 120.00 ml de long, 53.00 ml de large au transept, 30.00 ml de large à la nef et atteint une hauteur sous voûte de 22.90 ml. L'emprise au sol de la Cathédrale ( y compris ses contreforts ) couvre une surface de 4 600 mètres carrés soit un peu moins que l'ancienne abbatiale qui était plus longue mais qui n'avait que 2 travées à chaque transept. la Nef est flanquée d'un bas-côté et de chapelles aménagées entre les contreforts, le transept comporte des collatéraux doubles. Cinq chapelles rayonnantes dont une au chevet et une galerie circulaire composent le choeur. Une tour octogonale bâtie en hors d'œuvre a été collée au transept sud lorsque celui-ci fut allongé.
La tour actuelle haute de 50 mètres est bâtie sur l'emprise de 2 travées, elle remplace un clocher plus bas surmonté d'une flèche en bois accompagnée de clochetons vers 1500. La date de 1499 est inscrite dans un cartouche gravé sur les 3 faces de la tour c'est à cette époque que furent en partie obturées les fenêtres des 2 premières travées en vue de consolider l'édifice. Les 2 registres supérieurs sont tapissés d'arcatures aveugles qui rappellent le style gothique perpendiculaire anglais, au dessus deux grandes baies géminées amorties en tiers-point s'ouvrent sur le beffroi qui abrite cinq cloches dont un Bourdon de six tonnes refondu en 1920. La terrasse supérieure est cantonnée de quatres tourelles octogonales où pouvait s'abriter le guetteur de nuit qui au moyen d'un porte-voix et de la cloche d'alarme avertissait la population d'un danger.
Au niveau de la rue s'ouvre le petit portail qui date du début du XIV ème siècle il est de type classique à trumeau centrale surmonté de deux arcatures en arcs suraigus complété par un oculus dans l’écoinçon le tout encadré d'une archivolte à redents. à l'intérieur les murs du porche sont tapissés d'arcatures trilobées ornées de masques aux culs-de-lampe et aux écoinçons.
En 1739 les deux tourelles octogonales qui couronnaient l'escalier à vis du portail sud très délabré furent remplacées par des piédestaux carrés soutenant des pots à feu et des consoles leur furent accolées, enfin une nouvelle sacristie fut construite en 1756.

La longévité d’un monument dépend de la qualité des matériaux utilisés pour sa construction, Notre-Dame ne s'est pas trouvée favorisée sur ce point. Les soubassements, les degrés du portail sud et les colonnes en délit du chœur sont en grès de Béthune très résistant mais difficile à travailler, les ogives les doubleaux, les formerets sont en pierre dure de Marquise, de Rinxent, de Landrethun ou en oolithe à grain fin du Brabant de Dielghem, d'Affelghem, de Dielbesses, d'Avesnes. Quant aux moellons de parement aux gargouilles aux pinacles aux pendans des voutains et à tout ce qui a reçu une décoration on a eu recours à un matériau local très bon marché : 'la blanque pierre’ D’esquerdes, de Leulinghem, de Quelmes ou de Longuenesse. C'est une craie tendre facile à travailler mais très sensible à l’érosion.
Au XIX ème siècle, la couverture en plomb fut remplacée par l'ardoise.

Vous trouverez ci-dessous l'histoire de la construction de la Cathédrale de Saint-Omer inspirée du travail réalisée en 2010 par le Service "Ville d’art et d’histoire" de la ville de Saint-Omer.

