Razzias Barbaresques sur Saint-Bertin et Sithiu

Au milieu du IX ème siècle, Saint-Bertin rayonne sur le monde spirituel Carolingien. Son influence et la confiance qu'elle inspire poussent de nombreuses abbayes à déposer leurs reliques et autres trésors derrière les faibles fortifications de l'abbaye audomaroise, qui se renforceront rapidement sous l’impulsion des premiers Comtes de Flandre. L'abbaye de Saint-Bertin sera progressivement emmuraillée, et la ville de Saint-Omer en fera de même. L'abbaye Saint-Bertin eut, comme toutes les abbayes de cette période, à craindre ces barbares venus du Nord.

langskips Propriétaires de fabuleux trésors et souvent bien mal gardés, elles jouissaient d'un attrait évident auprès de ces pillards venus s'enrichir. Les chroniqueurs rapportent 3 attaques de l'abbaye :

   La première en 860 à la veille de la Pentecôte, fut l’oeuvre, d’un dénommé Weland. Lui et ses hommes du Nord, arrivèrent de nuit devant un monastère vidé de ses habitants à l'exception de 4 membres du clergé restés sur place. Ils pillèrent Saint-Bertin et Sithiu avant de repartir en laissant une part du butin pour le dieu des Chrétiens, placée sur un autel. Des hommes de Weland, trop avides, décidèrent de récupérer ce butin. L’apprenant, Weland fit pendre les voleurs aux portes du monastère.

  La deuxième eut lieu le 28 juillet 879. Une armée importante de Norrois débarqua de nuit et sema la terreur en pillant et incendiant tout sur son passage. Sithiu n'échappa pas à cette destruction. La troupe du nord reprendra rapidement la mer pour éviter l'armée Carolingienne mais, après un court séjour en Angleterre, ils revinrent en Flandre pour ravager la ville de Gand située à 150 kilomètres au nord est de Sithiu.

  La troisième, eut lieu le 16 avril 891. Depuis la deuxième invasion le Châtelain de Saint-Omer avait mis en place des vigies chargées de surveiller jour et nuit les allées et venues des navires. Les vigies remplirent leur rôle à merveille, et les barbares furent immédiatement signalés à la population de la cité. Dès qu'ils eurent franchi le rétrécissement menant à l'Abbaye Saint-Bertin, et quand les Vikings furent suffisamment loin et hors de portée de vue, dans le plus grand silence les bateliers Audomarois barrèrent le chenal avec des dizaines de barques à fond plat reliées entr'elles par des cordages. Alors que les Vikings s'approchaient furtivement de nuit de la place qu'ils croyaient sans défenses comme d'habitude, ces barbares durent faire face à toute la population fermement décidée à repousser ces pillards meurtriers venus de la mer. Dans l'impossibilité d'accoster ils rebroussèrent chemin pour regagner la mer, mais très vite ils apperçurent au loin le chenal bloqué par une armada d'embarcations pleines de combattants qui criaient pour effrayer ces barbares. Il y avait des brasiers dans toutes les barques Audomaroises donnant ainsi l'impression dans la nuit que le chenal était bloqué et très bien défendu. Dans l'impossibilité d'apprécier en pleine nuit l'importance du danger, les Vikings firent à nouveau demi tour et remontèrent le bras de mer en direction du village d'Helfaut. Plus ils remontaient ce bras de mer et moins la navigation était simple ( faible tirant d'eau ). Les habitants qui avaient quitté la cité pour suivre le long des berges les navires Vikings, se préparaient à l'assaut final, la voie était sans issue pour les Vikings, et, au pied du village d'Helfaut le bras de mer qui avait disparu depuis un kilomètre laissait place à la rivière l'Aa ( beaucoup plus large que celle que nous connaissons aujourd'hui ) que les Vikings devaient remonter. Après quelques centaines de mètres d'une navigation compliquée, tous les Langskips s'enlisèrent, les Vikings s'enfuirent à pied comme ils purent avec leur butin ( volé en chemin avant d'arriver à Sithiu ) en direction du village de Wavrans-sur-l'Aa. Rattrappés par les habitants de Sithiu, ils furent 300 à se faire massacrer. Le butin fut ramené à Sithiu, et les habitants remercièrent Dieu lors d'une grande manifestation à Saint Bertin. Deux survivants ( ou quatre selon les sources ) regagnèrent à pied le campement de leur chef "Hasting" qui prit la décision de venger cet affront. Ils reparurent donc en nombre moins d'une semaine plus tard, et tentèrent plusieurs jours durant, de s'emparer de la ville sans succès, la résistance des habitants fut héroïque et certains narrateurs ont même écrit que Dieu vint en aide aux habitants de Sithiu en frappant de cécité certains envahisseurs ! Toujours est-il que ces barbares décimés, finirent par s’enfuir pour ne plus jamais reparaitre à Sithiu. Ce chef "Hasting" et son armée se réfugia dans la ville côtière de Gand ( 150 kms au nord est de Sithiu ), et, recomposera en 892, une flotte de plus de 80 Langskips dans le but cette fois d'envahir l'Angleterre, mais lors de la traversée en 893 une violente tempête s'abattra sur cette armada, et il disparaitra avec tous ses bateaux en pleine mer.

