Transept nord - berceau de la Cathédrale Notre-Dame



Vous pouvez facilement repérer le Transept nord sur la vue en plan de la Cathédrale que vous trouverez ci-dessous, en effet, son emprise au sol est colorée en rouge foncé.

C'est sur l'emprise de ce transept nord que tout a commencé en l'an 663. Cette zone est le lieu de naissance de la Cathédrale Notre-Dame.

Phases de construction de Notre-Dame



- En 663 une chapelle en bois dédiée à la vierge est construite sur le point le plus haut du village de Sithiu, au fil des siècles elle est consolidée par des murs en pierre, elle devient collégiale sous le régne de Louis le Pieux vers l'an 830.
- En 820 le 11 ème Abbé de saint Bertin ( Fridugise ) scinde le monastère de Sithiu en deux :
- le monastère 'bas' dédié à saint Bertin, devient l'Abbaye Saint-Bertin.
- le monastère 'haut' dédié à la Vierge devient la Collègiale Notre-Dame.
- En 860 à la veille de la Pentecôte, un dénommé Weland à la tête d'une armée de barbares Vikings, arrivèrent de nuit à Sithiu et accostèrent devant le monastère bas vidé de ses occupants à l'exception de 4 membres du clergé restés sur place. Ils pillèrent le monastère bas, le village de Sithiu, ainsi que le monasrère haut. Avant de repartir, ils déposèrent sur un autel une part du butin pour le dieu des Chrétiens. Des hommes de Weland, trop avides, décidèrent de récupérer discrètement ce butin. L’apprenant, Weland fit pendre les voleurs aux portes du monastère bas.
- En 879 le 28 juillet, une armée importante de Vikings débarqua de nuit à Sithiu devant le monastère bas et sema la terreur en pillant et incendiant tout sur son passage y compris le monastère haut. La troupe de Vikings reprit rapidement la mer pour éviter l'armée Carolingienne puis, après un court séjour en Angleterre, ils revinrent en Flandre pour ravager la ville de Gand située à 150 kilomètres au nord est de Sithiu.
- En 891 le 16 Avril, les Vikings accostèrent de nuit à Sithiu devant le monastère bas ( jamais deux sans trois ! ).
Mais, depuis la deuxième invasion ( celle de 879 ) le Burgrave de Sithiu avait mis en place des vigies chargées de surveiller jour et nuit les allées et venues des navires. Les vigies remplirent leur rôle à merveille, et les barbares furent immédiatement détectés et signalés à la population de la cité qui se mit sur le pied de guerre dans le plus grand silence. Dès qu'ils eurent franchi le rétrécissement menant au monastère bas, et, quand les Vikings furent hors de portée de vue, dans le plus grand silence les bateliers Audomarois barrèrent le chenal avec des dizaines de bacôves et d'escutes ( barques à fond plat ) reliées entr'elles par des cordages. Alors que les Vikings s'approchaient furtivement de nuit de la place qu'ils croyaient sans défenses comme d'habitude, ces barbares durent faire face à toute la population fermement décidée à repousser ces pillards meurtriers venus de la mer. Dans l'impossibilité d'accoster ils rebroussèrent chemin pour regagner la mer, mais très vite ils apperçurent au loin le chenal bloqué par une armada d'embarcations pleines de combattants qui criaient pour effrayer ces barbares. Il y avait des brasiers dans toutes les barques Audomaroises donnant ainsi l'impression dans la nuit que le chenal était bloqué et très bien défendu. Dans l'impossibilité d'apprécier en pleine nuit l'importance du danger, les Vikings firent à nouveau demi tour et remontèrent le bras de mer en direction du village d'Helfaut. Plus ils remontaient ce bras de mer et moins la navigation était simple ( faible tirant d'eau ). Les habitants qui avaient quitté la cité pour suivre le long des berges les navires Vikings, se préparaient à l'assaut final, la voie était sans issue pour les Vikings, et, au pied du village d'Helfaut le bras de mer qui avait disparu depuis un kilomètre laissait place à la rivière l'Aa ( beaucoup plus large que celle que nous connaissons aujourd'hui ) que les Vikings devaient remonter. Après quelques centaines de mètres d'une navigation compliquée, tous les Langskips s'enlisèrent, les Vikings s'enfuirent à pied comme ils purent avec leur butin ( volé en chemin avant d'arriver à Sithiu ) en direction du village de Wavrans-sur-l'Aa. Rattrappés par les habitants de Sithiu, ils furent 300 à se faire massacrer. Le butin fut ramené à Sithiu, et les habitants remercièrent Dieu lors d'une grande manifestation à Saint Bertin. Deux survivants regagnèrent à pied le campement de leur chef "Hasting" qui prit la décision de venger cet affront. Ils reparurent donc en nombre une semaine plus tard, et tentèrent plusieurs jours durant, de s'emparer de la ville sans succès, décimés, ils finirent par s’enfuir pour ne plus jamais reparaitre à Sithiu. Ce chef "Hasting" qui s'était réfugié dans la ville côtière de Gand ( 150 kms au nord est de Sithiu ) recomposera en 892, une flotte de plus de 80 Langskips dans le but cette fois d'envahir l'Angleterre, mais lors de la traversée en 893 une violente tempête s'abattra sur cette armada , et il disparaitra avec tous ses bateaux en pleine mer .
- En 918, le 2 janvier, Baudoin le Chauve mourut, peu de temps après avoir vu s'achever l'oeuvre importante des premières fortifications de Saint-Omer.
- En 959, la ville connut sa première procession publique, elle fut initiée par Ragenold, 27 ème abbé de Saint-Bertin, qui y fit défiler solennellement les reliques de Saint Omer et de Saint Bertin, en reconnaissance du succès qu'il avait obtenu dans son voyage outre Rhin, où il était allé réclamer la restitution des biens usurpés à l'abbaye, et qui lui furent rendus, et même augmentés d'une nouvelle donation par le roi Othon.
- En 1033 la collégiale est ravagée par un incendie, la reconstruction en pierres de taille ( dans le style roman ) démarre l'année suivante pour s'achever en 1052.
- En 1050 Baudoin V Comte de Flandre qui avait succédé à son père en 1034, fit exécuter de nouveaux travaux afin de consolider les fortifications de la ville et notamment fit ouvrir le fossé de défense du coté sud, qu'il appuya de redoutes en maçonnerie.
- En 1052, l'Archevêque de Reims, Wido, vint faire l'élévation des reliques de Saint Bertin, déposées dans une nouvelle châsse, il procéda aussi, sur l'ordre du comte de Flandre, Baudoin V, à la reconnaissance des reliques de Saint Omer. La châsse fut déposée en plein air, sur l'amas de matériaux rassemblés pour la construction de l'Eglise de la Vierge, et là, en présence d'une foule innombrable composée d'habitants et des étrangers venus à cause de la foire, Wido constata que l'on avait bien sous les yeux, le véritable corps de Saint Omer et consigna le résultat de la vérification dans une charte signée de nombreux témoins, tant ecclésiastiques que laïques, parmi, lesquels nous voyons figurer la Comtesse Adèle, femme de Baudoin V, qui n'avait pu lui-même assister à cette cérémonie imposante. La Comtesse en cette occasion remplaçait son époux. Elle avait reçu des habitants le meilleur accueil. En reconnaissance, elle accorda une franchise et une exemption pour la suite, à tous ceux qui viendraient à Sithieu pendant le temps de la foire. Cette franchise devait durer trois semaines à partir du 1er Mai, pendant lesquelles on ne pourrait molester les personnes qui viendraient à Sithieu, ou qui en sortiraient. Elle déchargea en même temps les habitants de tout impot pour un laps de quatre années.
- En 1067 la mort de Baudoin V, laissa le comté de Flandre à son fils aîné Baudoin VI qui décéda en 1070, laissant à son frère Robert-le-Frison la tutelle de ses enfants mineurs, tutelle dont voulut s'emparer leur mère Richilde. Cette situation fit naître entre eux une guerre sanglante et fut cause d'une catastrophe horrible pour la ville de Saint-Omer. Après diverses péripéties, Richilde se voyant sur le point d'être vaincue, appela à son secours le roi de France, Philippe Ier, qui exigea d'abord que Robert vint lui faire, soumission dans un bref délai. Celui-ci ayant méprisé les injonctions du roi, Philippe marcha vers la Flandre avec ses troupes, tandis que Robert à la tête d'une armée de Frisons, de Flamands et d'Allemands, se préparait à résister.
- En 1070 la rencontre des deux armées eut lieu à Cassel. Le combat fut sanglant, et le jeune Arnould, destiné à succéder à son père Baudoin VI dans le comté de Flandre, y trouva la mort. Philippe, obligé de battre en retraite se retira. Richilde faite prisonnière, fut retenue à Cassel par les soldats de Robert, tandis que celui-ci, également fait prisonnier par ses adversaires, fut conduit à Saint-Omer. Peu de jours après, un échange de prisonniers ayant été négocié, Richilde et Robert recouvrèrent leur liberté. Le roi de France, que cet arrangement contrariait, accusa le châtelain de Saint-Omer de trahison, vint se ruer sur la malheureuse ville, fit passer les habitants au fil de l'épée, abandonnant les maisons au pillage et à l'incendie. La guerre continuait cependant entre les deux prétendants avec des chances diverses. Enfin, Robert étant sorti victorieux de la lutte après la célèbre affaire de Brocqueroie, près de Mons, un traité de paix fut signé, en vertu duquel ce prince fut reconnu définitivement Comte de Flandre par Philippe. Il gouverna le comté jususqu'en 1093.
