Nef

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Sources

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Son Histoire

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Description architecturale des Nef, Transepts, Choeur, Déambulatoire, Tour porche, Chapelles

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REVUE DU NORD sous la direction de Ludovic Nys et Benoît Van den Bossche

Hors série. Collection Art et Archéologie. N° 25. 2017. Université de Lille. Sciences humaines et sociales.

FRANS DOPERÉ

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Archéologie Architecturale

Ce que disent les traces d’outil au sujet du bras sud du transept de la collégiale de Saint-Omer et de son portail

L’ancienne collégiale Notre-Dame de Saint-Omer, devenue cathédrale au xVIe s., est l’un des rares témoins des débuts de l’architecture gothique dans une région où la plupart des grands édifices de cette époque ont disparu. Du point de vue de l’histoire de sa construction, son intérêt réside en outre dans le fait qu’y ont été utilisés conjointement quatre types de pierre différents. Ce constat ouvre des perspectives intéressantes, qui doivent amener à nous interroger en priorité sur les raisons ayant présidé au choix de ces types de pierre. Il s’agira ensuite, tout en considérant les natures spécifiques de ces matériaux, d’identifier les techniques de taille mises en œuvre, de déceler leur éventuelle transposition d’un type de pierre à l’autre, si ce n’est même leur transmission d’une région à l’autre. Mais le cas de la collégiale audomaroise est encore intéressant pour d’autres motifs. Plusieurs formules architecturales furent appliquées au long du chantier, sur toute l’époque gothique, de manière singulière, conférant à l’édifice une personnalité propre1. Le décor architectural y est par ailleurs remarquable, qu’il s’agisse des chapiteaux, des remplages ou d’autres éléments encore. La collégiale, enfin, est dotée à l’extrémité du bras sud de son transept d’un portail sculpté hors du commun.

Les recherches récentes, dont les conclusions sont exposées dans le présent ouvrage2, ont démontré que, pour sa partie essentielle, le portail a été mis en œuvre dans le courant du dernier tiers du xIIIe s., mais qu’il fut remanié ensuite par étapes au xIVe s. Comment les choses se sont-elles passées ? Si la question mérite d’être soulevée, c’est que la littérature régionale consacrée à l’édifice, depuis le milieu du xIxe s., fait apparaître à ce propos des positions diverses, voire contradictoires. D’aucuns ont ainsi soutenu que le portail du xIIIe s. s’insérait à l’origine dans une façade, aujourd’hui disparue, qui se trouvait plus au nord que la façade actuelle, proche de la croisée, et qu’il fut ensuite déplacé pour intégrer l’extrémité du croisillon méridional. Pour d’autres auteurs, ledit portail aurait été construit et son décor sculpté réalisé dès le xIIIe s. là où il s’élève aujourd’hui, soit dans une façade dont on aurait perdu toute trace, soit antérieurement à la construction de cette dernière, qui pourrait n’avoir été élevée qu’un siècle plus tard, à la fin du xIVe s. Certains auteurs, enfin, ont évoqué la possibilité que le portail ait été sculpté en atelier, sur place, et que ses éléments aient attendu près d’une centaine d’années avant d’être montés.

Il ne sera pas question d’aborder ici la problématique sous l’angle, traditionnel, d’une lecture de l’architecture, qui a fait l’objet d’une analyse approfondie dans le présent ouvrage3, mais de nous focaliser sur les traces d’outils, une méthode dont l’utilité pour préciser la chronologie des chantiers médiévaux n’est plus à rappeler. S’agissant de la collégiale de Saint-Omer, singulièrement de son portail méridional, cette méthode est-elle applicable ? Les traces d’outils encore détectables en certains endroits du chœur, du déambulatoire, du bras méridional et du portail de la collégiale, sont-elles susceptibles de privilégier l’une des trois hypothèses ? Il semble bel et bien que oui. Cette démarche, au demeurant, s’appuiera sur les résultats des premières observations systématiques relatives aux matériaux qu’a livrées en 1994 Annie Blanc4. Parallèlement à Francis Tourneur, nous reprenons ici le dossier qu’elle a ouvert pour l’enrichir de nouvelles données et de nouvelles observations.

4 Blanc 1996, p. 30-31.

On se reportera, dans le présent volume, aux contributions de cet auteur.

Frans Dopéré, Universiteit Leuven ( KULeuven ).

Voir notamment Thiébaut 2006, p. 375-389.

On se reportera, dans le présent volume, à la contribution de Marie Lekane, Ludovic Nys, benoît Van den bossche et Emmanuel Joly.

Cf. la contribution de Delphine Hanquiez et de Michalis Olympios.

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REVUE DU NORD - N° 25 HORS SÉRIE COLLECTION ART ET ARCHÉOLOGIE - 2017, P. 97-111




Figure de gauche. — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle en pierre de Tournai de l’une des colonnes du déambulatoire. © Fr. Doperé.



Figure de droite. — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle et bases en pierre de Marquise des doubles colonnes adossées au revers du mur de façade du croisillon sud du transept. © Fr. Doperé.





LES DIFFÉRENTS TYPES DE PIERRES ET LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES DE TAILLE

Le déambulatoire et les travées orientales du bras sud du transept

Tous les murs du déambulatoire et du bras sud du transept ont été construits en craie. Ce matériau présente l’inconvénient, à l’extérieur, de perdre rapidement, par érosion de son épiderme, les traces du travail des tailleurs de pierre. À Saint-Omer, la situation n’est pas meilleure à l’intérieur de l’édifice car, comme c’est souvent le cas dans les édifices érigés avec ce type de pierre, les restaurateurs des xIxe et xxe s. ont mis à neuf par grattage les surfaces des maçonneries. Ainsi, en ce qui concerne les parements extérieurs, seule la partie comprise entre la chapelle centrale et la chapelle septentrionale présente encore des traces de taillant droit (marteau taillant) (plan 1A). Pour ce qui est des parements intérieurs, nous ne pouvons tirer aucune conclusion au sujet des techniques de taille d’origine. Nous nous limiterons donc à des considérations concernant la distribution du matériau.