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Sources :
- Jean Derheims "Histoire de Saint-Omer - 1817" pages 68-71.
- Arthur Giry "Histoire de la ville de Saint-Omer et de ses institutions - 1977" .


Création de l'abbaye de Saint-Bertin

Durant la période du haut Moyen Age, ❎ la ville de Saint-Omer s'appelle encore « Sithieu » du nom de la villa Sithiu, édifices bâtis sur une butte calcaire surplombant un territoire marécageux et peu hospitalier irrigué par l'Aa. Cette butte ou motte castrale est un promontoire circulaire de 6 000 m² qui culmine à 26 mètres d'hauteur (NGF), elle domine la ville de Saint-Omer d'une dizaine de mètres. Cette butte est localisée dans la partie sud du castrum carolingien de Sithiu qui a été l’un des premiers noyaux de peuplement de la ville avec l’abbaye de Saint-Bertin située en contrebas à 700 ml à l'Est . Selon certaines sources, on aurait découvert des traces d'occupation de la période romaine avec des ruines de ce qui aurait pu être une tour d'observation ainsi que les restes d'un temple !. Ce territoire, bien que peu christianisé (car peu romanisé) était sous la protection de l'évêché de Thérouanne. Ce diocèse sera restauré en 630 sous le règne de Dagobert Ier. C'est ce dernier qui donna le siège épiscopal à Audomar, un moine de l'abbaye de Luxeuil fondé par le moine irlandais Colomban au VI ème siècle.. Les terres de Sithiu appartenaient à un homme appelé Aldroald et il en fit don à l’évêché de Thérouanne vers 650, probablement pour le salut de son âme ( il est réputé sans héritier et nouvellement converti ). En l'an 634 Audomar confia la tâche d'évangéliser cette région encore païenne à trois de ses compatriotes de l'abbaye de Luxeuil, Mommelin, Ebertram et Bertin. Ces 3 moines, comme Audomar, connaissent la langue tudesque des Saxons-Frisons et c'est une des raisons de leur nomination dans la région par le roi (à mettre également en relation avec la bonne réputation du Colombanisme irlandais de l'époque).
Les 3 moines fondèrent rapidement un premier monastère sur la commune de l'actuelle Saint-Mommelin, le vetus monasterium ou vieux monastère avec une église dédié à Saint-Pierre et Saint-Paul constructions achevées vers l'an 660. Par manque d'effectifs, l’évêque de Thérouanne Audomar envoya Mommelin à Noyon pour y tenir l’Évêché et Ebertram devint abbé de l'abbaye de Saint-Quentin. Vers l'an 661 Bertin, désormais seul, décida de fonder un nouveau monastère et, selon la légende, il se laissa porter par les flots et à l’emplacement ou son embarcation accosta, construisit son église. Ainsi fut créée l'église Saint-Martin qui deviendra l'église Saint-Bertin ( l'église de l'abbaye basse ), cette église sera achevée vers l'an 684 et ses bâtiments conventuels seront terminés vers l'an 711. En l'an 663 Audomar demandera qu'une autre église, dédiée à la vierge ( et qui deviendra Notre Dame ), soit édifiée sur la butte de Sithiu cette église sera complétement achevée vers l'an 692, mais les bâtiments conventuels ne seront achevés que 30 ans plus tard. En 663, l’évêque de Thérouanne mettra cette église sous la protection de Bertin. Il y eut donc, dès l'origine de la ville, un monastère haut et un monastère bas.
Audomar meurt en 670 et, selon ses dernières volontés, il est enterré dans l'église Notre Dame. Il recevra plus tard le nom d'Omer. Canonisé rapidement sous le nom de Saint-Omer et l'Audomarois restera l'appellation de la région autour de la ville. Bertin, quant à lui, mourut à 99 ans en 709. Egalement canonisé, il fut inhumé dans l'abbaye qui portera dès lors le nom d'abbaye de Saint-Bertin. L'abbaye bénédictine semble rapidement avoir bénéficié d'une aura incontestable puisque c'est l'endroit qu'a choisi le premier roi de la dynastie carolingienne, Pépin III dit le bref, pour y emprisonner le dernier roi de la dynastie mérovingienne Childéric III en 751 (ce dernier y décédera en 755). Un siècle plus tard, le premier Comte de Flandre Baudouin Ier dit bras de fer, décide de prendre l'habit monacal à Saint-Bertin et à sa mort, s'y fera inhumer. Ses descendants Baudoin II et III s'y feront également inhumer. A l'instar d'abbayes comme Saint Vaast, Saint Amand, Saint Riquier ou Saint Bavon, l'abbaye de Saint-Bertin deviendra à l'époque Carolingienne une abbaye royale et une des plus influentes du Nord de l'Europe.