- En 1093 le successeur de Robert-le-Frison, Baudoin VII, dit à la Hache, connu par la sévérité qu'il déploya pendant la durée de son règne. Ce prince habita longtemps Saint-Omer et fit beaucoup de bien à cette ville, notamment par les travaux qu'il fit exécuter pour améliorer la navigation de la rivière l'Aa, et faciliter ainsi le commerce. Il mourut vers 1120, d'une blessure qu'il avait reçue à la tête, au siège de la ville d'Eu. Il fut inhumé dans l'église du monastère de Saint-Bertin, où quelques mois auparavant, désespérant de sa guérison, il s'était retiré et où il avait pris l'habit religieux.
- En 1121 Baudoin VII mort sans laisser d'héritier mâle, un des membres de la Maison de Danemark, Charles surnommé le Bon, fut appelé à lui succéder dans le gouvernement de la Flandre. La sévérité qu'il déploya contre les exactions commises au détriment de son peuple, notamment au moment de la disette qui désolait la Flandre, lui attira l'inimitié des accapareurs et il fut assassiné par l'un d'eux, le 2 Mars 1126, dans l'église de Saint-Donat de Bruges. Alors naquit en Flandre une guerre de prétendants. L'un d'eux, Arnould de Danemarck, neveu de Charles, se rendit maître de Saint-Omer, dont les habitants s'étaient pourtant prononcés pour Thierry d'Alsace, cousin germain du précédent Comte. Thierry avait mis la ville sur le pied de la défensive, en levant une milice urbaine et en transformant le monastère de Saint-Bertin en citadelle.
- En 1127 sur ces entrefaites, le roi Louis VI le Gros, ayant rassemblé les Etats de Flandre à Arras, tous les concurrents vinrent exposer leurs droits à la succession de Charles le Bon, mais le roi à qui appartenait en sa qualité de suzerain, de disposer d'un fief vacant, adjugea le comté à Guillaume de Normandie, plus connu sous le nom de Guillaume Cliton. Après quelques péripéties rencontrées dans les villes de Bruges et de Gand le Comte se dirigea vers Saint-Omer accompagné du cortége municipal, il fut conduit triomphalement à l'église Notre-Dame et de là sur le grand marché. Là on avait élévé un autel sur lequel se trouvaient les reliques les plus vénérées des divers monastères de Saint-Omer. On donna alors lecture au nouveau comte de Flandre des coutumes qui régissaient l'association bourgeoise de Saint-Omer, et des franchises dont elle jouissait, afin qu'il les confirmât. Après cette lecture, Guillaume descendit du trône où il était assis, se dirigea vers l'autel et la main sur les Evangiles, jura de maintenir les franchises et privilèges de la cité. Un acte solennel fut dressé à cette occasion, et signé à la fois par le comte et tous les Seigneurs présents. C'est cette charte qui est connue sous le nom de Charte Communale de Saint-Omer. Elle constate que les bourgeois de cette ville étaient déjà antérieurement en possession d'un pacte fédératif, connu ordinairement sous le nom de commune Jurée. puisqu'elle l'approuve, mais elle n'en fait pas mention comme d'une chose nouvelle, ni comme d'une chose octroyée. C'est donc un nom impropre qui lui est donné, il est beaucoup plus rationnel de la désigner sous celui de Charte confirmative des franchises communales. La Charte de 1127 est considérée, à juste titre, comme la plus ancienne des chartes de commune de France et de Flandre qui soient arrivées jusqu'à nous. Elle donne peu de renseignements sur le pacte primitif, qui liait entre eux par la foi 'du serment, les bourgeois de Saint-Omer. Ce pacte resta peut-être à l'état de tradition orale, ou du moins s'il fut écrit, ce qu'il est rationel d'admettre, le texte ne nous est pas parvenu. Les statuts de la ghilde et ceux postérieurs de la hanse du 13 ème siècle, ne peuvent nous en donner qu'une idée approximative, et seulement au point de vue commercial. Mais il est un autre document du 13 ème siècle qui, suivant nous, n'est qu'une reproduction d'une partie du pacte de commune et qui peut être consulté avec fruit à cet égard. C'est un tarif de la composition en argent qui était due pour les coups et blessures, même celles qui amenaient la mort. Ce tarif est évidemment un reste des anciennes lois germaniques qui avaient dû servir de base au pacte fédératif juré par tous les habitants de St-Omer.
- En 1128 Guillaume Cliton devenu très impopulaire ( car il laissait commettre les pires excactions à ses vassaux, sans broncher ), c'est tout le peuple qui se souléve. Sept des principales villes de Flandre se mettent à la tête de la coalition Arras, Gand, Bruges, Ypres, Lille, Douai, et Saint-Omer. Saint-Omer donne le signal de l'insurrection en appelant Arnould le Danois, l'un des concurrents de Cliton. Les autres villes suivent son exemple et mettent à leur tête d'anciens serviteurs de Cliton, ceux-là même que l'on voit figurer parmi les témoins signant la charte de 1127. La révolte gagne du terrain, et bientôt Thierry d'Alsace est proclamé par les insurgés Comte de Flandre, et appelé à remplacer Guillaume de Normandie. Celui-ci, soutenu par Louis VI, avait d'abord passé l'aveu de ses fautes et promis d'agir désormais dans l'intérêt du peuple, mais il était trop tard. Il dût marcher en armes pour soutenir ses droits contre son ennemi. Les succès sont d'abord de son côté, et, Thierry est obligé de se réfugier à Alost, la victoire était presque acquise pour Guillaume, lorsqu'il fut blessé d'une flèche, empoisonnée dit-on, et il mourut deux jours après. Ce prince âgé de 28 ans, fut enterré dans l'abbaye de Saint-Bertin.
- En 1134 le 18 juin, un ouragan violent détruisit une partie des fortifications.
- En 1146, Saint-Omer ressentit les effets de la grande famine qui désola toute la Flandre.
- En 1151, un incendie qui avait débuté à Saint Bertin, pendant un repas de nuit que donnaient les moines de cette abbaye, gagna la ville, détruisant presque la moitié des maisons, et les églises de Saint-Martin, de Saint-Denis et de Saint-Jean. Ce fut pour réparer en partie les dommages causés par ce désastre, que Thierry concéda aux habitants le terrain sur lequel était construit le bâtiment désigné sous le nom de Ghildhalla, c'est-à-dire, halle de la Ghilde, lequel avait été élevé antérieurement par les bourgeois, du consentement tacite du comte. Ce bâtiment occupait l'emplacement de l'ancien hôtel de ville. Il n'était permis aux marchands étrangers d'étaler leurs marchandises que dans la Ghildhalle ou sur le marché, les bourgeois ayant seuls le droit de faire leur négoce dans leurs maisons. C'est peut-être de ce moment que date la rédaction des statuts de la Ghilde audomaroise, dont une copie, en latin, existe dans un registre des archives municipales.
- En 1168 Thierry d'Alsace étant mort le 4 février, son fils Philippe lui succéda. On doit à ce prince une autre charte que l'on peut reporter au commencement de 1168, et connue sous le nom de grand privilége, qui contient une série de dispositions formant un véritable code criminel et pénal, applicable aux habitants de Saint-Omer, et qui distingue les crimes et délits commis dans l'intérieur de la ville de ceux commis dans la banlieu. Le Comte de Flandre, qui n'avait pas d'enfants, ayant fait reconnaître en 1177 pour ses héritiers, sa soeur Marguerite et son époux Baudoin de Hainaut, partit pour la terre sainte. A son retour, devenu tuteur de Philippe-Auguste après la mort de Louis VII, il voulut resserrer les liens qui unissaient depuis quelque temps la France à la Flandre, en donnant sa nièce Isabelle en mariage à son jeune pupille, en 1180, et lui concédant, pour en jouir après lui, les villes et seigneuries d'Arras, Béthune, Bapaume, Lens, Aire, Saint-Omer, etc., enfin tout, ce qui constituera plus tard le Comté d'Artois.
- En 1191 Philippe d'Alsace mourut au siège de Saint-Jeand'Acre, et un an après, le roi de France entra en possession des terres détachées de la Flandre et formant la dotation de sa femme. Ce prince vint à cette époque, accompagné de son fils Louis, visiter Saint-Omer, où il fut accueilli avec enthousiasme, et pendant son séjour, il accorda à Jean, abbé de saint Bertin, la confirmation des privilèges que l'abbaye tenait des anciens Comtes de Flandre.