Le Chœur
La première phase de travaux ( troisième quart du XIII ème siècle ) concerne les parties orientales de l’édifice. Le chœur présente deux travées droites et un hémicycle à sept pans, entouré de bas-côtés qui ouvrent sur deux chapelles biaises et un déambulatoire. Il dessert deux chapelles rayonnantes octogonales et une chapelle axiale, affectée à l'usage de l’évêque. La chapelle absidale fut allongée entre 1591 et 1599 puis modifiée en 1626 garnie d'un nouvel hôtel et de boiseries en 1715 et d'un retable en 1723 . Le plan du chevet ne fait pas usage de chapelles rayonnantes contiguës, comme en Ile-de-France et en Picardie ( Saint-Denis, Senlis, Noyon… ). Les chapelles discontinues, rappelant l’époque romane, sont usitées au XIII ème siècle en Flandre ( Furnes ), en Artois (Montreuil-sur-Mer) et en Hainaut ( Valenciennes ). Les chapelles biaises rappellent les édifices de la Flandre, tels Saint-Quentin de Tournai et Saint-Martin d’Ypres mais aussi de la Champagne, Braine et Saint-Michel-en-Thiérache.
Le chœur de la cathédrale de Saint-Omer s’inspire de la cathédrale disparue d’Arras avec la mise en oeuvre de colonnes jumelées dans l’hémicycle. Les proportions de l’élévation sont différentes des édifices contemporains du gothique classique, tels Chartres et Soissons : les grandes arcades se dressent sur la moitié de la hauteur, le triforium, aveugle*, avec colonnettes en délit* et les fenêtres hautes en occupent chacun un quart. L’association de triplets* pour les fenêtres hautes avec coursière* extérieure renvoie au transept aux cathédrales de Cambrai, d’Arras, Ypres et Audenarde. Le portail sud date des années 1250-1275. Des niches coiffées de gâbles* ornent le soubassement et accueillent diverses scènes de la vie de Saint-Omer. Les consoles* soutenant le linteau portent deux anges en partie centrale, Job sur son fumier à droite et Samson terrassant un lion à gauche. Comme dans la majorité des édifices gothiques, le tympan est orné d’un Jugement dernier la composition s’organise sur deux registres superposés. Aux extrémités du registre supérieur, deux anges sonnant de la trompette annoncent le Jugement. Le Christ, présenté debout, portant la couronne d’épines et présentant ses stigmates, est entouré de la Vierge Marie et de saint Jean, agenouillés et mains jointes. Ils sont les intercesseurs des hommes auprès de Dieu pour obtenir sa miséricorde. A leurs côtés, deux anges tiennent les instruments de la Passion. Le registre inférieur du tympan est dédié à la résurrection des morts : des corps nus sortent de leur tombeau. Dessous une partition s’effectue entre les élus, à la droite du Christ, conduits par un ange vers le Ciel représenté par le sein d’Abraham et à sa gauche les damnés enchaînés et emmenés, au son du tambour et de la flûte par des démons vers la gueule grande ouverte et dévorante de l’Enfer.
Après cette grande campagne de construction, un siècle s’est écoulée avant la reprise du chantier par le transept sud.
Labyrinthe
Transfert mystique. Comme les pélerins ne peuvent plus aller en Terre Sainte, il est instauré un petit pélerinage, les fidèles prient en parcourant le labyrinthe à genoux. Le parcours durait à peu près une heure. La famille Saint-Omer avait été pendant 200 ans, Prince de Galilée, capitale Tibériade. Posé au XIX ème siècle il est composé 2500 carreaux de marbre blanc et noir, c'est une copie de celui de Saint-Bertin qui était quatre fois plus grand. Le labyrinthe représente notre vie avec ses méandres et ses épreuves. Il faut trouver le chemin pour arriver au but : quel est le sens de ma vie ? J’ai marché vers quoi ? Jésus est le Chemin. A Chartres, le labyrinthe est dégagé tous les vendredis. Il y en a un aussi à la cathédrale d’Amiens.
Autrefois
Au XIII ème siècle le chœur est érigé en pur style gothique primitif. On voit la différence entre le chœur et la nef, si on observe : les chapiteaux, les moulures des ogives et les triforiums.