Childéric III dernier roi Mérovigien, emprisonné, couronné, destitué puis à nouveau emprisonné à Sithiu ( Saint-Omer ) de 737 à 751.

A cette époque, toute la moitié sud de la France ainsi que la totalité de l'Espagne étaient wisigothiques. Les Mérovingiens régnaient sur la moitié nord de la France.
Après la mort de Thierry IV, en 737, le maire du palais du royaume d'Austrasie Charles Martel se refuse à installer un descendant de Clovis Ier sur le trône. Pendant sept années, tous les documents officiels Francs seront datés de l'année 737. Charles Martel désire faire traîner les choses le plus longtemps possible jusqu'à ce qu'il se sente suffisamment puissant pour se proclamer roi, mais il meurt en 741 avant d'accomplir ce dessein. L'aristocratie et tous les peuples Francs tiennent en grande estime la dynastie des Mérovingiens. La fronde grandit et c'est dans ce contexte que contraints et forcés ses deux fils, Pépin et Carloman en sont réduits à proclamer un nouveau roi Mérovingien en la personne de Childéric III que Charles Martel avait fait emprisonner à Sithiu en 737 ( actuellement Saint-Omer ). Childéric III est donc sorti de sa prison et placé sur le trône en mars 743 par Pépin le Bref.
Après huit années de régne le dernier roi Mérovingien Childéric III est détrôné, à la suite d'un coup d'état, orchestré par Pépin alors maire du Palais et Chef des Francs d'Austrasie avec l'aval du Pape Zacharie.

Ramené à Sithiu, la tête rasée, en signe d'incapacité, il est de nouveau enfermé dans l'Abbaye de Saint-Bertin, Childéric III y sera reçu moine en 751, et y mourra en 755.


Saint-Omer est une ville chargée d'histoire, en 751, Sithiu devient la prison du dernier roi mérovingien, Childéric III qui régna de 743 à 751. Il fut détrôné avec l'aval du Pape Zacharie, suite à un coup d'état orchestré par Pépin le Bref est sacré roi des Francs
Le 27 juillet 754 dans la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris, le pape Étienne II sacre Pépin le Bref. Il lui confère les titres de roi des Francs et de Patrice des Romains (« Patricius Romanorum »). Les fils et héritiers de Pépin, Carloman et Charles (futur Charlemagne), sont aussi sacrés par la même occasion (ils succèderont conjointement à leur père quatorze ans plus tard). Leur mère Berthe, n'est pas oubliée. Elle est bénie par le souverain pontife. Pendant le millénaire qui va suivre, tous les souverains de France vont se réclamer de cette cérémonie et se faire sacrer à leur avènement selon le même rituel.

Naissance d'une dynastie
Pépin III, surnommé le Bref en raison de sa petite taille, est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie (l'Est de la France et de la Belgique). Né à Jupille près de Liège, c'est le fils cadet de Charles Martel, maire ou « majordome » du palais royal et véritable chef des Francs. Ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité, Charles Martel gouverne en laissant dans l'ombre le roi en titre, lointain descendant de Clovis. Dans les dernières années de sa vie, il ne se soucie d'ailleurs pas de désigner un successeur au roi Thierry IV, lorsque celui-ci vient à mourir. Quand lui-même meurt en 741, ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires francs. Ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien, Childéric III. Peu après, Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère, laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir. Les principaux seigneurs de Francie occidentale (la France du nord), qui en ont assez des descendants de Clovis, offrent la couronne à Pépin. Ils le proclament roi des Francs à Soissons, sur le champ de mai (un lieu de réunion communautaire) en 751. L'archevêque de Mayence Boniface, évangélisateur de la Germanie, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte (le Saint-Chrême). Les évêques du royaume confirment l'élection par un couronnement et le pape Zacharie, de Rome, donne son assentiment au changement de dynastie : « Il vaut mieux appeler roi celui qui a plutôt que celui qui n'a pas le pouvoir », dit-il en substance. Le transfert se passe sans effusion de sang. Le malheureux Childéric III est déposé et tondu (il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs !). Il va finir ses jours au monastère de Saint-Bertin, ou il y mourra en 755...
Il laissa un fils, nommé Thierry, qui fut envoyé au monastère de Fontenelle (Saint-Vandrille), ou il y fut élevé dans l’obscurité.

La dynastie des Mérovingiens s'est brutalement arrétée a Saint-Omer en l'an de grâce 751, pour être remplacée par celle des Carolingiens.