- En 1191 la collégiale est victime d'un nouvel incendie. Il faut reconstruire le choeur, le transept ( les bras du transept sont limités à deux travées ) et le portail sud. Le choeur sera entouré par un déambulatoire sur lequel s’ouvrent des chapelles non jointives. Les bras du transept sont flanqués de deux collatéraux. Cette reconstruction s'étalera sur 30 années.
- En 1194 Baudoin IX de Constantinople, devenu Comte de Flandre, après la mort de Marguerite d'Alsace, revendiqua les terres données en dot à Isabelle de Hainaut, comme faisant partie de son héritage. Allié au roi d'Angleterre Richard ler, il força Tournai, Cambrai et Douai à se rendre. Arras résista, l'année suivante, Baudoin IX vint assiéger Saint-Omer, s'empara de la forteresse du Colhof et tenta l'assaut à la porte Boulenisienne, mais il fut repoussé. Néanmoins il ne se découragea pas, et malgré leur valeur et leur courage, les habitants, faute de vivres, se virent forcés de capituler le 4 octobre 1198, après une résistance de 28 jours. Par la paix de Péronne en 1199, Saint-Omer et Aire furent acquis définitivement à Baudoin IX. Les choses restèrent en cet état pendant onze années, et ces deux villes ne firent retour au roi de France qu'en 1211, leur reddition étant une condition imposée par Philippe-Auguste à son consentement au mariage de Jeanne, fille de Baudoin, avec Ferrand du Portugal.
- En 1195 débute la construction de la Tour octogonale, elle s'achéve en 1203.
- En 1203 pavage avec des petits carreaux de grès de la Tour octogonale ( deux étages ), de la chapelle saint Job, et de la distribution entre le Déambulatoire et la Tour octogonale.
- En 1231 Louis IX et sa mère Blanche de Castille vinrent à Saint-Omer. Pendant son séjour, il confirma les priviléges des monastères haut et bas.
- En 1259 la ville de Saint-Omer accueillit encore Louis IX qui reconduisait Henri III, roi d'Angleterre, après avoir conclu avec lui un traité dans lequel celui-ci renonçait au duché de Normandie. Les deux monarques passèrent à Saint-Omer les fêtes de Pâques, et logèrent au monastère bas.
- En 1375 reconstruction des voûtes de la tour octogonale. Allongement des bras du transept sud de deux travées, démontage de la façade. Reconstruction de la nef. Ces travaux s'achévent en 1395.
- En 1378 débute la construction des chapelles latérales de la Nef. Début des comptes de fabrique et capitulaires qui sont archivés par la bibliothèque de la CAPSO.
- En 1386 finition des trois chapelles sud de la nef, travaux sur l’horloge construite avant 1378 avec la réfection de l’image du soleil et de la Lune.
- En 1403 finition des chapelles nord de la nef.
- En 1449 allongement du bras nord du transept, les travaux se terminent en 1472.
- En 1473 la Nef centrale est achevée.
- En 1473 construction de la tour occidentale en habillage de l'ancienne tour romaine, les travaux se terminent en 1521.
- En 1486 construction de la flèche de la croisée.
- En 1506 achèvement des voûtes.
- En 1555 les travaux d'embellissement des chapelles sud démarrent.
- En 1557 le chantier de la Tour Porche démarre afin de remplacer le portail Occidental existant.
- Au XVI ème siècle repavage avec des dalles funéraires et des dalles gravées des deux premières travées sud et nord de la Nef.
- Au XVI ème siècle repavage avec des dalles funéraires et des dalles gravées des deux premières travées du Transept nord et de la chapelle des Trépassés.
- Au XVI ème siècle repavage avec des dalles funéraires et des dalles gravées de la Sacristie, du Vestibule et de la chapelle saint Jean Baptiste.
- En 1606 La flèche de la croisée est détruite par un ouragan, d'importants travaux de reconstruction suite à cet accident sont entrepris.
- En 1608 blanchiment de toute la cathédrale et suppression des 14 statues de la Nef centrale.
- En 1610 réalisation d'un cadran solaire au dessus du portail sud.
- En 1628 démolition puis reconstruction de la chapelle axiale ( deux fois plus longue ).
- Au XVII ème siècle réalisation des clôtures des chapelles latérales de la Nef
- En 1753 le Choeur des chanoines est pavé de marbre.
- Au XIX ème siècle démontage d'une partie du pavage de la Sacristie et de la chapelle saint Jean Baptiste pour le remplacer par des carreax vernissés.
- Au XIX ème siècle pavage en marbre de la chapelle de la Conception.
- Au XIX ème siècle pavage en grès de la chapelle saint Martin.
- Au XIX ème siècle pavage en carreaux vernissés des chapelles ( Assomption, saint Erkembode, saint Maxime, sainte Aldegonde, saint Omer, saint Denis, Wissocq, saint Sépulcre, ancienne Conception, notre Dame de Pitié ).
- En 1839 pavage en carreaux vernissés du Déambulatoire.
- En 1840 pavage en marbre de la tavée centrale de la Nef.
- En 1842 pavage en marbre de la tavée sud de la Nef.
- En 1842 projet de restauration de la Cathédrale par l'architecte Morey.
- En 1845 le pavage en marbre du Choeur des chanoines est déposé puis le Choeur des chanoines est repavé en marbre identique à celui de la Nef.
- En 1847 pavage en marbre du Labyrinthe identique à celui de la Nef.
- En 1847 établissement de combles provisoires au-dessus de la tour octogonale
- En 1848 pavage en marbre du Transept Sud ( travées centrale est et ouest ) identique à celui de la Nef.
- En 1850 pavage en marbre identique à celui de la Nef dans les chapelles ( saint charles Boromée, saint André, saint Esprit, saint Jean Evangéliste, ancienne saint Gilles, saint Job ).
- En 1850 pavage en carreaux vernissés de la Nef ( travées nord ) et du Transept nord ( 2 travées près du Choeur ).
- En 1851 Démontage du pavage du Transept nord ( 2 travées centrales sur 4 ) et pavage en carreaux vernissés.
- En 1860 restauration du portail sud
- En 1861 nouvel incendie de la Cathédrale, les combles sont ravagés
- En 1868 restauration de la chapelle axiale.
- En 1879 démontage du pavage de la chapelle axiale, et repavage en pierre de grenoble.
- En 1880 restauration de la toiture de la Tour octogonale.
- Au XX ème siècle pose d'un parquet sur le pavage existant de la Sacristie.
- En 1912 réfection partielle de l'astrolabe de l'horloge.
- En 1932 remise en état du couronnement de la Tour octogonale.
- En 1942 bombardements avec de légers dommages.
- En 1954 réparation de la toiture octogonale
- En 1964 réfection de la toiture du beffroi.
- En 1983 fouilles archéologiques, puis reprises en sous-oeuvre de la Tour octogonale.
- En 1984 restauration des verrières, des portes, de la cour et du carrelage de la tour octogonale
- En 1996 dossier d'études préliminaires à la restauration de la cathédrale ( dont ces dates sont extraites ) par la DRAC ( François PILON ). Coût estimé de la restauration complète : 46 millions de francs durée des travaux 20 ans.
- En 1999 fin de la restauration du portail sud et commémoration du 8 ème centenaire.
- En 2000 mise en conformité électrique de la cathédrale.
- En 2001 réfection partielle du couronnement du beffroi, démontage partiel des vitraux pour leur restauration future.
- En 2004 réfection collatéral nord, architecte Lionel Dubois.
- En 2007 réfection 3 faces de la Tour porche et écroulement de l’échafaudage à cause de la tempête ( vents supérieur à 130 Km/h ). Dégâts important au niveau de la toiture de plomb dessus collatéral sud, une fenêtre basse détruite, mise au tombeau en partie détruite, rambarde et tourelle HS. Comme les choses vont trainer le mérule va s’installer dans les petits greniers du collatéral sud, dans la sous toiture plate, et dans le beffroi des cloches. Réfection de la toiture plomb collatéral sud Architecte Lionel Dubois puis Etienne Poncelet qui finira la toiture terrasse du collatéral Sud.
- En 2013 étude dans le but de protéger l'horloge ( 6 années de travaux prévus après 2015 ), faite par la DRAC. Dossier sans suite.
- En 2014 le 14 mars mise en arrêt des cloches par les Amis de la Cathédrale car le beffroi menace de s’effondrer.
- En 2015 étude des travaux à réaliser sur les charpentes ( beffroi, transept nord, et déambulatoire côté nord ) faite par M. Poncelet. Seule la réfection de la charpente du beffroi sera réalisée pour un côut 6.2 Millions d’€. Dossier de 49 plans et DCE archivé par Bernard Delrue en accord avec M Poncelet.
- En 2016 charpente du beffroi restauré à l’identique contrairement à ce qui était prévu dans le dossier d'études de 2015. Adjonction d’une cloche Domitille, et baptême de deux autres cloches ( Omer car restauré et Jeanne jamais baptisée ). À Pâques le plenum est relancé.
- En 2019 restauration partielle du portail nord selon tranche 1 de l'étude de 2015. Les travaux de purge des fondations, la collecte des eaux vers le collecteur de la Rue Sainte Croix et l’abaissement du secteur pavé face au portail ne sont pas faits.
- En 2019 nettoyage complet des chéneaux.
- En 2020 réfection de deux balustrades du transept Nord.