Dans le déambulatoire et dans les chapelles du bras sud du transept, tous les chapiteaux sculptés sont en craie (plan 6C). Cela suffit-il pour conclure que tous datent de la même époque et que le mur du déambulatoire et les chapelles relèvent d’une même phase de construction ? Nous verrons que non.
Les socles maçonnés des colonnes adossées au mur du déambulatoire sont en pierre de Marquise et ont été taillés au taillant droit ; chacun de ces socles est surmonté d’une base circulaire, également en pierre de Marquise et taillée avec le même instrument. La distribution correspond à celle des chapiteaux en craie, ce qui pourrait effectivement faire croire que toutes ces parties datent de la même époque (plan 2b). On notera cependant que, dans cet ensemble de socles et de bases, les profils des socles, et eux seuls, sont en calcaire de Tournai et taillés au taillant denté (gradine) (plan 5A et fig. 1).

Des deux côtés du portail sud, par contre, les socles et les bases des doubles colonnes sont entièrement en pierre de Marquise (plan 2b et fig 2). On n’y trouve pas de profils en calcaire de Tournai en haut des socles (plan 5A). En outre, les chapiteaux ne sont pas en craie ; il s’agit ici probablement de pierre de Marquise (plan 6b et fig. 3). Ce cas particulier appelle une explication que nous livrerons ultérieurement ; il devra être pris en compte dans l’établissement de la chronologie du portail.





Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : chapiteaux des doubles colonnes adossées au revers du mur de façade du croisillon sud du transept. © Fr. Doperé.


Le chœur et la croisée

Le niveau inférieur

Dans le chœur, à la croisée et dans les premières travées des deux bras du transept, les éléments formant les supports (socles, bases, piliers et fûts des colonnes, chapiteaux) sont en pierre de Marquise, en calcaire de Tournai et en grès quartzitique. Leur distribution est régulière ; on peut donc conclure que tous ces supports relèvent d’une seule et même phase du chantier (plans 2 à 7).
Les socles maçonnés sont en pierre de Marquise équarrie et taillée au taillant droit (plan 2A). Les profils des bases des quatre piliers de la croisée et des piliers séparant la deuxième travée du chœur et l’abside (supports « forts ») sont en calcaire de Tournai taillé au taillant denté (plan 5b et fig. 4). Les profils des socles et des bases du chœur (abside comprise) (supports « faibles »), de même que ceux des deux premières travées de chacun des bras du transept sont en calcaire de Tournai taillé au taillant denté (plan 5C et fig. 5). Les piliers de la croisée et ceux qui séparent la deuxième travée du chœur et l’abside sont quant à eux entièrement en pierre de Marquise taillée au taillant droit (plan 4A et fig. 6).

Les fûts des colonnes engagées sur les piliers sont monolithiques ou composés de deux parties en délit (plan 7A). Ils sont en grès quartzitique. Ces colonnes sont fixées aux piliers, également en grès quartzitique, par des anneaux de fer : l’un juste au-dessus de la base, le deuxième plus ou moins à mi-hauteur du fût (fig. 7).
Les fûts en grès quartzitique ont des dimensions appréciables. Nous les donnons dans le tableau ci-dessous.




Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socle et base en pierre de Tournai de l’un des quatre piliers de la croisée du transept. © Fr. Doperé.




Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : socles et bases en pierre de Tournai des colonnes de la zone du choeur ( déambulatoire ). © Fr. Doperé.




— Nous donnons uniquement les dimensions des colonnes situées du côté du déambulatoire, celles qui sont situées du côté du chœur étant largement cachées par des boiseries.

Position de la colonne

Hauteur totale du fût (ml)

Hauteur de la partie inférieure du fût (ml)

Diamètre du fût (cm)

chœur, côté sud

5,15 ( monolithe ! )

5,15 ( une seule pièce ! )

Ca. 40

abside, côté sud

5,16

3,41

Ca. 38,5

abside, côté sud

5,17

3,17

Ca. 40

abside, côté sud

5,23

3,43

Ca. 38

abside, côté nord

5,21

3,22

Ca. 38

abside, côté nord

5,16

3,05

Ca. 39

abside, côté nord

5,18

3,27

Ca. 39

chœur, côté nord

5,19

2,86

?

transept S

5,23

3,22

?

transept N

5,24 et 5,19

3,52 et 3,40

?





Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : pilier occidental en grès quartzitique et composé de tambours en lit de carrière de l’une des deux extrémités du transept. © Fr. Doperé.



Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : fûts de colonnes monolithiques en grès quartzitique de la zone du choeur (déambulatoire). © Fr. Doperé.




Pour chacun des bras du transept, les deux piliers occidentaux des deux premières travées sont en grès quartzitique, mais composés de tambours en lit de carrière ( plan 7b et figure 8 ). Peut-être faut-il voir là un indice de l’épuisement des grands blocs de grès quartzitique et donc du fait que ces deux piliers ont été construits en dernier lieu et que le chantier du chœur a été mené d’est en ouest. On relèvera enfin que tous les chapiteaux surmontant les fûts en grès quartzitique sont en calcaire de Tournai ( plan 6A ).