Abbés et Prévôts des deux monastères de Sithiu

Restitution des exercices d'après le "LIBER FLORIDUS"

Nous reprenons les conclusions de l'ouvrage "ABBÉS ET PRÉVÔTS À SITHIU" écrit par Jean-Charles BÉDAGUE ( Membre de la Société académique des antiquaires de la Morinie. École nationale des chartes ) pour dresser la liste des dirigeants des deux monastères ( haut & bas ) de Sithiu. Dans son ouvrage, Jean-Charles BÉDAGUE décortique les listes du "Liber floridus" du chanoine Lambert de Saint-Omer [voir Albert Derolez, The Auto-graph Manuscript of the Liber Floridus: A Key to the Encyclopedia of Lambert of Saint-Omer, Turnhout, 1998, 210 p. et 42 p. de pl. (« Corpus christianorum ¢ Autographa Medii Aevi », 4)].
Une première liste "Nomina prelatorum in Sithiu qui rexerunt utrasque ecclesias", en deux colonnes, se trouve au folio 13 du manuscrit autographe de Lambert de Saint-Omer. Cette liste n’est présente quelques ambiguïtés : elle semble faire de l’ensemble des personnages dont elle donne les noms, les supérieurs des deux églises. Même si on observe une rupture à partir de Fridugise, rien n’indique après lui que certains ne sont que les supérieurs de l’église de Saint-Omer. Or, on sait que c’est le cas au moins depuis Hélecin.
La seconde liste "Nomina abbatum et prepositorum in Sithiu residentium" se trouve aux folio 270v-271, à la fin du manuscrit, après un extrait de la troisième Vie de saint Omer. Comportant de nombreuses corrections, elle s’intitule « Nomina abbatum et prepositum in Sithiu residentium » (« Noms des abbés et prévôts siégeant à Sithiu »), donne les abbés de Bertin à Fridugise, évoque la divisio de ce dernier puis donne le nom des supérieurs de Saint-Omer ( sous la forme « ecclesie Sancti Audomari prefuit » ) avec dates et durées d’exercice jusqu’à Otger. D’importants éléments annalistiques y sont insérés.
Enfin, la troisième liste "Nomina abbatum ecclesie Sancti Bertini Sithiu", immédiatement après la précédente au folio 271, est une liste des abbés de Saint-Bertin (« Nomina abbatum ecclesie Sancti Bertini Sithiu ») qui suit en grande partie la succession des abbés que nous font connaître par ailleurs chroniques (notamment Folcuin) et chartes. Elle se contente d’en donner les noms, de Bertin à Lambert (1095-1123).

Pour ceux qui sont interressés par l'histoire, son mémoire fort bien documenté est ICI



Liste des dirigeants des deux monastères ( listes 1 - 2 - 3 )

Il convient de noter qu'après Arnoult, la chronologie ici avancée est en totale contradiction avec les listes qui circulent depuis le XVI ème siècle. La liste communément admise comme officielle est celle-ci

NOMS liste 01 du LIBER FLORIDUS liste 02 du LIBER FLORIDUS liste 03 du LIBER FLORIDUS