Avant de poursuivre la lecture de cette page, vous pouvez visiter vituellement en 3D l'intérieur de la Cathédrale en cliquant ICI


Description architecturale des Nef, Transepts, Choeur, Déambulatoire, Tour porche, Chapelles

visitez la Cathédrale de Saint-Omer



REVUE DU NORD sous la direction de Ludovic Nys et Benoît Van den Bossche

Hors série. Collection Art et Archéologie. N° 25. 2017. Université de Lille. Sciences humaines et sociales.

FRANS DOPERÉ

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Archéologie Architecturale

Ce que disent les traces d’outil au sujet du bras sud du transept de la collégiale de Saint-Omer et de son portail

L’ancienne collégiale Notre-Dame de Saint-Omer, devenue cathédrale au xVIe s., est l’un des rares témoins des débuts de l’architecture gothique dans une région où la plupart des grands édifices de cette époque ont disparu. Du point de vue de l’histoire de sa construction, son intérêt réside en outre dans le fait qu’y ont été utilisés conjointement quatre types de pierre différents. Ce constat ouvre des perspectives intéressantes, qui doivent amener à nous interroger en priorité sur les raisons ayant présidé au choix de ces types de pierre. Il s’agira ensuite, tout en considérant les natures spécifiques de ces matériaux, d’identifier les techniques de taille mises en œuvre, de déceler leur éventuelle transposition d’un type de pierre à l’autre, si ce n’est même leur transmission d’une région à l’autre. Mais le cas de la collégiale audomaroise est encore intéressant pour d’autres motifs. Plusieurs formules architecturales furent appliquées au long du chantier, sur toute l’époque gothique, de manière singulière, conférant à l’édifice une personnalité propre1. Le décor architectural y est par ailleurs remarquable, qu’il s’agisse des chapiteaux, des remplages ou d’autres éléments encore. La collégiale, enfin, est dotée à l’extrémité du bras sud de son transept d’un portail sculpté hors du commun.

Les recherches récentes, dont les conclusions sont exposées dans le présent ouvrage2, ont démontré que, pour sa partie essentielle, le portail a été mis en œuvre dans le courant du dernier tiers du xIIIe s., mais qu’il fut remanié ensuite par étapes au xIVe s. Comment les choses se sont-elles passées ? Si la question mérite d’être soulevée, c’est que la littérature régionale consacrée à l’édifice, depuis le milieu du xIxe s., fait apparaître à ce propos des positions diverses, voire contradictoires. D’aucuns ont ainsi soutenu que le portail du xIIIe s. s’insérait à l’origine dans une façade, aujourd’hui disparue, qui se trouvait plus au nord que la façade actuelle, proche de la croisée, et qu’il fut ensuite déplacé pour intégrer l’extrémité du croisillon méridional. Pour d’autres auteurs, ledit portail aurait été construit et son décor sculpté réalisé dès le xIIIe s. là où il s’élève aujourd’hui, soit dans une façade dont on aurait perdu toute trace, soit antérieurement à la construction de cette dernière, qui pourrait n’avoir été élevée qu’un siècle plus tard, à la fin du xIVe s. Certains auteurs, enfin, ont évoqué la possibilité que le portail ait été sculpté en atelier, sur place, et que ses éléments aient attendu près d’une centaine d’années avant d’être montés.

Il ne sera pas question d’aborder ici la problématique sous l’angle, traditionnel, d’une lecture de l’architecture, qui a fait l’objet d’une analyse approfondie dans le présent ouvrage3, mais de nous focaliser sur les traces d’outils, une méthode dont l’utilité pour préciser la chronologie des chantiers médiévaux n’est plus à rappeler. S’agissant de la collégiale de Saint-Omer, singulièrement de son portail méridional, cette méthode est-elle applicable ? Les traces d’outils encore détectables en certains endroits du chœur, du déambulatoire, du bras méridional et du portail de la collégiale, sont-elles susceptibles de privilégier l’une des trois hypothèses ? Il semble bel et bien que oui. Cette démarche, au demeurant, s’appuiera sur les résultats des premières observations systématiques relatives aux matériaux qu’a livrées en 1994 Annie Blanc4. Parallèlement à Francis Tourneur, nous reprenons ici le dossier qu’elle a ouvert pour l’enrichir de nouvelles données et de nouvelles observations.

4 Blanc 1996, p. 30-31.

On se reportera, dans le présent volume, aux contributions de cet auteur.

Frans Dopéré, Universiteit Leuven ( KULeuven ).

Voir notamment Thiébaut 2006, p. 375-389.

On se reportera, dans le présent volume, à la contribution de Marie Lekane, Ludovic Nys, benoît Van den bossche et Emmanuel Joly.

Cf. la contribution de Delphine Hanquiez et de Michalis Olympios.

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REVUE DU NORD - N° 25 HORS SÉRIE COLLECTION ART ET ARCHÉOLOGIE - 2017, P. 97-111




Figure de gauche. — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle en pierre de Tournai de l’une des colonnes du déambulatoire. © Fr. Doperé.



Figure de droite. — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle et bases en pierre de Marquise des doubles colonnes adossées au revers du mur de façade du croisillon sud du transept. © Fr. Doperé.





LES DIFFÉRENTS TYPES DE PIERRES ET LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES DE TAILLE

Le déambulatoire et les travées orientales du bras sud du transept

Tous les murs du déambulatoire et du bras sud du transept ont été construits en craie. Ce matériau présente l’inconvénient, à l’extérieur, de perdre rapidement, par érosion de son épiderme, les traces du travail des tailleurs de pierre. À Saint-Omer, la situation n’est pas meilleure à l’intérieur de l’édifice car, comme c’est souvent le cas dans les édifices érigés avec ce type de pierre, les restaurateurs des xIxe et xxe s. ont mis à neuf par grattage les surfaces des maçonneries. Ainsi, en ce qui concerne les parements extérieurs, seule la partie comprise entre la chapelle centrale et la chapelle septentrionale présente encore des traces de taillant droit (marteau taillant) (plan 1A). Pour ce qui est des parements intérieurs, nous ne pouvons tirer aucune conclusion au sujet des techniques de taille d’origine. Nous nous limiterons donc à des considérations concernant la distribution du matériau.

Dans le déambulatoire et dans les chapelles du bras sud du transept, tous les chapiteaux sculptés sont en craie (plan 6C). Cela suffit-il pour conclure que tous datent de la même époque et que le mur du déambulatoire et les chapelles relèvent d’une même phase de construction ? Nous verrons que non.
Les socles maçonnés des colonnes adossées au mur du déambulatoire sont en pierre de Marquise et ont été taillés au taillant droit ; chacun de ces socles est surmonté d’une base circulaire, également en pierre de Marquise et taillée avec le même instrument. La distribution correspond à celle des chapiteaux en craie, ce qui pourrait effectivement faire croire que toutes ces parties datent de la même époque (plan 2b). On notera cependant que, dans cet ensemble de socles et de bases, les profils des socles, et eux seuls, sont en calcaire de Tournai et taillés au taillant denté (gradine) (plan 5A et fig. 1).

Des deux côtés du portail sud, par contre, les socles et les bases des doubles colonnes sont entièrement en pierre de Marquise (plan 2b et fig 2). On n’y trouve pas de profils en calcaire de Tournai en haut des socles (plan 5A). En outre, les chapiteaux ne sont pas en craie ; il s’agit ici probablement de pierre de Marquise (plan 6b et fig. 3). Ce cas particulier appelle une explication que nous livrerons ultérieurement ; il devra être pris en compte dans l’établissement de la chronologie du portail.





Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : chapiteaux des doubles colonnes adossées au revers du mur de façade du croisillon sud du transept. © Fr. Doperé.


Le chœur et la croisée

Le niveau inférieur

Dans le chœur, à la croisée et dans les premières travées des deux bras du transept, les éléments formant les supports (socles, bases, piliers et fûts des colonnes, chapiteaux) sont en pierre de Marquise, en calcaire de Tournai et en grès quartzitique. Leur distribution est régulière ; on peut donc conclure que tous ces supports relèvent d’une seule et même phase du chantier (plans 2 à 7).
Les socles maçonnés sont en pierre de Marquise équarrie et taillée au taillant droit (plan 2A). Les profils des bases des quatre piliers de la croisée et des piliers séparant la deuxième travée du chœur et l’abside (supports « forts ») sont en calcaire de Tournai taillé au taillant denté (plan 5b et fig. 4). Les profils des socles et des bases du chœur (abside comprise) (supports « faibles »), de même que ceux des deux premières travées de chacun des bras du transept sont en calcaire de Tournai taillé au taillant denté (plan 5C et fig. 5). Les piliers de la croisée et ceux qui séparent la deuxième travée du chœur et l’abside sont quant à eux entièrement en pierre de Marquise taillée au taillant droit (plan 4A et fig. 6).