Au milieu du XIV ème siècle, une poutre de gloire avec un crucifix entouré de Marie et Jean. La tête du Christ était creuse et contenait des reliques.
Au XV ème siècle, un jubé en marbre offert par le Chanoine Simon Bocheux, plus tard remplacé par un autre jubé en 1681, qui disparait en 1753. A cette époque, trônent quatre autels aux quatre piliers. A cette époque toujours, à l’entrée du chœur un groupe Dagobert avec Saint-Omer et un autre Adroald.
Au centre de la croisée du transept s’élevait autrefois un campanile avec une flèche, un ouragan l’abattit en 1606.
Clé de voûte à l’effigie de Saint-Omer.
Le transept sud
En 1375, le transept sud est allongé de deux travées, copiées sur les existantes. Les fenêtres hautes, uniformisées au XVI ème siècle, ont des remplages* flamboyants, formés de cinq ou six lancettes* trilobées et surmontées de mouchettes*. La rose sud est rayonnante. Au centre, un quadrilobe est inscrit dans un cercle lui-même circonscrit dans une étoile à huit branches. Cette dernière est formée par la superposition de deux quadrilatères curvilignes concaves. Entre les angles de cette étoile, d’autres quadrilatères convexes enferment des quadrilobes.
La nef
La construction de la nef débute par l’établissement de chapelles latérales, de 1378 à 1403. Au sud, les chapelles sont complétées aux XV ème et XVI ème siècles, comme l’indiquent leurs voûtes flamboyantes à liernes* et tiercerons*. En 1445, le gros oeuvre de la nef devait être achevé. Ses grandes arcades reposent sur des piles cantonnées constituées d’un noyau circulaire et de quatre colonnes engagées* portant de minces chapiteaux décorés de choux frisés. Alors qu’une tendance générale à la disparition du chapiteau existe dès le milieu du XIV ème siècle ( les nervures des voûtes pénètrent directement dans les piles ), son maintien est fréquent dans les régions septentrionales. L’abbatiale Saint-Bertin a servi de modèle au triforium de la Collégiale de Saint-Omer formé de six arcades inscrites dans un cadre rectangulaire. Les remplages flamboyants des fenêtres hautes poursuivent les divisions du triforium.
Une église très colorée
Dès le début du XV ème siècle, les parois de l’église étaient couvertes de peintures représentant la vie de Saint-Omer. Les quartiers de voûtes étaient parsemés d’étoiles d’or sur fond d’azur. Le chœur était tendu de riches tapisseries du XVI ème siècle représentant l’histoire de Tobie. Sur les piliers colorés en rouge pâle, des statues du XVI ème siècle à l'éffigie des douze apôtres. Les murs intérieurs étaient peints de la même couleur que les piliers. Les branches d'ogives les formerets les doubleaux ainsi que les arcades et piliers de niches étaient peints en jaune 'paille' . Les chapiteaux de voutes d'ogives étaient peints en vert turquoise. Les chapiteaux d'arcades basses étaient peints en vermillon. Les piliers du triforium ainsi que leurs socles et chapiteaux étaient peints de couleur lavande.
Vous pouvez admirer ci-dessous quatre clés de voutes qui possèdent encore leurs décorations originelles.
Si vous désirez voir ce que le fidèle du XV ème siècle pouvait contempler, voici une reconstitution des couleurs du transept nord ICI .
Le transept nord
Entre 1449 et 1472, les chanoines décident d’allonger le bras nord du transept, bâti dans un style flamboyant rehausé par des moulures prismatiques*. La rose de la façade du transept nord possède des remplages formant au centre une fleur de lys située en partie supérieure d’un pentagone curviligne. Le reste de la rose est constellé de soufflets* et de mouchettes, de larmes et de flammes. Sous la rose, une coursière, identique à celle en place côté sud, avec sa balustrade de quatre-feuilles met en communication les triforiums des murs est et ouest.