Le triforium

Au niveau du triforium du chœur, les maçonneries sont en craie alors que les contreforts, visibles dans les combles du déambulatoire, sont en pierre de Marquise ; maçonneries et contreforts ont ici été taillés au taillant droit. Les colonnettes du triforium sont en calcaire de Tournai, taillé au taillant denté, mais ont ensuite été polies. quelques colonnettes sont elles-mêmes en marbre poli. Les arcs sont en pierre de Marquise taillé au taillant denté. Les linteaux des portes entre les galeries du triforium et les combles du déambulatoire sont en grès quartzitique. Un des linteaux montre trois emboîtures de clivage ( figure 9 ).

Le bras sud du transept

Le vaisseau central du bras sud du transept a été construit en deux phases. La couture entre les deux parties est bien visible au niveau du triforium du mur oriental, immédiatement au nord du demi-fût de colonne qui surmonte le chapiteau de la colonne centrale ( entre la deuxième et la troisième travée ) ( figure 10 ). Une couture similaire est également repérable dans le triforium occidental (fig. 11). D’autres observations matérielles et techniques confirment la présence de ces interruptions du chantier.

Le niveau inférieur

Aux piliers les plus proches de la croisée, les pierres des socles maçonnés en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit (plan 2A) ; celles des quatre piliers séparant les deuxième et troisième, et les troisième et quatrième travées, y compris les bases profilées des colonnes y accolées, l’ont été au taillant denté ( plan 2C et figure 12a-b ). Les premiers piliers et les colonnes y attachées sont en grès quartzitique ( plan 7A-b ) ; les quatre autres en pierre de Marquise taillée au taillant denté ( plan 4b ).
Au revers du portail, soit à l’intérieur du transept, les colonnes couplées en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit ( plan 4A et fig. 13 ), de même que leurs socles (plan 2b et fig. 14) – à l’exception toutefois de quelques rares tambours qui ont été taillés au taillant denté. Les chapiteaux des premières colonnes accolées aux piliers sont en calcaire de Tournai (plan 6A), ceux des quatre autres colonnes probablement en pierre de Marquise ( plan 6b ).Les claveaux des grands arcs en pierre de Marquise des deux premières travées à partir de la croisée ont été taillés au taillant droit, tandis que ceux des deux grands arcs méridionaux l’ont été au taillant denté. La moitié sud des arcs de la deuxième travée reposant sur les piliers centraux a été, au même titre que ces piliers, taillée au taillant denté, alors que la moitié nord de ces mêmes arcs l’a été au taillant droit.



Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : fûts de colonnes monolithiques en grès quartzitique de la zone du choeur (déambulatoire). © Fr. Doperé.




Le triforium

Au niveau du triforium, il n’est pas possible de distinguer les maçonneries en craie des deux travées septentrionales de celles des deux travées méridionales. Tous les moellons ont été taillés au taillant droit. En revanche, d’autres observations s’ajoutent à celles que nous venons d’évoquer, qui confirment bel et bien une rupture de chantier. Les colonnettes du triforium des deux travées septentrionales sont en calcaire de Tournai et taillées au taillant denté; celles des deux travées méridionales, par contre, sont en pierre de Marquise, elle-même taillée au taillant denté. On ne manquera pas de signaler ici que la deuxième travée ne compte que cinq arcades, contrairement aux autres qui en comptent six. La raison tient à la couture évoquée ci-dessus. Deux fûts de colonnes en marbre poli se trouvent également dans les deux travées septentrionales du côté est. Les petites arcades s’appuyant sur les colonnettes des deux travées septentrionales sont en pierre de Marquise taillée au taillant droit ; celles qui surmontent les colonnettes des deux travées méridionales ont été quant à elles taillées au taillant denté. Entre les travées du triforium et au-dessus des chapiteaux des colonnes du rez-de-chaussée, toutes les demi-colonnes sont en pierre de Marquise. Les premières demi-colonnes septentrionales ont été taillées au taillant droit, les autres au taillant denté. L’examen des contreforts fait apparaître une répartition semblable à celle des demi-colonnes. Les premiers contreforts septentrionaux ont été taillés au taillant droit, les autres (ceux du milieu et ceux au sud) au taillant denté. Enfin, les linteaux des portes qui, depuis le triforium, donnent accès aux combles des bas-côtés sont en grès quartzitique dans les deux travées septentrionales, alors qu’au sud, du côté est, ils sont en pierre de Marquise. Du côté ouest, si les choses sont moins claires, il est du moins assuré qu’il ne s’agit pas de grès quartzitique.

Le clair étage

Le niveau des fenêtres hautes semble être beaucoup plus récent que le niveau du triforium et celui des grandes arcades. Il est aussi beaucoup plus difficile à analyser parce qu’il a été soumis à des restaurations vigoureuses : toutes les pierres ont été soit grattées à la ripe, soit taillées au ciseau. Un seul des glacis de fenêtre n’a pas été touché, celui de la deuxième fenêtre du côté est. Les pierres y ont été taillées au taillant droit et pourvues d’une ciselure brute comparable à celle que l’on observe sur le calcaire gréseux en brabant (belgique).






Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur occidental du croisillon sud du transept, entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.





Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur oriental du croisillon sud du transept, entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.










Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : base de l’un des piliers des deux dernières travées du croisillon sud du transept ; détail des traces de taillant denté. © Fr. Doperé.









Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : détail des traces de taillant droit sur la base de l’une des doubles colonnes en pierre de Marquise du revers du mur de façade du croisillon sud du transept.
© Fr. Doperé.






Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : colonne en pierre de Marquise du revers du mur de façade du croisillon sud du transept ; traces de l’utilisation du taillant droit. © Fr. Doperé.





La grande rose

Les surfaces de la grande rose de la façade méridionale, en craie, ont été grattées à la ripe. En plusieurs endroits, on remarque les marques laissées par le tailleur de pierre : des triangles dont les trois côtés ne sont prolongés que d’un seul côté. Le glacis intérieur était en pierre de Marquise. Il ne subsiste de la structure originale que les deux extrémités taillées au taillant denté.

Le portail sud

Le portail sud montre une très grande diversité de techniques de taille des pierres. L’une des raisons essentielles tient bien sûr aux interventions tardives et aux restaurations du xIxe s., mais on y constate également qu’un certain nombre d’éléments manifestement authentiques ont été façonnés au taillant droit – relevant donc de la première phase de construction du transept – alors que d’autres l’ont été au taillant denté – relevant ceux-ci de sa deuxième phase de construction. Les deux piédroits du portail qui soutiennent le tympan à gauche et à droite sont en pierre de Marquise taillé au taillant droit (plan 4A et fig. 15a-b), exactement comme les éléments constituant les premières travées du bras sud du transept se trouvant près de la croisée. Le trumeau central est également édifié en pierre de Marquise mais, à la différence des piédroits, il a été taillé au taillant denté (plan 4b et fig. 16a-b), de même que les travées méridionales plus récentes du transept. Ces traces au taillant denté sont surtout bien visibles à l’arrière du trumeau, là où l’érosion n’a pu avoir aucun impact. Certains blocs semblent toutefois présenter également des traces du taillant droit sur les faces exposées à l’extérieur. À l’analyse, il s’agit ici encore en réalité de traces du taillant denté, ces dernières, après érosion, pouvant elles-mêmes finir par passer pour des traces du taillant droit. En réexaminant ces traces érodées en détail, de fait, il est possible de repérer à certains endroits les impacts laissés par les dents de cet outil. On notera néanmoins que les deux consoles sculptées du trumeau montrent bien des traces du taillant droit, en particulier la console de droite, au-dessus de la partie sculptée. Sur la face visible, et érodée, du grand linteau sommant les piédroits, le trumeau et les piédroits sont identifiables des traces de taillant droit ; l’intrados du linteau, quant à lui, présente des traces de taillant denté. Il est vraisemblable qu’ici à nouveau, sur la face la plus exposée, les traces présumées de taillant droit correspondent à des traces érodées du taillant denté. Il est peu probable en effet que cet élément structurel ait été taillé avec deux outils différents. Il n’est en revanche pas possible de décrire les traces laissées par les outils du ou des sculpteurs au tympan. L’ensemble de ses surfaces, sur le fond et les figures en haut relief, laissent voir en effet de très nombreuses traces de la ripe, résultat d’un « nettoyage », d’une « restauration » voire d’une « retaille » qui furent suffisamment profonds pour faire disparaître à jamais la touche des sculpteurs primitifs. Une proposition de chronologie basée sur ces traces de « mutilation » n’est donc pas possible dans la cadre de l’étude des techniques de taille médiévales. Déterminer l’époque à laquelle les arcs de l’auvent du portail ont été façonnés paraît impossible, leurs claveaux en craie ayant été uniformément taillés au taillant droit, tant derrière les sculptures que sur les profils. L’examen des maçonneries en craie situées entre les galeries du triforium et les combles des bascôtés du bras sud du transept a démontré en effet que le taillant droit fut utilisé non seulement dans les deux premières travées à partir de la croisée, mais aussi dans les deux travées suivantes. Une chronologie fine de la taille de la pierre n’est dès lors pas envisageable pour les parties du portail construites en craie.








Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : piédroit en pierre de Marquise du portail méridional et détail des traces de taillant droit. © Fr. Doperé.









Le bras nord du transept

De même que dans le bras sud du transept, dans le bras nord, le vaisseau central a été construit en deux phases. Une couture séparant les deux parties est ici encore parfaitement visible au niveau du triforium du mur oriental, juste au sud de la demi-colonne surmontant le chapiteau de la colonne centrale entre la deuxième et la troisième travée (fig. 17). Ladite couture n’est toutefois pas visible dans le triforium occidental, mais nombre d’indices matériels et techniques y confirment également l’évolution du chantier en deux phases.

Le niveau inférieur

Les socles des piliers qui s’élèvent au plus près de la croisée (plan 2A) sont en pierre de Marquise ; ils ont été façonnés au taillant droit. Les pierres des deux piliers centraux et des deux piliers septentrionaux, ainsi que des pilastres s’appuyant sur le mur septentrional, ont elles-mêmes été taillées avec cet outil, mais elles ont reçu en outre une ciselure périphérique brute, identique à ce que l’on observe sur les moellons en calcaire gréseux typiques du brabant de la première moitié du xVe s. (plan 2D et fig. 18). Les premiers piliers et les colonnes y accolées sont en grès quartzitique (plan 7A-b). Les quatre autres piliers et les pilastres sont par contre en pierre de Marquise et taillés au taillant droit (plan 4C). Ils sont en outre caractérisés par une ciselure périphérique brute (fig. 19). Les chapiteaux des premières colonnes accolées aux piliers sont en calcaire de Tournai (plan 6A) ; les chapiteaux des autres supports sont probablement en pierre de Marquise (plan 6b). Les claveaux des grands arcs en pierre de Marquise des deux premières travées, près de la croisée, ont été façonnés au taillant droit. Pour les deux travées septentrionales, c’est également cet outil qui a été utilisé ; en outre, les blocs ont reçu une ciselure périphérique brute, identique à celle évoquée plus haut. La moitié nord des arcs de la deuxième travée et la partie supérieure de la moitié sud des mêmes arcs ont été grattés à la ripe, tandis que leur partie inférieure a été taillée au taillant droit. Le portail septentrional est en pierre de Marquise. Les pierres sont taillées au taillant droit et ont reçu une ciselure périphérique brute (plan 4C).