Les fûts des colonnes engagées sur les piliers sont monolithiques ou composés de deux parties en délit (plan 7A). Ils sont en grès quartzitique. Ces colonnes sont fixées aux piliers, également en grès quartzitique, par des anneaux de fer : l’un juste au-dessus de la base, le deuxième plus ou moins à mi-hauteur du fût (fig. 7).
Les fûts en grès quartzitique ont des dimensions appréciables. Nous les donnons dans le tableau ci-dessous.




Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle et base en pierre de Tournai de l’un des quatre piliers de la croisée du transept. © Fr. Doperé.




Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socles et bases en pierre de Tournai des colonnes de la zone du choeur ( déambulatoire ). © Fr. Doperé.




— Nous donnons uniquement les dimensions des colonnes situées du côté du déambulatoire, celles qui sont situées du côté du chœur étant largement cachées par des boiseries.

Position de la colonne

Hauteur totale du fût (ml)

Hauteur de la partie inférieure du fût (ml)

Diamètre du fût (cm)

chœur, côté sud

5,15 ( monolithe ! )

5,15 ( une seule pièce ! )

Ca. 40

abside, côté sud

5,16

3,41

Ca. 38,5

abside, côté sud

5,17

3,17

Ca. 40

abside, côté sud

5,23

3,43

Ca. 38

abside, côté nord

5,21

3,22

Ca. 38

abside, côté nord

5,16

3,05

Ca. 39

abside, côté nord

5,18

3,27

Ca. 39

chœur, côté nord

5,19

2,86

?

transept S

5,23

3,22

?

transept N

5,24 et 5,19

3,52 et 3,40

?





Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : pilier occidental en grès quartzitique et composé de tambours en lit de carrière de l’une des deux extrémités du transept. © Fr. Doperé.



Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : fûts de colonnes monolithiques en grès quartzitique de la zone du choeur (déambulatoire). © Fr. Doperé.




Pour chacun des bras du transept, les deux piliers occidentaux des deux premières travées sont en grès quartzitique, mais composés de tambours en lit de carrière ( plan 7b et figure 8 ). Peut-être faut-il voir là un indice de l’épuisement des grands blocs de grès quartzitique et donc du fait que ces deux piliers ont été construits en dernier lieu et que le chantier du chœur a été mené d’est en ouest. On relèvera enfin que tous les chapiteaux surmontant les fûts en grès quartzitique sont en calcaire de Tournai ( plan 6A ).

Le triforium

Au niveau du triforium du chœur, les maçonneries sont en craie alors que les contreforts, visibles dans les combles du déambulatoire, sont en pierre de Marquise ; maçonneries et contreforts ont ici été taillés au taillant droit. Les colonnettes du triforium sont en calcaire de Tournai, taillé au taillant denté, mais ont ensuite été polies. quelques colonnettes sont elles-mêmes en marbre poli. Les arcs sont en pierre de Marquise taillé au taillant denté. Les linteaux des portes entre les galeries du triforium et les combles du déambulatoire sont en grès quartzitique. Un des linteaux montre trois emboîtures de clivage ( figure 9 ).

Le bras sud du transept

Le vaisseau central du bras sud du transept a été construit en deux phases. La couture entre les deux parties est bien visible au niveau du triforium du mur oriental, immédiatement au nord du demi-fût de colonne qui surmonte le chapiteau de la colonne centrale ( entre la deuxième et la troisième travée ) ( figure 10 ). Une couture similaire est également repérable dans le triforium occidental (fig. 11). D’autres observations matérielles et techniques confirment la présence de ces interruptions du chantier.

Le niveau inférieur

Aux piliers les plus proches de la croisée, les pierres des socles maçonnés en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit (plan 2A) ; celles des quatre piliers séparant les deuxième et troisième, et les troisième et quatrième travées, y compris les bases profilées des colonnes y accolées, l’ont été au taillant denté ( plan 2C et figure 12a-b ). Les premiers piliers et les colonnes y attachées sont en grès quartzitique ( plan 7A-b ) ; les quatre autres en pierre de Marquise taillée au taillant denté ( plan 4b ).
Au revers du portail, soit à l’intérieur du transept, les colonnes couplées en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit ( plan 4A et fig. 13 ), de même que leurs socles (plan 2b et fig. 14) – à l’exception toutefois de quelques rares tambours qui ont été taillés au taillant denté. Les chapiteaux des premières colonnes accolées aux piliers sont en calcaire de Tournai (plan 6A), ceux des quatre autres colonnes probablement en pierre de Marquise ( plan 6b ).Les claveaux des grands arcs en pierre de Marquise des deux premières travées à partir de la croisée ont été taillés au taillant droit, tandis que ceux des deux grands arcs méridionaux l’ont été au taillant denté. La moitié sud des arcs de la deuxième travée reposant sur les piliers centraux a été, au même titre que ces piliers, taillée au taillant denté, alors que la moitié nord de ces mêmes arcs l’a été au taillant droit.



Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : fûts de colonnes monolithiques en grès quartzitique de la zone du choeur (déambulatoire). © Fr. Doperé.




Le triforium

Au niveau du triforium, il n’est pas possible de distinguer les maçonneries en craie des deux travées septentrionales de celles des deux travées méridionales. Tous les moellons ont été taillés au taillant droit. En revanche, d’autres observations s’ajoutent à celles que nous venons d’évoquer, qui confirment bel et bien une rupture de chantier. Les colonnettes du triforium des deux travées septentrionales sont en calcaire de Tournai et taillées au taillant denté; celles des deux travées méridionales, par contre, sont en pierre de Marquise, elle-même taillée au taillant denté. On ne manquera pas de signaler ici que la deuxième travée ne compte que cinq arcades, contrairement aux autres qui en comptent six. La raison tient à la couture évoquée ci-dessus. Deux fûts de colonnes en marbre poli se trouvent également dans les deux travées septentrionales du côté est. Les petites arcades s’appuyant sur les colonnettes des deux travées septentrionales sont en pierre de Marquise taillée au taillant droit ; celles qui surmontent les colonnettes des deux travées méridionales ont été quant à elles taillées au taillant denté. Entre les travées du triforium et au-dessus des chapiteaux des colonnes du rez-de-chaussée, toutes les demi-colonnes sont en pierre de Marquise. Les premières demi-colonnes septentrionales ont été taillées au taillant droit, les autres au taillant denté. L’examen des contreforts fait apparaître une répartition semblable à celle des demi-colonnes. Les premiers contreforts septentrionaux ont été taillés au taillant droit, les autres (ceux du milieu et ceux au sud) au taillant denté. Enfin, les linteaux des portes qui, depuis le triforium, donnent accès aux combles des bas-côtés sont en grès quartzitique dans les deux travées septentrionales, alors qu’au sud, du côté est, ils sont en pierre de Marquise. Du côté ouest, si les choses sont moins claires, il est du moins assuré qu’il ne s’agit pas de grès quartzitique.

Le clair étage

Le niveau des fenêtres hautes semble être beaucoup plus récent que le niveau du triforium et celui des grandes arcades. Il est aussi beaucoup plus difficile à analyser parce qu’il a été soumis à des restaurations vigoureuses : toutes les pierres ont été soit grattées à la ripe, soit taillées au ciseau. Un seul des glacis de fenêtre n’a pas été touché, celui de la deuxième fenêtre du côté est. Les pierres y ont été taillées au taillant droit et pourvues d’une ciselure brute comparable à celle que l’on observe sur le calcaire gréseux en brabant (belgique).






Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur occidental du croisillon sud du transept, entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.





Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur oriental du croisillon sud du transept, entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.










Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : base de l’un des piliers des deux dernières travées du croisillon sud du transept ; détail des traces de taillant denté. © Fr. Doperé.









Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : détail des traces de taillant droit sur la base de l’une des doubles colonnes en pierre de Marquise du revers du mur de façade du croisillon sud du transept.
© Fr. Doperé.






Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : colonne en pierre de Marquise du revers du mur de façade du croisillon sud du transept ; traces de l’utilisation du taillant droit. © Fr. Doperé.





La grande rose

Les surfaces de la grande rose de la façade méridionale, en craie, ont été grattées à la ripe. En plusieurs endroits, on remarque les marques laissées par le tailleur de pierre : des triangles dont les trois côtés ne sont prolongés que d’un seul côté. Le glacis intérieur était en pierre de Marquise. Il ne subsiste de la structure originale que les deux extrémités taillées au taillant denté.