Nous conseillons aux amateurs d'Archéologie architecturale, la lecture de l'excellent ouvrage "Sculpture gothique aux confins septentrionaux du royaume de France sous la direction de Ludovic Nys et Benoît Van den Bossche REVUE DU NORD Hors série. Collection Art et Archéologie. N° 25. 2017. Université de Lille."

Cathédrale de Saint-Omer | clefs de voutes avec leurs couleurs originelles
Cathédrale de Saint-Omer | clefs de voutes avec leurs couleurs originelles
Cathédrale de Saint-Omer | clefs de voutes avec leurs couleurs originelles
Cathédrale de Saint-Omer | clefs de voutes avec leurs couleurs originelles

2/6 La religion Catholique : la décadence

De la Collégiale à la Cathédrale puis à la Basilique

Saint-Omer partir de 1473 et jusqu'en 1521, on procéda à la rénovation de la tour occidentale à partir de l'ancienne tour romane. Celle-ci fut ainsi rhabillée et reçut un décor inspiré de celui de l'abbatiale Saint-Bertin. Les sculptures du portail occidental furent réalisées de 1511 à 1515, par les sculpteurs brugeois Jean et Josse Van der Poele. La flèche surmontant la croisée date de 1486.
Un peu d'histoire pour comprendre :
Après avoir été longtemps possédée par les Comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, l'Artois fut réuni à la couronne par Philippe-Auguste en 1180, et donné en 1237, avec titre de Comté, par Saint Louis à Robert, son frère aîné, le Comte d'Artois. Après avoir relevé des ducs de Bourgogne, l'Artois passa par héritage aux Habsbourg d'Espagne et fut re-rattachée définitivement à la France après la guerre de Trente Ans, le 7 novembre 1659 aux termes du traité des Pyrénées sauf Aire-sur-la-Lys et Saint-Omer ( l'Artois réservé ) qui ne devinrent Françaises qu'en 1678.
Saint-Omer 'unité artésienne, c'est d'abord celle de la Province de l'Ancien Régime. Les limites en sont fixées à travers les épisodes des guerres médiévales particulièrement tumultueuses qui ont vu les terres comprises entre Picardie et Flandre d'une part, Cambrésis et Boulonnais d'autre part osciller de la puissance française, à l'anglaise et à la flamande puis à la bourguignonne. Le faciès de la province est surtout modelé au XVI ème siècle avec l'intégration à l'empire de Charles Quint. François 1 er songe à faire la guerre à Charles Quint, il rencontre le roi d'Angleterre Henri VIII pour obtenir son aide ( entrevue du Camp du Drap d'Or en juin 1520 ). En 1521, tout le pays entre Arras et Doullens est dévasté par les armées de François 1er. En 1526, le Roi de France renonce à sa souveraineté sur la Flandre et l'Artois : le traité de Madrid établit la suzeraineté de l'empereur sur l'Artois dès cette date l'administration impériale marque son empreinte sur la structure provinciale. L'Artois devient une province des Pays-Bas espagnols.
- Les États d'Artois sont reconnus ils sont composés de représentants du clergé, de la noblesse et des villes ils siègent a Arras et assurent l'administration de la Province.
- Un Conseil d'Artois est créé en 1530, il exerce les fonctions de "Cour d'Appel" de toutes les juridictions.
- Un nouveau système fiscal est mis en place (1536).
la France en 1550 En 1537, François 1 er envahit à nouveau l'Artois. La conquête fut facile et les villes et châteaux d'Hesdin, de Saint-Pol, de Saint-Venant tombèrent très vite dans l'escarcelle du Roi de France. Ses troupes se répandirent partout et ravagèrent tous les territoires. Les habitants des villes et villages ravagés adressèrent à leurs gouvernants des suppliques où ils leurs exposaient leur misère et l'impossibilité d'acquitter leur impôt. Henri II, successeur de François 1 er continua la guerre contre Charles Quint.
Dans l'extrème nord du royaume Franc, certaines villes situées à la frontière du royaume Franc et de l'empire Germanique, n'acceptèrent pas l'occupation Espagnole, et ne cessèrent de harceler l'Empire ! Après des années de harcélement, et incapable de réduire à néant ces rébellions, malgré un déploiement militaire très important, Charles Quint décida de mettre un terme à cette situation d'une manière radicale.
Furieux de cet état de fait, Charles Quint ordonna en 1553 la destruction complète des villes suivantes ( liste non exhaustive, car tous les villages situés sur une bande de 15 kms entre ces deux villes distantes de 38 kms qui avaient résisté furent rasés ! )
1553 : Destruction de Thérouanne
1553 : Destruction de Hesdin