Deux photographies — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : trumeau en pierre de Marquise du portail méridional et traces de taillant denté. © Fr. Doperé.
















Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : traces de l’usage du ciseau (ciselure périphérique) pour l’encadrement des moellons de l’un des piliers de l’extrémité du croisillon nord du transept.
© Fr. Doperé.






Figure de droite — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : couture repérable sur le mur oriental du croisillon nord du transept entre la deuxième et la troisième travées. © Fr. Doperé.











Figure de gauche — Saint-Omer, collégiale Notre-Dame : traces de l’usage du ciseau (ciselure périphérique) pour l’encadrement des moellons de l’un des piliers de l’extrémité du croisillon nord du transept.
© Fr. Doperé.






Le Triforium

Au niveau du triforium, d’autres observations fournissent autant d’arguments en faveur de la thèse de l’interruption du chantier. Ainsi les pierres des maçonneries en craie séparant les galeries du triforium et les combles des bas-côtés présentent-elles des traces de taille différentes. Les maçonneries en craie des deux travées situées directement au nord de la croisée ont été façonnées au taillant droit, tandis que celles des deux travées suivantes, vers la façade septentrionale, ont été grattées à la ripe. Ces traces ne sont repérables qu’à l’est ; du fait de l’érosion de surface, les traces d’outils ont complètement disparu sur le mur occidental exposé aux intempéries. Les colonnettes des travées jouxtant la croisée sont en calcaire de Tournai et taillées au taillant denté ; deux d’entre elles sont polies. Dans les deux travées suivantes, la situation est plus complexe. Trois des quatre galeries contiennent des colonnettes en calcaire de Tournai, également taillées au taillant denté ou polies, mais celles-ci sont pourvues de bases octogonales. La galerie occidentale de la travée située le plus au nord contient quant à elle des colonnettes en pierre de Marquise taillées au taillant denté, elles-mêmes munies de bases octogonales. On ne manquera pas de noter ici que la deuxième travée ne compte que cinq arcades sur colonnettes, au lieu de six dans les autres travées. Cette anomalie s’explique par la couture évoquée ci-dessus. Toutes les demi-colonnes situées entre les travées du triforium et au-dessus des supports du rez-de-chaussée sont en pierre de Marquise. Les premières demi-colonnes méridionales sont taillées au taillant droit, les autres au ciseau. Les contreforts situés qui surmontent les bas-côtés, entre les travées, se présentent selon la même logique que les demi-colonnes. Les premiers contreforts méridionaux ont ainsi été façonnés au taillant droit, les autres (ceux du milieu et ceux au nord) au ciseau. Le premier contrefort occidental, fort érodé, présente cependant des traces du ciseau. Comme il s’agit là d’une exception, la question se pose de savoir si ces traces ne seraient pas le résultat d’une restauration. Dans les deux premières travées, les linteaux des portes donnant accès, depuis le triforium, aux combles des bas-côtés sont en grès quartzitique. Les linteaux de la troisième travée sont par contre en pierre de Marquise et ont été taillés au ciseau. Les remplages des fenêtres supérieures ainsi que ceux de la grande fenêtre de la façade septentrionale sont en craie grattée à la ripe.


























Plans 1 à 6 — 1. Distribution de la craie présentant des traces de la taille de la pierre d’origine au rez-de-chaussée du choeur et du transept. Utilisation du taillant droit (marteau taillant) (A) et de la ripe (b) ; 2. Distribution de la pierre de Marquise dans les socles et les bases des supports au rezde- chaussée du choeur et du transept. Socle maçonné, taillé au taillant droit (marteau taillant) (A) ; socle maçonné et base profilée, taillés au taillant droit (b) ; socle maçonné et base profilée, taillés au taillant denté (gradine) (C) ; socle taillé au taillant droit (marteau taillant) avec ciselure périphérique (D) ; 3. Distribution des socles-bases avec sculptures en pierre de Marquise dans le déambulatoire et le transept sud (A) ; 4. Distribution de la pierre de Marquise dans les supports du choeur et du transept. Pierres taillées au taillant droit (marteau taillant) (A) ; pierres taillées au taillant denté (gradine) (b) ; pierres taillées au taillant droit (marteau taillant) avec ciselure périphérique (C) ; 5. Distribution du calcaire de Tournai taillé au taillant denté (gradine) dans les socles et les bases du choeur et du transept. Profil du socle en calcaire de Tournai (A) ; profil de la base en calcaire de Tournai (b) ; profils du socle et de la base en calcaire de Tournai (C) ; 6. Distribution du calcaire de Tournai, de la pierre de Marquise et de la craie dans les chapiteaux du choeur et du transept. Calcaire de Tournai (A) ; pierre de Marquise (b) ; craie (C).










Plans 7 — Distribution du grès quartzitique taillé à la broche parmi les colonnes du choeur et du transept. Colonne en délit avec anneaux en fer (A) ; colonne maçonnée avec des pierres en lit de carrière (b).