Le portail sud

Le portail sud montre une très grande diversité de techniques de taille des pierres. L’une des raisons essentielles tient bien sûr aux interventions tardives et aux restaurations du xIxe s., mais on y constate également qu’un certain nombre d’éléments manifestement authentiques ont été façonnés au taillant droit – relevant donc de la première phase de construction du transept – alors que d’autres l’ont été au taillant denté – relevant ceux-ci de sa deuxième phase de construction. Les deux piédroits du portail qui soutiennent le tympan à gauche et à droite sont en pierre de Marquise taillé au taillant droit (plan 4A et fig. 15a-b), exactement comme les éléments constituant les premières travées du bras sud du transept se trouvant près de la croisée. Le trumeau central est également édifié en pierre de Marquise mais, à la différence des piédroits, il a été taillé au taillant denté (plan 4b et fig. 16a-b), de même que les travées méridionales plus récentes du transept. Ces traces au taillant denté sont surtout bien visibles à l’arrière du trumeau, là où l’érosion n’a pu avoir aucun impact. Certains blocs semblent toutefois présenter également des traces du taillant droit sur les faces exposées à l’extérieur. À l’analyse, il s’agit ici encore en réalité de traces du taillant denté, ces dernières, après érosion, pouvant elles-mêmes finir par passer pour des traces du taillant droit. En réexaminant ces traces érodées en détail, de fait, il est possible de repérer à certains endroits les impacts laissés par les dents de cet outil. On notera néanmoins que les deux consoles sculptées du trumeau montrent bien des traces du taillant droit, en particulier la console de droite, au-dessus de la partie sculptée. Sur la face visible, et érodée, du grand linteau sommant les piédroits, le trumeau et les piédroits sont identifiables des traces de taillant droit ; l’intrados du linteau, quant à lui, présente des traces de taillant denté. Il est vraisemblable qu’ici à nouveau, sur la face la plus exposée, les traces présumées de taillant droit correspondent à des traces érodées du taillant denté. Il est peu probable en effet que cet élément structurel ait été taillé avec deux outils différents. Il n’est en revanche pas possible de décrire les traces laissées par les outils du ou des sculpteurs au tympan. L’ensemble de ses surfaces, sur le fond et les figures en haut relief, laissent voir en effet de très nombreuses traces de la ripe, résultat d’un « nettoyage », d’une « restauration » voire d’une « retaille » qui furent suffisamment profonds pour faire disparaître à jamais la touche des sculpteurs primitifs. Une proposition de chronologie basée sur ces traces de « mutilation » n’est donc pas possible dans la cadre de l’étude des techniques de taille médiévales. Déterminer l’époque à laquelle les arcs de l’auvent du portail ont été façonnés paraît impossible, leurs claveaux en craie ayant été uniformément taillés au taillant droit, tant derrière les sculptures que sur les profils. L’examen des maçonneries en craie situées entre les galeries du triforium et les combles des bascôtés du bras sud du transept a démontré en effet que le taillant droit fut utilisé non seulement dans les deux premières travées à partir de la croisée, mais aussi dans les deux travées suivantes. Une chronologie fine de la taille de la pierre n’est dès lors pas envisageable pour les parties du portail construites en craie.








Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : piédroit en pierre de Marquise du portail méridional et détail des traces de taillant droit. © Fr. Doperé.









Le bras nord du transept

De même que dans le bras sud du transept, dans le bras nord, le vaisseau central a été construit en deux phases. Une couture séparant les deux parties est ici encore parfaitement visible au niveau du triforium du mur oriental, juste au sud de la demi-colonne surmontant le chapiteau de la colonne centrale entre la deuxième et la troisième travée (fig. 17). Ladite couture n’est toutefois pas visible dans le triforium occidental, mais nombre d’indices matériels et techniques y confirment également l’évolution du chantier en deux phases.

Le niveau inférieur

Les socles des piliers qui s’élèvent au plus près de la croisée (plan 2A) sont en pierre de Marquise ; ils ont été façonnés au taillant droit. Les pierres des deux piliers centraux et des deux piliers septentrionaux, ainsi que des pilastres s’appuyant sur le mur septentrional, ont elles-mêmes été taillées avec cet outil, mais elles ont reçu en outre une ciselure périphérique brute, identique à ce que l’on observe sur les moellons en calcaire gréseux typiques du brabant de la première moitié du xVe s. (plan 2D et fig. 18). Les premiers piliers et les colonnes y accolées sont en grès quartzitique (plan 7A-b). Les quatre autres piliers et les pilastres sont par contre en pierre de Marquise et taillés au taillant droit (plan 4C). Ils sont en outre caractérisés par une ciselure périphérique brute (fig. 19). Les chapiteaux des premières colonnes accolées aux piliers sont en calcaire de Tournai (plan 6A) ; les chapiteaux des autres supports sont probablement en pierre de Marquise (plan 6b). Les claveaux des grands arcs en pierre de Marquise des deux premières travées, près de la croisée, ont été façonnés au taillant droit. Pour les deux travées septentrionales, c’est également cet outil qui a été utilisé ; en outre, les blocs ont reçu une ciselure périphérique brute, identique à celle évoquée plus haut. La moitié nord des arcs de la deuxième travée et la partie supérieure de la moitié sud des mêmes arcs ont été grattés à la ripe, tandis que leur partie inférieure a été taillée au taillant droit. Le portail septentrional est en pierre de Marquise. Les pierres sont taillées au taillant droit et ont reçu une ciselure périphérique brute (plan 4C).








Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : trumeau en pierre de Marquise du portail méridional et traces de taillant denté. © Fr. Doperé.
















Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : traces de l’usage du ciseau (ciselure périphérique) pour l’encadrement des moellons de l’un des piliers de l’extrémité du croisillon nord du transept.
© Fr. Doperé.






Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur oriental du croisillon nord du transept entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.











Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : traces de l’usage du ciseau (ciselure périphérique) pour l’encadrement des moellons de l’un des piliers de l’extrémité du croisillon nord du transept.
© Fr. Doperé.






Le Triforium

Au niveau du triforium, d’autres observations fournissent autant d’arguments en faveur de la thèse de l’interruption du chantier. Ainsi les pierres des maçonneries en craie séparant les galeries du triforium et les combles des bas-côtés présentent-elles des traces de taille différentes. Les maçonneries en craie des deux travées situées directement au nord de la croisée ont été façonnées au taillant droit, tandis que celles des deux travées suivantes, vers la façade septentrionale, ont été grattées à la ripe. Ces traces ne sont repérables qu’à l’est ; du fait de l’érosion de surface, les traces d’outils ont complètement disparu sur le mur occidental exposé aux intempéries. Les colonnettes des travées jouxtant la croisée sont en calcaire de Tournai et taillées au taillant denté ; deux d’entre elles sont polies. Dans les deux travées suivantes, la situation est plus complexe. Trois des quatre galeries contiennent des colonnettes en calcaire de Tournai, également taillées au taillant denté ou polies, mais celles-ci sont pourvues de bases octogonales. La galerie occidentale de la travée située le plus au nord contient quant à elle des colonnettes en pierre de Marquise taillées au taillant denté, elles-mêmes munies de bases octogonales. On ne manquera pas de noter ici que la deuxième travée ne compte que cinq arcades sur colonnettes, au lieu de six dans les autres travées. Cette anomalie s’explique par la couture évoquée ci-dessus. Toutes les demi-colonnes situées entre les travées du triforium et au-dessus des supports du rez-de-chaussée sont en pierre de Marquise. Les premières demi-colonnes méridionales sont taillées au taillant droit, les autres au ciseau. Les contreforts situés qui surmontent les bas-côtés, entre les travées, se présentent selon la même logique que les demi-colonnes. Les premiers contreforts méridionaux ont ainsi été façonnés au taillant droit, les autres (ceux du milieu et ceux au nord) au ciseau. Le premier contrefort occidental, fort érodé, présente cependant des traces du ciseau. Comme il s’agit là d’une exception, la question se pose de savoir si ces traces ne seraient pas le résultat d’une restauration. Dans les deux premières travées, les linteaux des portes donnant accès, depuis le triforium, aux combles des bas-côtés sont en grès quartzitique. Les linteaux de la troisième travée sont par contre en pierre de Marquise et ont été taillés au ciseau. Les remplages des fenêtres supérieures ainsi que ceux de la grande fenêtre de la façade septentrionale sont en craie grattée à la ripe.


