prévôt | abbé

début & nombre d'années d'exercice

début & nombre d'années d'exercice

nom & nombre d'années d'exercice

Lambert

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Lambert

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Jean

- - - -

- - - -

- - - -

- - - -

Jean

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Héribert

- - - -

- - - -

- - - -

- - - -

Héribert

- - - -

Bovon

- - - -

- - - -

- - - -

- - - -

Bovon

- - - -

Roderic

- - - -

- - - -

- - - -

- - - -

Roderic

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Henfride

- - - -

- - - -

- - - -

- - - -

Henfride

- - - -

Otbert

- - - -

- - - -

- - - -

- - - -

Otbert

- - - -

Trudgaud

- - - -

- - - -

- - - -

- - - -

Trudgaud

- - - -

Otger

1117

03 années d'exercice

1117

03 années d'exercice

Gautier

- - - -

Arnould

1073

44 années d'exercice

1074

43 années d'exercice

Baudouin le Beau

- - - -

Baudouin d’Aire

1070

03 années d'exercice

1071

03 années d'exercice

Regenold

- - - -

Roger

1068

02 années d'exercice

1068

03 années d'exercice

Hildebrand

- - - -

Folcard

1059

09 années d'exercice

1060

08 années d'exercice

Guy

- - - -

Frumold

1051

08 années d'exercice

1051

09 années d'exercice

Gérard

- - - -

Baudouin

1037

14 années d'exercice

1036

15 années d'exercice

Arnoul

- - - -

Ebroïn

1023

14 années d'exercice

1023

13 années d'exercice

Adalolf

- - - -

Hélecin

992

31 années d'exercice

1000

23 années d'exercice

Baudouin le Fort

- - - -

Vacance

- - - -

- - - -

993

07 années d'exercice

Baudouin le Fort

- - - -

Lotmar

970

22 années d'exercice

975

18 années d'exercice

Raoul

- - - -

Vacance

- - - -

- - - -

973

02 années d'exercice

Hilduin

- - - -

Alvin

961

09 années d'exercice

964

09 années d'exercice

Hilduin

- - - -

Adélard

- - - -

- - - -

947

17 années d'exercice

Foulques

- - - -

Vacance

- - - -

- - - -

867

80 années d'exercice

Foulques

- - - -

Hilduin

934

27 années d'exercice

- - - -

- - - -

Hilduin

- - - -

Eudes

910

24 années d'exercice

841

26 années d'exercice

Humfride

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Hugues II

887

23 années d'exercice

- - - -

- - - -

Hugues II

- - - -

Adalard

865

22 années d'exercice

- - - -

- - - -

Adalard

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Hugues Ier

845

20 années d'exercice

829

12 années d'exercice

Hugues Ier

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Fridugise

831

14 années d'exercice

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Fridugise

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Nanthaire

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Nanthaire

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Odland

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Odland

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Hardrad

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Hardrad

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Dadbert

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Dadbert

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Nanthaire

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Nanthaire

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Waimar

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Waimar

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Erkembode

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Erkembode

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Erlefride

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Erlefride

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Rigobert

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Rigobert

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Bertin

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Bertin

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Les hopitaux de Saint-Omer

moyen-âge

ontrairement aux idées reçues, les hôpitaux étaient nombreux à Saint-Omer au moyen âge central, car Saint-Omer était une grande ville, et la population déjà nombreuse ( 35 000 habitants en 1300 selon "Alain Derville" ) impliquait une politique sanitaire adéquate afin de ne pas disparaitre à cause des épidémies. Ces hôpitaux étaient tous privés, et échappaient donc à toute ingérence des magistrats municipaux.
Nous en citerons quelques-uns :
"l'hôpital du Soleil", situé hors de la porte du Haut-Pont, doté par la famille de Sainte-Aldegonde, et, qui existait avant 1330.
"l'hôpital de saint Jean-Baptiste", situé dans la Litte-rue, fondé en 1408 par les héritiers de Jean de Wissocq, et, qui avait pour but de recevoir, coucher, heberger et nourrir les pauvres.
"l'escoterie", hôpital très ancien, situé rue du Brûle, qui appartint d'abord au chapitre, et fut administré sous sa direction. Il recevait des vieillards, des malades et des voyageurs. Au XV ème siècle, il était, comme les autres hôpitaux, entièrement administré par l'échevinage, dont il reçut un règlement en 1417. A cette époque, la ville y entretenait, pour le service des malades, huit femmes non mariées, laïques, et quatre servantes qui devaient être bourgeoises ou filles de bourgeois. On y réunit, en 1427, "l'hôpital Saint-Louis", dit du Cheval d'or, ancien hôpital fondé au XIII ème siècle, qui était situé tout proche. La conduite des femmes qui soignaient les malades de l'Escoterie laissant à désirer, l'échevinage les remplaça à cette époque par les soeurs de "l'hôpital Saint-Louis".
"l'hôpital des pestiférés" tenu par les Alexiens ( Cellebroeders ).
"l'hôpital des vieillards" de la Litte-rue ainsi que "les Bleuets" une maison de charité pour les orphelins furent construite plus tard.

Les institutions de bienfaisance de Saint-Omer

moyen-âge cette époque, en plus des hôpitaux, il y avait à Saint-Omer, dès le XIII ème siècle, annexées à chaque paroisse, des institutions de bienfaisance. C'étaient les Tables des pauvres, des paroisses de Saint-Michel, de Saint-Denis et de Sainte-Aldegonde. Le Chapitre contribuait également au fonctionnement des tables des pauvres de Saint-Denis et de Sainte-Aldegonde. Le fonctionnement de ces institution était simple, on y cuisait des aliments qu'on distribuait aux pauvres, on leur donnait des vêtements et d'autres choses encore. Ils étaient commandés chacun par trois administrateurs annuels ( appelés tabliers ). L'échevinage apportait quelquefois de l'aide à ces institutions, et nous le constatons lorsque en 1228, d'un commun accord avec le Chapitre, il renonça aux droits contestés entre eux sur une maison, pour les abandonner à la table des pauvres de Saint-Denis et de Sainte-Aldegonde. Il nous est parvenu un cueilloir du XIII ème siècle de la table des pauvres de la paroisse Saint-Michel, mais comme il contient seulement des listes de redevances et rentes, nous ne pouvons constater qu'une chose : ces institutions étaient riches et populaires. Les comptes de la table des pauvres du Chapitre conservés dans ses archives ne commenceront à être consignés qu'au XV ème siècle. On voit combien était restreint le rôle de l'administration municipale dans l'assistance publique avant le XV ème siècle, tout changera dès le milieu du XV ème siècle ou il sera responsable du gouvernement de la plupart des hôpitaux.
Pour résumer jusqu'au XV ème siècle la charité s'exerçait par l'initiative privée et par les établissements religieux même si parfois, et de façon ponctuelle l'échevinage attribuait une somme d'argent aux institutions de bienfaisance.