Synthèse

Techniques de taille utilisées sur la craie (plan 1)

On l’a vu : l’étude des techniques de taille médiévales utilisées sur la craie est rendue difficile en raison des interventions des restaurateurs des xIxe et xxe s., lesquels ont souvent systématiquement gratté l’épiderme des pierres anciennes, faisant ainsi disparaître les techniques de taille d’origine. Néanmoins, pour retrouver des traces de ces techniques de taille anciennes, il suffit parfois d’examiner des endroits protégés tels les angles, ou ceux qui se trouvent derrière les colonnettes, endroits que les restaurateurs n’ont pu atteindre avec leurs outils. On rappellera toutefois qu’à certaines époques plus récentes – au xVe s., par exemple –, le grattage à la ripe fut une technique de taille normalement utilisée. Distinguer le grattage des restaurateurs du xIxe ou du xxe s., de celui des tailleurs antérieurs est extrêmement malaisé. Nous n’avons à ce jour, à vrai dire, pas encore réussi à trouver le moyen de distinguer ces grattages d’époques anciennes de ceux des restaurateurs plus récents. quoi qu’il en soit de ces difficultés, voici ce qu’il est possible aujourd’hui de conclure de nos observations : - Au xIIe s., le taillant droit (marteau taillant) a été utilisé sur le parement extérieur du mur du déambulatoire ; la craie équarrie y laisse voir en certains endroits en tout cas des traces de cet outil.
- Aux xIIIe et xIVe s., le taillant droit a été utilisé sur les maçonneries séparant le triforium et les combles des bas-côtés du transept sud. Sur les arcs de l’auvent précédant le portail sud, les traces du taillant droit sur la craie sont croisées.
- Au xVe s., la ripe fut utilisée à plusieurs endroits. Les maçonneries entre les galeries du triforium et les combles des bas-côtés du transept nord attestent que la ripe a bel et bien été l’outil utilisé au xVe s. ; les traces de cet outil ne sont donc pas toujours le résultat d’interventions de restaurateurs du xIxe ou du xxe s. Alors que, dans les travées méridionales du xIIIe s., c’est le taillant droit qui a été manié, dans les deux travées septentrionales ajoutées au cours du xVe s., la ripe a été utilisée de façon systématique. On notera également que dans la prolongation du transept nord du xVe s. (bas-côté occidental), un socle de colonnette a manifestement été gratté à la ripe dès sa création ( plan 1b ). Au vu de ce que nous savons désormais des techniques de taille mises en oeuvre au niveau des combles, ce constat ne présente rien d’étonnant. Cette manière de procéder s’inscrit parfaitement dans son époque.

Techniques de taille utilisées sur la pierre de Marquise (plans 2-4)

- Aux xIIe et xIIIe s., le taillant droit a été utilisé sur les socles des colonnes adossées au mur du déambulatoire, et sur les socles des piliers et des colonnes du choeur.
- Au xIVe s., c’est du taillant denté ( gradine ) dont les tailleurs se sont servis. On en trouve des traces sur les socles et les piliers des travées ajoutées au bras sud du transept sud à cette époque.
- Au xVe s., le taillant droit fut de nouveau utilisé sur l’essentiel des surfaces des blocs, mais ceux-ci reçurent en outre une ciselure périphérique brute, ce qu’attestent les socles des piliers et des colonnes de l’extension du bras nord du transept.

Techniques de taille utilisées sur le calcaire de Tournai (plan 5)

Aux xIIe et xIIIe s., le taillant denté (gradine) est privilégié. On en trouve des traces sur les socles des colonnes s’élevant contre le mur du déambulatoire, de même que sur les socles et les bases des piliers et des colonnes du choeur.

Techniques de taille utilisées sur le grés quartzitique (plan 7)

Les pierres en grés quartzitique ont été uniformément taillées à la broche. Cela n’est pas très étonnant vu la dureté de ce matériel. Ce qui est plus remarquable, ce sont les dimensions exceptionnelles des fûts des colonnes. La plupart des colonnes du choeur sont composées de deux éléments dont l’élément inférieur mesure plus de 3 m. Mais il y a aussi une colonne monolithique dont la hauteur dépasse les 5 m. Le diamètre varie entre 38 et 40 cm. On signalera à ce propos que, derrière l’emplacement de l’ancienne abbatiale de Clairmarais près de Saint-Omer, gît une colonne brisée en grés quartzitique longue de 4,83 m et d’un diamètre de 33 cm.