Plans 1 à 6 — 1. Distribution de la craie présentant des traces de la taille de la pierre d’origine au rez-de-chaussée du choeur et du transept. Utilisation du taillant droit (marteau taillant) (A) et de la ripe (b) ; 2. Distribution de la pierre de Marquise dans les socles et les bases des supports au rezde- chaussée du choeur et du transept. Socle maçonné, taillé au taillant droit (marteau taillant) (A) ; socle maçonné et base profilée, taillés au taillant droit (b) ; socle maçonné et base profilée, taillés au taillant denté (gradine) (C) ; socle taillé au taillant droit (marteau taillant) avec ciselure périphérique (D) ; 3. Distribution des socles-bases avec sculptures en pierre de Marquise dans le déambulatoire et le transept sud (A) ; 4. Distribution de la pierre de Marquise dans les supports du choeur et du transept. Pierres taillées au taillant droit (marteau taillant) (A) ; pierres taillées au taillant denté (gradine) (b) ; pierres taillées au taillant droit (marteau taillant) avec ciselure périphérique (C) ; 5. Distribution du calcaire de Tournai taillé au taillant denté (gradine) dans les socles et les bases du choeur et du transept. Profil du socle en calcaire de Tournai (A) ; profil de la base en calcaire de Tournai (b) ; profils du socle et de la base en calcaire de Tournai (C) ; 6. Distribution du calcaire de Tournai, de la pierre de Marquise et de la craie dans les chapiteaux du choeur et du transept. Calcaire de Tournai (A) ; pierre de Marquise (b) ; craie (C).










Plans 7 — Distribution du grès quartzitique taillé à la broche parmi les colonnes du choeur et du transept. Colonne en délit avec anneaux en fer (A) ; colonne maçonnée avec des pierres en lit de carrière (b).









Synthèse

Techniques de taille utilisées sur la craie (plan 1)

On l’a vu : l’étude des techniques de taille médiévales utilisées sur la craie est rendue difficile en raison des interventions des restaurateurs des xIxe et xxe s., lesquels ont souvent systématiquement gratté l’épiderme des pierres anciennes, faisant ainsi disparaître les techniques de taille d’origine. Néanmoins, pour retrouver des traces de ces techniques de taille anciennes, il suffit parfois d’examiner des endroits protégés tels les angles, ou ceux qui se trouvent derrière les colonnettes, endroits que les restaurateurs n’ont pu atteindre avec leurs outils. On rappellera toutefois qu’à certaines époques plus récentes – au xVe s., par exemple –, le grattage à la ripe fut une technique de taille normalement utilisée. Distinguer le grattage des restaurateurs du xIxe ou du xxe s., de celui des tailleurs antérieurs est extrêmement malaisé. Nous n’avons à ce jour, à vrai dire, pas encore réussi à trouver le moyen de distinguer ces grattages d’époques anciennes de ceux des restaurateurs plus récents. quoi qu’il en soit de ces difficultés, voici ce qu’il est possible aujourd’hui de conclure de nos observations : - Au xIIe s., le taillant droit (marteau taillant) a été utilisé sur le parement extérieur du mur du déambulatoire ; la craie équarrie y laisse voir en certains endroits en tout cas des traces de cet outil.
- Aux xIIIe et xIVe s., le taillant droit a été utilisé sur les maçonneries séparant le triforium et les combles des bas-côtés du transept sud. Sur les arcs de l’auvent précédant le portail sud, les traces du taillant droit sur la craie sont croisées.
- Au xVe s., la ripe fut utilisée à plusieurs endroits. Les maçonneries entre les galeries du triforium et les combles des bas-côtés du transept nord attestent que la ripe a bel et bien été l’outil utilisé au xVe s. ; les traces de cet outil ne sont donc pas toujours le résultat d’interventions de restaurateurs du xIxe ou du xxe s. Alors que, dans les travées méridionales du xIIIe s., c’est le taillant droit qui a été manié, dans les deux travées septentrionales ajoutées au cours du xVe s., la ripe a été utilisée de façon systématique. On notera également que dans la prolongation du transept nord du xVe s. (bas-côté occidental), un socle de colonnette a manifestement été gratté à la ripe dès sa création ( plan 1b ). Au vu de ce que nous savons désormais des techniques de taille mises en oeuvre au niveau des combles, ce constat ne présente rien d’étonnant. Cette manière de procéder s’inscrit parfaitement dans son époque.

Techniques de taille utilisées sur la pierre de Marquise (plans 2-4)

- Aux xIIe et xIIIe s., le taillant droit a été utilisé sur les socles des colonnes adossées au mur du déambulatoire, et sur les socles des piliers et des colonnes du choeur.
- Au xIVe s., c’est du taillant denté ( gradine ) dont les tailleurs se sont servis. On en trouve des traces sur les socles et les piliers des travées ajoutées au bras sud du transept sud à cette époque.
- Au xVe s., le taillant droit fut de nouveau utilisé sur l’essentiel des surfaces des blocs, mais ceux-ci reçurent en outre une ciselure périphérique brute, ce qu’attestent les socles des piliers et des colonnes de l’extension du bras nord du transept.

Techniques de taille utilisées sur le calcaire de Tournai (plan 5)

Aux xIIe et xIIIe s., le taillant denté (gradine) est privilégié. On en trouve des traces sur les socles des colonnes s’élevant contre le mur du déambulatoire, de même que sur les socles et les bases des piliers et des colonnes du choeur.

Techniques de taille utilisées sur le grés quartzitique (plan 7)

Les pierres en grés quartzitique ont été uniformément taillées à la broche. Cela n’est pas très étonnant vu la dureté de ce matériel. Ce qui est plus remarquable, ce sont les dimensions exceptionnelles des fûts des colonnes. La plupart des colonnes du choeur sont composées de deux éléments dont l’élément inférieur mesure plus de 3 m. Mais il y a aussi une colonne monolithique dont la hauteur dépasse les 5 m. Le diamètre varie entre 38 et 40 cm. On signalera à ce propos que, derrière l’emplacement de l’ancienne abbatiale de Clairmarais près de Saint-Omer, gît une colonne brisée en grés quartzitique longue de 4,83 m et d’un diamètre de 33 cm.

Le montage du portail dans la façade à la lumière des observations techniques

L’hypothèse que la plupart des auteurs ont jusqu’ici privilégiée veut que le coeur du portail, en l’occurrence ses parties supposées être les plus anciennes, aient d’abord été élevées à la hauteur de l’arc séparant les deuxième et la troisième travées du bras sud du transept. Pourtant, les éléments architectoniques et structurels qui permettraient de conforter cette hypothèse font défaut. Force est d’en convenir, un tel portail à l’extrémité de la deuxième travée du bras sud du transept est difficile à imaginer. quoi qu’il en soit, on notera que, dans le bras nord, une absidiole remontant à l’époque romane prend place à la troisième travée, soit dans l’une des parties du transept qui, si l’on suit Alexandre Hermand et ses épigones, auraient été ajoutées au xIVe s. pour agrandir l’édifice. On peut raisonnablement supposer que cette absidiole romane avait son pendant dans le bras sud. Si l’on admet que le transept gothique ne comportait à l’origine que deux travées de chaque côté de la croisée, force est donc de constater qu’il aurait été plus court que le transept roman qui l’avait précédé, ce qui, on en conviendra, est peu vraisemblable. L’hypothèse du montage intégral du portail à son emplacement actuel dès la fin du xIIIe s. est beaucoup plus plausible. À bien y regarder, les documents d’archives sur lesquels s’appuient Alexandre Hermand et Louis Deschamps de Pas pour fonder leur hypothèse7 ne sont pas incompatibles avec l’hypothèse d’un portail élevé dès l’origine pour clore la quatrième travée du transept. Il est tout à fait possible que les mentions des comptes de fabrique, et notamment la mention ratione operis novi portalis versus meridiem8, témoignent non d’un déplacement mais de modifications substantiellesapportées au portail du xIIIe s. Cette chronologie est globalement corroborée par les traces d’outils, celles en particulier qui sont repérables au revers de la façade dans laquelle le portail est percé, où les supports ont sans doute vu le jour en deux temps9. De fait, les deux premières travées septentrionales du transept sud, datables, rappelons-le, du troisième quart du xIIIe s., ont semble-t-il été mises en oeuvre au même moment que l’essentiel de la structure du portail, ce qui expliquerait une certaine parenté entre les socles de leurs piliers et ceux des doubles colonnes du revers de la façade. Ces socles maçonnés, en outre, sont de part et d’autre en pierre de Marquise et ont été taillés au taillant droit. On ne manquera pas de noter également que les socles du revers de la façade sont agrémentés, de même que ceux qui se trouvent dans le déambulatoire, contemporain de la croisée, d’éléments végétaux ou de têtes humaines. C’est là encore un indice de ce que les supports du revers de la façade sud auront probablement été mis en place dès la première phase de la construction, au cours de laquelle les murs externes furent édifiés.





Figure 20 — Suture repérable au niveau de la voûte entre les deuxième et troisième travées du bas-côté est, dans le croisillon sud du transept.
© Fr. Doperé.