La Gilde de Saint-Omer

moyen-âge

es associations étaient familières aux peuples germaniques, elles agrandissaient le cercle de la famille en agrégeant de nouveaux amis, garants au besoin du 'wergeld', pour résister aux violences et aux exactions, pour se garantir réciproquement leurs propriétés ou l'exercice de leur profession. Les Germains renforçaient, par ces associations ( constituées sous serment ), les liens de voisinage qui existaient entre eux mais qui ne leur semblaient pas suffisants. Chaque membre de ces associations payait une cotisation, qui étaient généralement placées sous le patronage d'un saint ou d'un personnage puissant. Elles réunissaient leurs membres dans des banquets communs, et, étaient connues sous le nom de Gildes. Des sociétés de ce genre proposaient toutes sortes de garanties : assurances contre le naufrage ou l'incendie, secours mutuels ou de charité. Les archives qui nous sont parvenues prouvent que leurs organisations, étaient remarquables. Il n'est point besoin de rappeler les interdictions dont elles furent l'objet de la part des institutions laïques et ecclésiastiques, qui percevaient dans ces réunions des conspirations, de la débauche, du brigandage etc. Les associations de marchands adoptèrent donc naturellement les structures des gildes, et c'est en qualité d'associations commerciales que les Gildes exercérent une grande influence sur la création et l'organisation des communes.
Dès l'année 1 001, les statuts de l'association des négociants de Cambrai étaient reconnus par l'empereur Othon III. Alors qu'ils étaient encore sous la domination de l'abbaye, les marchands de Saint-Omer ont formé une association de ce type, semblable, par exemple, à la confrérie de Saint-Eucher, qui réunissait au milieu du XI ème siècle les serviteurs de l'abbaye de Saint-Trond. Il n'est pas fait mention dans l'acte de fondation de cette confrérie d'un but commercial, mais une charte de 1 111 nous indique que les boulangers, les brasseurs, les cordonniers et les marchands de Saint-Trond étaient sous la domination du monastère, et conséquemment il n'est pas sot de croire qu'ils devaient en faire partie.
C'est de cette charité qu'est sortie la commune d'Arras. C'est encore sous le même nom de charité que nous voyons les tarifs de péage de Bapaume, au XIII ème siècle, appliquer à la Gilde de Saint-Omer, conformément a l'article 5 de la charte de 1127, les mêmes privilèges qu'à la charité d'Arras. Nous sommes donc fondés à croire que cette Gilde ou charité de Saint-Omer, qui devint la commune, avait été à l'origine une association tributaire de l'abbaye comme celle d'Arras. La perception des droits du marché qui se tenait chaque semaine à Saint-Omer, dès la fin du IX ème siècle, et la possession immémoriale du tonlieu, c'est-à-dire du principal revenu du commerce de Saint-Omer, par les deux églises de Saint-Omer et de Saint-Bertin, me semblent des indices de plus qu'à l'origine le commerce entier de la ville avait dû relever en quelque sorte des deux monastères. Les plus anciennes Gildes d'artisans, tant en Flandre que chez les peuples germaniques, ont une origine analogue. Ce sont les sociétés d'artisans faisant partie de la famille du seigneur laïque ou ecclésiastique, travaillant pour lui sous la direction d'un ministerialis ou officier seigneurial qui les ont les premiers formées. Quant à la transformation de la Gilde en association municipale, elle est effective dès lors que les échevins en deviennent les administrateurs, comme la Gilde des marchands d'Arras. Le 21 février 1164-65, c'est encore aux membres de la Gilde de Saint-Omer que le comte confirme des franchises à Gravelines. Au milieu du XIII ème siècle, la Gilde existait encore à l'état de corporation. En 1282, le comte Guy de Dampierre, interprétant les chartes qui réglaient la situation à Gravelines des membres de la Gilde de Saint-Omer, dont certaines dispositions étaient floues, traduit ainsi en roman celle relative à la gilde : "Tout chil ont leur ghylde et à ychela appartiennent" et, dans ses commentaires, l'interprète comme s'il s'agissait de tous les bourgeois de Saint-Omer.