Mais rien n'était réglé et il fallut encore attendre six années, et la signature du Traité du Cateau-Cambrésis en 1559 pour que cessent ces guerres ravageuses.
En 1559 il fut décidé de partager le diocèse de Thérouanne en 3 nouveaux diocèses
En 1559 il fut décidé de partager le diocèse de Thérouanne en 3 nouveaux diocèses ( Boulogne, Saint-Omer, Ypres ), afin de respecter les frontières entre le royaume de France et les Pays-Bas espagnols. D'âpres négociations eurent comme résultat de retarder la mise en place effective des trois nouveaux évêques, et, il fallut encore attendre deux longues années pour arriver à un concensus acceptable par tous les protagonistes de cette guerre. C'est dans ces conditions que fut créé le diocèse de Saint-Omer, et la Collégiale Notre-Dame devint la Cathédrale Notre-Dame en 1561. La bulle de Pie IV 'De statu ecclesiarum', du 11 mars 1561 a défini précisément le démembrement de Thérouanne et créé les diocèses de Boulogne, de Saint-Omer et d'Ypres, la nomination de celui qui aurait dû être le premier évêque de Saint-Omer et qui ne fut en réalité qu'évêque nommé de Thérouanne d'abord, de Saint-Omer ensuite, Guillaume de Poitiers ( 1553-1562 ).
En fait, le premier évêque de Saint-Omer fut Gérard d'Haméricourt ( 1563-1577 ) et le dernier fut Alexandre-Joseph-Marie-Alexis de Bruyères-Chalabre ( 1778 à 1789 ).

Ci dessous la bulle du Pape Pie IV du 11 mars 1561 définissant le nouvel évêché de Saint-Omer.



En 1606, la flèche de la croisée fut détruite par une tempête. En 1610, le cadran solaire du portail sud vit le jour, et en 1628, la chapelle axiale que l'on nomme épiscopale fut totalement reconstruite et agrandie pour les besoins du nouveau rôle d'évêché de Saint-Omer. Elle endossa aussi le rôle de chapelle mariale bien plus tard. Le XVIII ème siècle apporta encore quelques embellissements : l'importante chaire, installée en 1714 en provenance de l'église des Dominicains de Saint-Omer, est due au sculpteur Danvin puis en 1717, fut installé le superbe buffet d'orgue des frères Piette, avec une remarquable statuaire en bois. Le trône épiscopal et les boiseries du chœur datent de 1753.
En 1792, la Cathédrale, fermée au culte, fut transformée en magasin à fourrage. Comme bien d'autres églises, Notre-Dame eut beaucoup à souffrir du vandalisme post révolutionnaire, néanmoins dans la ville c'est l'Abbaye de saint Bertin qui paya le plus lourd tribut à la fureur des révolutionnaires, et à l'appétit insatiable de quelques entrepreneurs privés, épargnant ainsi quelque peu la Cathédrale. Par le concordat de 1801, le diocèse de Saint-Omer fut définitivement supprimé, au bénéfice du diocèse d'Arras.
Redevenue simple église, Notre-Dame de Saint-Omer est néanmoins élevée au rang de Basilique par le pape Léon XIII en 1879. Elle abrite à ce titre l'ombrellino basilical.
Liste des 23 évêques de Saint-Omer
1559 à 1563, I. Guillaume de Poitiers, ( non sacré ).
1563 à 1577, II. Gérard d'Haméricourt, ( en même temps Abbé de Saint-Bertin ).
1581 a 1586, III. Jean Six, ( lillois, sacré à Douai ).
1587 à 1590, IV. Jacques de Pamela, ou Pamelé, ( non sacré ).
1590 à 1599, V. Jean de Vernois.
1600 à 1618, VI. Jacques Blazoeus, ou Blaise, ( auparavant évêque de Namur ).
1618 à 1627, VII. Paul Boudot, ( puis évêque d'Arras ).
1628 à 1631, VIII. Pierre Paunet.
1632 à 1633, IX. Christophe de Morlet.
1634 à 1656, X. Christophe Defrance.
1661 à 1671, XI. Ladislas Jonart, ( auparavant évêque d'Arras puis archevêque de Cambrai en 1761 ).
1673 à 1675, XII. Jacques Théodore de Brias, ( puis archevêque de Cambrai ).
1676 à 1677, XIII. Charles de Longueval, ( non sacré ).
1677 à 1677, XIV. Pierre Vandenperre, ( nommé par le roi d'Espagne avant la prise de Saint-Omer ).
1677 à 1684, XV. Arnoud-Aune Tristan de la Baume de Suze , ( non sacré , mais ayant exercé sans bulle du pape, comme vicaire-général ).
1684 à 1708, XVI. Louis-Alphonse de Valbelle, ( auparavant évêque d'Aleth ).
1708 à 1737, XVII. François de Valbelle de Tourve, ( cousin du précédent ).
1737 à 1754, XVIII. Joseph-Alphonse- François de Valbelle, ( neveu du précédent).
1754 à 1765, XIX. François-Joseph de Brunes de Montlouet.
1766 à 1769, XX. Louis-François-Marc-Hilaire de Conzié, ( puis évêque d'Arras ).
1769 à 1774, XXI. Joachim-François Mamert de Conzié, ( frère du précédent, puis évêque de Tours ).
1774 à 1778, XXII. Jean-Auguste de Chastenet de Puységur, ( puis évêque de Carcassonne ).
1778 à 1789, XXIII. Alexandre-Joseph-Marie-Alexis de Bruyères-Chalabre, ( mort émigré à Barcelone en 1805 ).