Ainsi, nous distinguons une première phase de construction, à laquelle appartiendraient les socles décorés de sculptures au revers du portail méridional et dans le déambulatoire, suivie d’une deuxième phase à laquelle serait à rattacher l’élévation des supports du choeur, de la croisée du transept et de la première pile est et ouest du transept, ainsi que du triforium. À ce stade, le chantier était interrompu à l’extrémité de la deuxième travée par des contreforts puissants que l’on voit aujourd’hui encore entre la deuxième et la troisième travée. La présence de ces contreforts explique que cinq arcatures seulement décorent le triforium dans la deuxième travée. Dans une troisième phase, enfin, le transept fut achevé par la construction des deux travées manquantes. C’est à cette reprise des travaux que nous devons attribuer les colonnes engagées du revers de la façade méridionale10, jusqu’alors inutiles structurellement, mais devenues indispensables pour compléter le transept. Lors de cette troisième phase, les piliers appartenant à l’édifice roman antérieur, localisés à l’emplacement des actuels deuxièmes piliers, auront été repris en sous-oeuvre. Tel est du moins ce que laissent entendre leurs socles, bases, colonnes et chapiteaux qui relèvent bien de cette phase ultérieure du chantier, tandis que les éléments supérieurs au niveau du triforium appartiennent bel et bien semble-t-il à la deuxième phase. Ceci pourrait s’expliquer par le maintien, entre les deuxième et troisième phases du chantier, de parties de la première construction romane. Sans doute ces structures antérieures, qui comportaient notamment une absidiole hémisphérique, semblable à celle qui existe encore au bras nord du transept, auront-elles été conservées pour contrebuter la deuxième travée du bras sud. Un mur provisoire fut par ailleurs monté dans le bas-côté est du bras sud, dans la continuité du mur de la chapelle Saint-Nicolas. La destruction de ce mur, entre les deuxième et troisième travées dudit bascôté, a laissé des traces visibles au niveau des voûtes11 (fig. 20). On gardera à l’esprit qu’à l’époque, avant le début de la troisième phase du chantier, la collégiale de Saint-Omer restait pour l’essentiel un bâtiment roman. Les deux travées extérieures de son transept et la nef étaient alors romanes, les nouvelles parties gothiques achevées se limitant au choeur avec le déambulatoire, à la croisée et aux deux premières travées du transept qui s’appuyaient alors sur les structures du xIIe s. toujours en place. Le chantier du portail sud, érigé pour ses parties les plus importantes, était quant à lui toujours en cours.


7. — HERMAND 1859 ; DESCHAMPS DE PAS 1892.
8. — HERMAND 1863, p. 3, 7-8, à partir de AMSO [Archives municipales de Saint-Omer], 2 G 2804, compte en rouleau de la fabrique de la collégiale de Saint-Omer (1395-1396). Cf. dans le présent volume, la contribution de Marie Lekane, Ludovic Nys, benoît Van den bossche et Emmanuel Joly.
9. — Les colonnes couplées en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit (marteau taillant), de même que leurs socles – mais à l’exception, toutefois, de quelques rares tambours qui sont taillés au taillant denté (gradine)..
10. — Du moins les bases et les chapiteaux, les fûts ayant été taillés préalablement, et réservés.
11. — Une large suture est en effet visible entre les travées 2 et 3, dans le bas-côté oriental du transept.

Ci-dessous, coupe en long de la Cathédrale en regardant vers le nord. Nous pouvons observer la coupe du transept nord ( en regardant vers le nord ).


Coupe en long de la Nef en regardant vers le nord



Ci-dessous, coupe en long des transepts de la Cathédrale en regardant vers l'est. Nous pouvons observer au centre le choeur.


coupe du  transept nord ( en regardant vers le nord )



Ci-dessous, coupe en long scannérisée des transepts, le scan est posé au RDC sur un axe qui traverse les Portails Nord et Sud, en regardant vers l'Est.


Coupe du transept de Notre-Dame de saint-omer|scannée au laser 3D



Ci-dessous, élévation ouest scannérisée, avec au premier plan la Tour porche et au second plan les transepts, le scan est posé sur le trottoir en face de la Tour porche, en regardant vers l'Est.


élévation ouest scannérisée,  avec au premier plan la Tour porche et au second plan les transepts


Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Transept Nord


Cathédrale de Saint-Omer | transept N E | Ensemble 4 verrières   dont deux à personnages (baies 111, 113) : Vierge à l'Enfant, Christ, saints Omer, Christophe, Catherine, Barbe, Nicolas, Aldegonde, Guillebert  | coupe du transept
Cathédrale de Saint-Omer | transept N E | Ensemble 4 verrières   dont deux à personnages (baies 111, 113) : Vierge à l'Enfant, Christ, saints Omer, Christophe, Catherine, Barbe, Nicolas, Aldegonde, Guillebert
Cathédrale de Saint-Omer | transept N E | Ensemble 4 verrières   dont deux à personnages (baies 111, 113) : Vierge à l'Enfant, Christ, saints Omer, Christophe, Catherine, Barbe, Nicolas, Aldegonde, Guillebert

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Est Baie 113


Cathédrale de Saint-Omer | transept N E | baie 113 De gauche à droite : saint Omer devant qui un chanoine est à genoux, saint Christophe portant le Christ, sainte Catherine portant l’épée, la Vierge et l’enfant, sainte Barbe et sa tour, saint Nicolas et son saloir

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Est Baie 113


Photo du vitrail redressée par Michel Caillon, qu'il offre aux "amis de la Cathédrale" pour alimenter le site web "cathedrale-saint-omer.com".
Description de la Baie 113 : De gauche à droite : saint Omer devant qui un chanoine est à genoux, saint Christophe portant le Christ, sainte Catherine portant l’épée, la Vierge et l’enfant, sainte Barbe et sa tour, saint Nicolas et son saloir.
Les deux premières fenêtres Est sont garnies de vitraux du XV ème : saint Omer (croix double sur la poitrine) avec un donateur / saint Christophe (barbe et cheveux ondulés, lourd manteau bleu brodé d’or) / sainte Catherine foule aux pieds son persécuteur, Maximien, et tient une longue épée, son costume avec un surcot d’hermine connu dans le troisième quart du XV aide à la datation / Marie et l’enfant / sainte Barbe tient une tour et la palme de martyre / saint Nicolas bénit la cuve d’où sortent les trois enfants. cliquez ICI

saint Omer devant qui un chanoine est à genoux, saint Christophe portant le Christ, sainte Catherine portant l’épée, la Vierge et l’enfant, sainte Barbe et sa tour, saint Nicolas et son saloir



Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Est Baie 111


Cathédrale de Saint-Omer | transept N E |  baie 111 Guillebert / Vierge à l'Enfant / Christophe /  Aldegonde /  Nicolas

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Est Baie 111


Photo du vitrail redressée par Michel Caillon, qu'il offre aux "amis de la Cathédrale" pour alimenter le site web "cathedrale-saint-omer.com".
Description de la Baie 111 : Guillebert / Vierge à l'Enfant / Christophe / Aldegonde / Nicolas ; cliquez ICI

Guillebert / Vierge à l'Enfant / Christophe /  Aldegonde /  Nicolas



Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Est 2 Baies verre teinté bleu


Vitraux Transept Nord Est 2 Baies verre teinté bleu

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Est coupe en travers


Vitraux Transept Nord Est coupe en travers

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Ouest coupe en travers


Vitraux Transept Nord Ouest coupe en travers

Cathédrale de Saint-Omer | transept N O | Ensemble 4 verrières  non personnalisées

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Vitraux Transept Nord Ouest


Vitraux Transept Nord Ouest baies 121 123 125 127

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Rosace Transept Nord


Cathédrale de Saint-Omer | rosace Nord | Rose à remplage supérieur en forme de fleur de lys. Deux écoinçons dans le bas forment une base horizontale. Verre à dominante rouge. Tout autour, multiples mouchettes entremêlées, à dominante bleue. Quadrilobes aux angles inférieurs sur pointe carrée.
Cathédrale de Saint-Omer | rosace Nord | Rose à remplage supérieur en forme de fleur de lys. Deux écoinçons dans le bas forment une base horizontale. Verre à dominante rouge. Tout autour, multiples mouchettes entremêlées, à dominante bleue. Quadrilobes aux angles inférieurs sur pointe carrée.
Cathédrale de Saint-Omer | rosace Nord | Rose à remplage supérieur en forme de fleur de lys. Deux écoinçons dans le bas forment une base horizontale. Verre à dominante rouge. Tout autour, multiples mouchettes entremêlées, à dominante bleue. Quadrilobes aux angles inférieurs sur pointe carrée.

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Rosace Transept Nord


Photo du vitrail redressée par Michel Caillon, qu'il offre aux "amis de la Cathédrale" pour alimenter le site web "cathedrale-saint-omer.com".
Description de la Verrière (baie 115) : Rose du bras nord du transept ; cliquez ICI

Rosace Transept Nord

Notre-Dame de Saint-Omer, ❎ Transept Nord charpente


Ci-dessous quelques photographies des combles, ou vous constaterez que les travaux de couverture provisoire de la toiture existante sont en cours d'exécution.

Rosace Transept Nord



Rosace Transept Nord



Rosace Transept Nord



Rosace Transept Nord



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