La Hanse de Saint-Omer

moyen-age

u contraire de la gilde, la hanse de Saint-Omer est une association exclusivement commerciale qui se forma plus tard, sans pouvoir en préciser l'époque ( il existe encore un registre de la hanse qui commence en 1244 et finit en 1368 ). En tête, figure son règlement. La hanse avait dans la ville le monopole du commerce avec l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande, et les contrées au delà de la Somme. Chaque confrère, pour faire partie de la hanse, devait payer une somme qui variait selon que le nouveau confrère était ou non fils d'un membre de la hanse. Pour diriger l'association, un magistrat que le règlement nomme doyen, mais que les autres documents appellent maieur. A partir de 1319, on trouve chaque année la mention de deux « maieur de le hanse », dans les registres au renouvellement de la loi. L'administration financière de la hanse était confiée à des receveurs nommés chaque année, il y avait en outre des sergents des maieurs des marchands. A son entrée dans la hanse, chaque membre devait prêter serment de se conformer au règlement et principalement de ne point faire "manouvrage de ses mains et abrokerie et regraterie". Les membres devaient avoir leur résidence à Saint-Omer, on le voit par les mentions d'exclusion que contient le registre, par exemple, en 1269, deux noms sont effacés avec la mention : "Por che k'il a la manoir heurs de le vile". Parmi les 550 noms qui s'y trouvent inscrits au fur et à mesure de leur admission on remarque beaucoup d'Anglais et d'Ecossais, en 1367, un Génois : " Angelin de Ducs de le rivière de Genneve". L'exclusion n'était pas la seule peine que prononçait la hanse contre ses membres, les infractions aux règlements étaient souvent punies d'amendes. La matrice du sceau de la hanse, du XIII ème siècle, est conservée au musée de Saint-Omer. Elle représente le patron de la ville avec la légende : S'MERCATORVM BEATI AVDOMARI. Les bans municipaux de la fin du XIII ème siècle montrent que le monopole attribué à la hanse et l'exclusion des artisans étaient reconnus officiellement. C'était par cette hanse particulière que la ville de Saint-Omer était l'une des dix-sept villes ( ce chiffre est encore de nos jours sujet à caution de la part des historiens ) dont se composait primitivement la compagnie de commerce connue sous le nom de Hanse Flamande de Londres qui avait le privilège du commerce avec l'Angleterre. On est frappé de la ressemblance qu'offrent les règlements des deux associations, et, du reste, les statuts français de la hanse de Londres portent que personne ne peut y être associé "se il n'a gaaignié sa conflarie dans la vile où il est manant i marc d'or ou « X mars d'estrelins."
Malgré les privilèges énormes que ces compagnies de commerce s'étaient attribués, elles dépendaient encore des échevins pour l'organisation, la réglementation et la police du commerce dans la ville. Non seulement les échevins établissaient l'assise, nommaient les receveurs des droits d'étal et les courtiers, commettaient les priseurs, mais encore ils réglementaient jusque dans ses détails tout le commerce, inspectaient et vérifiaient eux-mêmes les marchandises. A cette époque, le but des règlements municipaux, est d'empêcher la spéculation sur les marchandises, c'est du moins ainsi qu'il convient d'interprèter les nombreux règlements interdisant de revendre des marchandises qu'on vient d'acheter, avant de les avoir emmagasinées. La Gilde-Halle, dont on voit le symbole sur le sceau municipal, était donc également le lieu de réunion des marchands, elle contenait les hangars où ils emmagasinaient leurs marchandises et les étaux où ils les vendaient. D'après les chartes de concession du terrain par le comte, en 1151 et en 1157, toutes espèces de marchandises se vendaient dans la Gilde-Halle. Elle était néanmoins devenue dès cette époque trop petite, puisqu'on y avait ajouté des dépendances. Nous savons que celles-ci ne furent donnés à la ville qu'en 1212, par le fils de Philippe-Auguste. Les marchands étrangers ne pouvaient exposer et vendre que dans la Gilde-Halle, dans ses dépendances ou sur la place du marché, la grande place actuelle de Saint-Omer qui s'étendait devant l'hôtel de ville. Les bourgeois seuls avaient le droit de vendre dans leurs maisons. Ces dispositions se retrouvent dans les règlements municipaux de la fin du XIII ème siècle, et même avec des restrictions au droit que la charte de 1151 laissait aux bourgeois de tenir étal dans leurs maisons. On défend par exemple aux marchands d'acheter des saies dans les maisons des saieurs ( les saies ne se peuvent vendre qu'en halle ). Les jours de marché, les chausses ne se pouvaient vendre qu'en halle. Les mercredis et les samedis les merciers ne pouvaient tenir étal qu'en halle. Ces prescriptions devenaient obsessionnelles, car, en 1282, Robert comte d'Artois, fit une ordonnance pour prescrire à tous les marchands de n'exposer en vente des marchandises, de ne faire acte de commerce, que dans les halles communes, ne faisant d'exception que pour les comestibles au détail et la viande de boucherie. La halle principale, la Gilde-Halle, suffisait avec ses dépendances à contenir les étaux de tous les marchands qui commerçaient à Saint-Omer, mais avec le temps elle devint trop petite, et l'on voit mentionnées dans les textes du XIII ème et XIV ème siècle l'ajout de halles spéciales.
Une charte de Philippe d'Alsace, en date de 1174, concède à son chancelier pour sa vie durant : "domwm meam in qua lana venditur apud Sanctum Audomarum". Il s'agit peut-être de la création d'une halle spéciale où, dès cette époque, se serait fait le commerce des laines. La halle de la boucherie, située sur le grand marché, mentionnée au XIV ème siècle, devait être restée dans l'ancienne Gilde-Halle, abandonnée en 1176 à Guillaume de Malines, fermier à cette époque. La halle au pain est mentionnée à la fin du XIII ème siècle. La halle aux cauches, "liquel siet au bout de Vakestraet si c'on va dou marché en le Liste-rue", fut vendue à la ville, en 1268, par Guillaume de Boulogne, héritier de Jean de Boulogne, auquel elle avait jusqu'alors appartenu. Les règlements lui donnent encore à la fin du XIII ème siècle le nom de "Hale Jehan de Boiloigne". Il semble qu'elle était déjà condamnée au commencement de l'année 1302, époque à laquelle la ville acquiert de « Jehan de le Hale » une masure et « une maisonchele séant en "le vakestraet", pour construire une hale pour vendre cauches elle ne fut cependant démolie qu'en 1381 pour élargir la Litte-rue. La Halle aux merciers est mentionnée au XIII ème siècle. Le 14 septembre 1341 et le 22 avril 1348, l'échevinage y siége, pour recevoir des amendes honorables. Au début du XV ème siècle, c'était le siège de tous les tribunaux de Vierscaires. La Halle des Viesiers est aussi mentionnée dans les règlements de l'échevinage de la fin du XIII ème siècle. En dépit de son nom, on y exposait les « grans draps » pendant les franches foires. Les emplacements ou étaux qu'occupaient les marchands dans les halles leur étaient loués et constituaient un revenu. En 1176, les étaux de boucherie ( macellos, videlicet stallos ubi venduntur carnes ), étaient inféodés au prévôt de Watten, qui en afferma sept ( de melioribus quos habuit ) à Guillaume de Malines, moyennant un cens annuel de trois marcs d'argent. A la même époque, les bourgeois abandonnaient au même Guillaume de Malines toute l'ancienne Gilde-Halle, à condition qu'il les déchargeât d'un service féodal. C'était bien celle qui contenait les boucheries, car, en décembre 1201, Baudouin deConstantinople la concéda en fief avec ses étaux de bouchers à l'un des plus riches bourgeois de la ville, Florent de Saint-Omer. En 1212, le fils de Philippe-Auguste renouvela cette concession. Selon cette dernière charte, la vieille Gilde-Halle donnait par an un revenu de quatre marcs, et les étaux de boucherie un revenu de trois marcs, c'était le fermage que payait déjà en 1176, pour ses sept étaux, Guillaume de Malines. Le droit d'étal à la halle payé par les cordonniers appartenait au châtelain, ceux qui étaient bourgeois de Saint-Omer payaient trois deniers, les étrangers cinq deniers. En janvier 1274, le châtelain inféoda ces perceptions à un bourgeois de Saint-Omer, "Lambert Wolveric". En général, les marchands payaient leur place le dimanche pour la semaine, mais devaient s'engager pour toute l'année. Les échevins avaient le tarif de location des étaux qui leur appartenaient et faisaient faire les perceptions par des fonctionnaires spéciaux. Faute de paiement, les marchands étaient bannis un an et un jour et s'ils rentraient avant l'expiration de leur temps, mis au pilori. Les machecliers payaient leurs étaux entre quatorze et seize deniers par semaine, selon la position qu'ils occupaient. Chaque marchand n'avait pas le droit d'occuper autant de place qu'il le voulait, ainsi, un règlement stipule que celui qui n'a à exposer en vente que quatre pièces de draps n'a droit qu'à un étal. La police des halles était faite par des gardiens nommés par l'échevinage.