3/6 Histoire de France

Le dernier roi Mérovigien, emprisonné, couronné, destitué puis à nouveau emprisonné à Sithiu ( Saint-Omer ) de 737 à 751.

Après la mort de Thierry IV, en 737, le maire du palais du royaume d'Austrasie Charles Martel se refuse à installer un descendant de Clovis Ier sur le trône. Pendant sept années, tous les documents officiels Francs seront datés de l'année 737. Charles Martel désire faire traîner les choses le plus longtemps possible jusqu'à ce qu'il se sente suffisamment puissant pour se proclamer roi, mais il meurt en 741 avant d'accomplir ce dessein. L'aristocratie et tous les peuples Francs tiennent en grande estime la dynastie des Mérovingiens. La fronde grandit et c'est dans ce contexte que contraints et forcés ses deux fils, Pépin et Carloman en sont réduits à proclamer un nouveau roi Mérovingien en la personne de Childéric III que Charles Martel avait fait emprisonner à Sithiu en 737 ( actuellement Saint-Omer ). Childéric III est donc sorti de sa prison et placé sur le trône en mars 743 par Pépin le Bref.
Après huit années de régne le dernier roi Mérovingien Childéric III est détrôné, à la suite d'un coup d'état, orchestré par Pépin alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie avec l'aval du Pape Zacharie. Ramené à Sithiu, la tête rasée, en signe d'incapacité, il est de nouveau enfermé dans l'Abbaye de Saint-Bertin, Childéric III y sera reçu moine en 751, et y mourra en 755. Ce malheureux roi laissera un fils, nommé Thierry, qui sera envoyé au monastère de Fontenelle (Saint-Vandrille), pour y être élevé dans l’obscurité.
- Si vous désirez connaitre l'histoire de la destitution du dernier roi Mérovingien Childéric III cliquez ici


4/6 Histoire de France

Naissance de la dynastie Carolingienne à Sithiu ( Saint-Omer ) en 751.

Saint-Omer harles Martel, ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité, gouverne en ignorant totalement le Roi en titre, lointain descendant de Clovis. Dans les dernières années de sa vie, il ne se soucie d'ailleurs pas de désigner un successeur au Roi Thierry IV, lorsque celui-ci vient à mourir. Quand lui-même meurt en 741, ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires Francs, mais ils sont loin de faire l'unanimité parmi les chefs Francs. Pour l'heure ils doivent encore composer avec l'aura des Mérovingiens. C'est dans ces conditions, qu'ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien, Childéric III. Peu après, Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère, laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir. Les principaux seigneurs de Francie occidentale ( la France du nord ), finissent par céder aux injonctions de plus en plus menaçantes de Pépin le Bref, et acceptent de donner la couronne à Pépin. Ils le proclament roi des Francs à Soissons, sur le champ de Mai ( un lieu de réunion communautaire ) en 751. L'archevêque de Mayence Boniface, évangélisateur de la Germanie, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte ( le Saint-Chrême ). Pépin III, surnommé le Bref en raison de sa petite taille, est issu d'une puissante famille Franque d'Austrasie ( l'Est de la France et de la Belgique ), né à Jupille près de Liège, c'est le fils cadet de Charles Martel, maire ou « majordome » du palais royal et véritable chef des Francs.