Le montage du portail dans la façade à la lumière des observations techniques

L’hypothèse que la plupart des auteurs ont jusqu’ici privilégiée veut que le coeur du portail, en l’occurrence ses parties supposées être les plus anciennes, aient d’abord été élevées à la hauteur de l’arc séparant les deuxième et la troisième travées du bras sud du transept. Pourtant, les éléments architectoniques et structurels qui permettraient de conforter cette hypothèse font défaut. Force est d’en convenir, un tel portail à l’extrémité de la deuxième travée du bras sud du transept est difficile à imaginer. quoi qu’il en soit, on notera que, dans le bras nord, une absidiole remontant à l’époque romane prend place à la troisième travée, soit dans l’une des parties du transept qui, si l’on suit Alexandre Hermand et ses épigones, auraient été ajoutées au xIVe s. pour agrandir l’édifice. On peut raisonnablement supposer que cette absidiole romane avait son pendant dans le bras sud. Si l’on admet que le transept gothique ne comportait à l’origine que deux travées de chaque côté de la croisée, force est donc de constater qu’il aurait été plus court que le transept roman qui l’avait précédé, ce qui, on en conviendra, est peu vraisemblable. L’hypothèse du montage intégral du portail à son emplacement actuel dès la fin du xIIIe s. est beaucoup plus plausible. À bien y regarder, les documents d’archives sur lesquels s’appuient Alexandre Hermand et Louis Deschamps de Pas pour fonder leur hypothèse7 ne sont pas incompatibles avec l’hypothèse d’un portail élevé dès l’origine pour clore la quatrième travée du transept. Il est tout à fait possible que les mentions des comptes de fabrique, et notamment la mention ratione operis novi portalis versus meridiem8, témoignent non d’un déplacement mais de modifications substantiellesapportées au portail du xIIIe s. Cette chronologie est globalement corroborée par les traces d’outils, celles en particulier qui sont repérables au revers de la façade dans laquelle le portail est percé, où les supports ont sans doute vu le jour en deux temps9. De fait, les deux premières travées septentrionales du transept sud, datables, rappelons-le, du troisième quart du xIIIe s., ont semble-t-il été mises en oeuvre au même moment que l’essentiel de la structure du portail, ce qui expliquerait une certaine parenté entre les socles de leurs piliers et ceux des doubles colonnes du revers de la façade. Ces socles maçonnés, en outre, sont de part et d’autre en pierre de Marquise et ont été taillés au taillant droit. On ne manquera pas de noter également que les socles du revers de la façade sont agrémentés, de même que ceux qui se trouvent dans le déambulatoire, contemporain de la croisée, d’éléments végétaux ou de têtes humaines. C’est là encore un indice de ce que les supports du revers de la façade sud auront probablement été mis en place dès la première phase de la construction, au cours de laquelle les murs externes furent édifiés.





Figure 20 — Suture repérable au niveau de la voûte entre les deuxième et troisième travées du bas-côté est, dans le croisillon sud du transept.
© Fr. Doperé.




Ainsi, nous distinguons une première phase de construction, à laquelle appartiendraient les socles décorés de sculptures au revers du portail méridional et dans le déambulatoire, suivie d’une deuxième phase à laquelle serait à rattacher l’élévation des supports du choeur, de la croisée du transept et de la première pile est et ouest du transept, ainsi que du triforium. À ce stade, le chantier était interrompu à l’extrémité de la deuxième travée par des contreforts puissants que l’on voit aujourd’hui encore entre la deuxième et la troisième travée. La présence de ces contreforts explique que cinq arcatures seulement décorent le triforium dans la deuxième travée. Dans une troisième phase, enfin, le transept fut achevé par la construction des deux travées manquantes. C’est à cette reprise des travaux que nous devons attribuer les colonnes engagées du revers de la façade méridionale10, jusqu’alors inutiles structurellement, mais devenues indispensables pour compléter le transept. Lors de cette troisième phase, les piliers appartenant à l’édifice roman antérieur, localisés à l’emplacement des actuels deuxièmes piliers, auront été repris en sous-oeuvre. Tel est du moins ce que laissent entendre leurs socles, bases, colonnes et chapiteaux qui relèvent bien de cette phase ultérieure du chantier, tandis que les éléments supérieurs au niveau du triforium appartiennent bel et bien semble-t-il à la deuxième phase. Ceci pourrait s’expliquer par le maintien, entre les deuxième et troisième phases du chantier, de parties de la première construction romane. Sans doute ces structures antérieures, qui comportaient notamment une absidiole hémisphérique, semblable à celle qui existe encore au bras nord du transept, auront-elles été conservées pour contrebuter la deuxième travée du bras sud. Un mur provisoire fut par ailleurs monté dans le bas-côté est du bras sud, dans la continuité du mur de la chapelle Saint-Nicolas. La destruction de ce mur, entre les deuxième et troisième travées dudit bascôté, a laissé des traces visibles au niveau des voûtes11 (fig. 20). On gardera à l’esprit qu’à l’époque, avant le début de la troisième phase du chantier, la collégiale de Saint-Omer restait pour l’essentiel un bâtiment roman. Les deux travées extérieures de son transept et la nef étaient alors romanes, les nouvelles parties gothiques achevées se limitant au choeur avec le déambulatoire, à la croisée et aux deux premières travées du transept qui s’appuyaient alors sur les structures du xIIe s. toujours en place. Le chantier du portail sud, érigé pour ses parties les plus importantes, était quant à lui toujours en cours.


7. — HERMAND 1859 ; DESCHAMPS DE PAS 1892.
8. — HERMAND 1863, p. 3, 7-8, à partir de AMSO [Archives municipales de Saint-Omer], 2 G 2804, compte en rouleau de la fabrique de la collégiale de Saint-Omer (1395-1396). Cf. dans le présent volume, la contribution de Marie Lekane, Ludovic Nys, benoît Van den bossche et Emmanuel Joly.
9. — Les colonnes couplées en pierre de Marquise ont été taillées au taillant droit (marteau taillant), de même que leurs socles – mais à l’exception, toutefois, de quelques rares tambours qui sont taillés au taillant denté (gradine)..
10. — Du moins les bases et les chapiteaux, les fûts ayant été taillés préalablement, et réservés.
11. — Une large suture est en effet visible entre les travées 2 et 3, dans le bas-côté oriental du transept.



Ci-dessous, coupe en long de la Cathédrale en regardant vers le nord.


Coupe en long de la Nef en regardant vers le nord



Ci-dessous, coupe transversale de la Nef en regardant vers l'ouest.


Coupe en long de la Nef en regardant vers le nord



Ci-dessous, coupe transversale de la Nef ( zoom ) en regardant vers l'ouest.


Coupe en long de la Nef en regardant vers le nord



Ci-dessous coupe scannérisée de la Nef, le scan est posé au RDC sur un axe qui traverse en leur centre les ( chapelle repére P à Portail nord ouest ).