Saint-Omer la grande

moyen-age

insi donc, au XII ème siècle, il existait deux ligues hanséatiques dans le Comté de Flandre. Celle de Gand qui commerçait en Rhénanie, et celle de Saint-Omer qui commerçait avec l'Angleterre et le royaume Franc. Les villes qui étaient affiliées à la Ligue hanséatique Flamande de Londres étaient : Bruges, Ypres, Diksmuide, Aardenburg, Lille, Oudenburg, Oostburg, Damme, Torhout, Furnes, Tournai, Orchies, Bailleul, Poperinge, Saint-Omer et Bergues. Encore convient-il de souligner que les historiens ne sont pas d'accord entre eux sur le nombre de villes qui composaient cette Hanse. Saint-Omer au moyen-âge central était donc une grande ville en pleine expansion grâce au commerce. Cette ville comptait 35 000 habitants en 1350 ( source : Alain Derville : "Le nombre d'habitants des villes de l'Artois et de la Flandre Wallonne (1300-1450)" / Revue du Nord Année 1983 257 pp. 277-299 ), et à titre de comparaison, au même moment Paris comptait moins de 200 000 habitants. Saint-Omer qui commerçait avec l'Angleterre, ne se limitait pas aux activités de la Hanse de Londres, car, sur les marchés de la ville, certains marchands des villes de Gênes, du Saint Empire Germanique et du Danemark y étaient présents. Cette ville qui était devenue un carrefour commercial incontournable dans le nord, promise à un bel avenir, aurait sans nul doute pris beaucoup plus d'importance encore, si en 1350, la Peste ( importée d'Angleterre ) ne l'avait pas dévastée. En 1400 Saint-Omer ne comptait plus que 10 000 habitants. Il faudra deux siècles pour que Saint-Omer retrouve une partie de son lustre.