5/6 Etats Latins d'Orient

Geoffroy fils du seigneur Guillaume 1er de Saint-Omer, un des créateurs de l'Odre du Temple

Saint-Omer uand le cortège de la première croisade ( conduit par Godefroy de Bouillon ) quitte Boulogne sur mer le 15 Aout 1096 pour rejoindre Constantinople puis Jérusalem, Geoffroy et son père rejoignent le convoi à son passage dans la ville de Saint-Omer. La grande pérégrination des croisés durera 3 ans, et quand enfin le cortège arrivera à délivrer Jérusalem le 15 Juillet 1099 c'est une armée en guenilles qui posera les fondations des Etats Latins d'Orient. Godefroy de Bouillon décédera un an plus tard ( sans doute empoisonné par l'émir de Césarée ) et c'est son frère Baudouin de Boulogne sur mer qui deviendra le premier roi Chrétien de Jérusalem, sous le nom de Baudouin 1er, il confiera à son vassal et ami, Geoffroy de Saint-Omer deux missions : défendre les Etats Latins d'Orient et fouiller les galeries souterraines situées sous les fondations du Temple du roi Salomon ( dont les Musulmans s'étaient servis en 692 pour rebâtir un lieu de culte majeur, qu'ils appelaient le dôme du rocher ).
- La première mission initiée dès 1104 dans le royaume de Jérusalem, sera terminée dans tous les Etats Latins d'Orient en 1116.
- La seconde mission débutèe en 1106 s'achévera au début de l'année 1116 sur l'ordre du roi de Jérusalem, Baudouin 1er.
Il convient enfin de signaler que Geoffroy de Saint-Omer créa la première commanderie d'Europe à Ypres en 1127.


6/6 Héritage historique commun

Emblème des villes de Saint-Omer et d'Ypres

Saint-Omer comme Ypres étant des fondations épiscopales, c'est ainsi que le symbole des évêques apparait officiellement [ (cf. le catalogue de l'exposition "Trésor d'archives" (BAPSO, 2020, p. 18-19) ] sur le sceau aux causes de la ville de Saint-Omer en 1209 et sur le sceau aux causes de la ville d'Ypres en 1199 ( sur ce sceau le plus ancien, la croix à double traverse est entourée de deux aigles, d'une étoile et d'un croissant, ainsi que de deux lions de Flandre ).

Ci dessous l'image du sceau aux causes de la ville de Saint-Omer datant de 1209. Il convient de savoir que le nom Sithiu fut progressivement abandonné au profit de Saint-Omer dès l'an mil mais c'est en 1052 quand les reliques du saint Omer furent rapatriées dans l'église Notre-Dame que la chose devint officielle et consignée par écrit.
Sous la première image le sceau aux causes de la ville d'Ypres datant de 1372 avec la croix à double traverse matérialisée en jaune . Voila ce que Wikipédia affirme concernant le sceau de la ville d'Ypres : "La double croix est le symbole le plus ancien de la ville d'Ypres et provient surement des armes de la ville avec qui elle entretient des liens très étroit, de Saint-Omer qui l'adopte en même temps après le retour des croisades de Geoffroy de Saint-Omer cofondateur de l'ordre du Temple et qui ramène ce symbole des États Latins d'Orient. La plus ancienne utilisation de la croix date d'un sceau de la ville de 1199. Sur le sceau le plus ancien, la croix est entourée de deux aigles, d'une étoile et d'un croissant, ainsi que de deux lions de Flandre."


Sceau aux causes de la ville de Saint-Omer datant de l'an 1209.


Sceau aux causes de la ville d'Ypres datant de l'an 1372. Vous pouvez voir la croix à double traverse posée sur la rivière qui traverse la ville sur le blason en haut à droite de la photo.

          La ville de Saint-Omer, recèle beaucoup de petites et de grandes histoires qui ont façonné l'histoire de France. Nous en évoquons deux sur la page d'accueil du site, mais il y en a beaucoup d'autres de sa création en l'an 663 à nos jours en passant par les périodes du moyen âge, de la révolution Française, du directoire, du consulat, de l'empire, de la restauration, et des 3 ème 4 ème et 5 ème républiques. De nombreux monuments attestent encore de nos jours de la grandeur et de l'importance de cette ville dans l'histoire de France, mais à nos yeux la Cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer en est le joyau. Nos amis de Flandres.TV ont réalisé deux vidéos fort bien conçues sur l'histoire de Saint-Omer et de ses monastères 'haut et bas', que nous vous proposons      ICI .


Photographe

Montage & Photographies Les Amis de la Cathédrale

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