Coupe de la Nef de Notre-Dame de saint-omer|scannée au laser 3D



Ci-dessous coupe scannérisée agrandie de la Nef, le scan est posé au RDC sur un axe qui traverse en leur centre les ( chapelle repére P à Portail nord ouest ).


Coupe de la Nef de Notre-Dame de saint-omer|scannée au laser 3D



Ci-dessous coupe scannérisée de la Nef, le scan est posé au RDC sur un axe qui traverse en leur centre les ( chapelle repére S à chapelle repère N ).


Coupe de la Nef de Notre-Dame de saint-omer|scannée au laser 3D



Ci-dessous coupe scannérisée agrandie de la Nef, le scan est posé au RDC sur un axe qui traverse en leur centre les ( chapelle repére S à chapelle repère N ).


Coupe de la Nef de Notre-Dame de saint-omer|scannée au laser 3D




Ci-dessous coupe scannérisée agrandie de la Nef, le scan est posé au RDC sur un axe qui traverse en leur centre les ( chapelle repére S à chapelle repère N ).

Coupe de la Nef de Notre-Dame de saint-omer|scannée au laser 3D




Ci-dessous coupe en long scannérisée de la Cathédrale, coupe en regardant vers le nord. De la Tour porche à la chapelle Absidale en passant par le Transept et le Choeur.

coupe en long scannérisée   de la Cathédrale, coupe en regardant vers le nord. De la Tour porche à la chapelle Absidale en passant par le Transept et le Choeur



Ci-dessous les travées centrales de la Nef.


Nef partie centrale



Nef partie centrale



Nef partie centrale



Nef partie centrale



Nef partie centrale



Nef partie centrale



Ci-dessous les travées nord de la Nef, également nommé collatéral nord.




Nef travées nord



Nef travées nord



Ci-dessous les travées sud de la Nef, également nommé collatéral sud.




Nef travées sud



Nef travées sud



Ci-dessous cinq photographies de la Nef, dont la dernière prise sous les grandes orgues.

Nef partie centrale
Nef partie centrale
Nef partie centrale
Nef partie centrale
Nef partie centrale sous les orgues

Ci-dessous deux photographies de la partie centrale de la Nef.

Cathédrale de Saint-Omer -  dallage de la Nef, travées centrales A1 - A8
Cathédrale de Saint-Omer -  dallage de la Nef, travées centrales A1 - A8

Ci-dessous quelques photographies de la partie centrale de la Nef et de ses collatéraux.

Cathédrale de Saint-Omer -    Nef collatéral sud
Cathédrale de Saint-Omer -    Nef collatéral sud
Cathédrale de Saint-Omer -     Nef sous le grand orgue
 Nef sous le grand orgue
Cathédrale de Saint-Omer -  partie centrale de la Nef et  collatéral sud
Cathédrale de Saint-Omer -  collatéral sud tombeau d'Eustache de Croy
Cathédrale de Saint-Omer -  Nef sous le grand orgue - portail nord ouest



Mise à jour du 05/06/2026 : ajout de la description des 12 croix de consécration.
Ci-dessous trois photographies des piliers de la Nef. Vous remarquerez que les 12 piliers de la Nef portent une croix peinte, ce sont des croix de consécration, en effet, la Collégiale est devenue Cathédrale en date du 11 Mars 1561 ' Bulle Papale - De statu ecclesiarum '. Ces croix ont été peintes quelques jours avant la consécration et après réception à Saint-Omer de la Bulle Papale ( fin Avril 1561 ). Ces croix, sont au nombre de douze ( comme les Apôtres ), et, elles rappellent qu'à cette date, la Collégiale devint Cathédrale, en remplacement de la Cathédrale de Thérouanne rasée sur l'ordre de Charles Quint en 1553. A cette époque, la ville de Thérouanne ( située à 14 kms au sud de Saint-Omer ), appartenait au royaume de France alors que Saint-Omer appartenait au saint empire romain Germanique. Il convient de rappeller que de 1551 à 1713 le département du Nord et la moitié 'Est' du département du Pas-de-calais étaient tombés aux mains des Pays bas Espagnols ( Pays bas Espagnols, eux-mêmes composante du saint empire Romain Germanique ).
Pour faire court, sachez que dès 1551, les habitants de Thérouanne harcelèrent en permanance ( par des actions militaires ) les garnisons des Pays bas Espagnols ( les envahisseurs ) chargées de défendre la nouvelle frontière, les habitants de la ville d'Hesdin se livrèrent également aux mêmes types d'opérations militaires. Incapable de réduire ces poches de résistance, Charles Quint exédé fit raser ces deux villes !
Si vous désirez tout savoir sur cet épisode c'est ICI

Vous remarquerez que les 12 piliers de la Nef portent une croix peinte, ce sont des croix de consécration, qui datent du 11 Mars 1561
Vous remarquerez que les 12 piliers de la Nef portent une croix peinte, ce sont des croix de consécration, qui datent du 11 Mars 1561
Vous remarquerez que les 12 piliers de la Nef portent une croix peinte, ce sont des croix de consécration, qui datent du 11 Mars 1561



Ci-dessous quelques photos des combles de la Nef. Vous remarquerez que les travaux de couverture provisoire de l'ensemble de la toiture de Notre-Dame ont commencé.

Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture



Nef couverture provisoire de la toiture


Ci-dessous photographies des travaux de couverture provisoire de la Nef côté nord.




Nef couverture provisoire de la toiture

Nef couverture provisoire de la toiture

Nef couverture provisoire de la toiture



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