Nef :

Tableaux, Bas et Hauts reliefs de la travée 08

Vous pouvez facilement repérer cette chapelle sur la vue en plan de la Cathédrale que vous trouverez ci-dessous, en effet, son emprise au sol est colorée en jaune.

Sources Christian Jungling

Description du médaillon supérieur
SANCTE AUDOMARE / Saint-Omer, CIVITATIS PATRONE / défenseur de la cité, ORA PRO NOBIS / priez pour nous.
Description dans le corps du bas-relief
DNE DILEXI DECOREM DOMVS TVAE / Seigneur j'ai aimé la beauté de votre demeure.
Description de l'épitaphe
"PETRO FRANCISCO FERDINANDO DVRIEZ DECANO MAIORI AVDOMAREN CANONICO ATREBATEN EQVITI ORD S SEPVLCRI AVEM PAVPERES PATREM SCHOLAE AMBAE CATHOLICAE CONDITOREM B V MARIA A MIRACVLIS CVLTVS SVI STVDIOSVM AC SVAE A PIO PP IX CORONAE DEPRECATOREMTEMPLVM HOC RESTITVTOREM ET ANNIS PENE LI CVRIONEM HABVERE CVJVS VITAM ONNORVM LXXXIV CHRISTO EIVSQVE ECCLESIAE IMPENSAM MORS SANCTA CLAVSIT XIII KAL OCTOB ANNO MDCCCLXXXIII IN PACE OPTIMO PARENTI MONVMENTVM AERE COLLATO PAROCIA LVGENS POSVIT."
A pierre François Ferdinand Duriez grand doyen des Audomarois, chanoine des Artésiens, chevalier de l'ordre du Saint Sépulcre. Avec lui ils ont eu une brebis pour les pauvres, le père d'une école, en même temps, catholique, un chantre pour la bienheureuse Notre-Dame des Miracles, quelqu'un d'attaché au culte, et aussi un soutien au couronnement du Pape Pie IX, la restauration de cette chapelle et un prêtre durant 51 ans. Sa vie dans sa 84 ème année, dévouée au Christ et à l'église, une sainte mort l'a close 13 aux calendes d'Octobre ( 19 Septembre ) en l'année 1883, en paix. Au très bon père, le monument, en remerciement, par le diocèse réuni en dueil a été élevé.
page 43 de son livre intitulé "Notre Dame de Saint-Omer"




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Son Histoire

Voila la description qu'en fait Emmanuel WALLET ( professeur de dessin à l'ecole d'artillerie et à l'école de peinture de la ville de Douai, ancien officier du génie militaire, membre de la Société des antiquaires de la Morinie ) dans son ouvrage daté de 1839 "Description de l'ancienne Cathédrale de Saint-Omer"
Commentaires à venir


L'abbé Augustin Dusautoir dans son ouvrage de 1903 intitulé "Guide pratique du visiteur" nous apporte les précisions suivantes :
Commentaires à venir


A la première travée, remarquez sous un portique de marbre noir et blanc du XVIII ème siècle un bas-relief en pierre blanche, œuvre du sculpteur Louis Noël et représentant M. le chanoine Duriez grand-doyen et le restaurateur des pèlerinages, accompagné de son patron saint François de Sales et à genoux devant la statue de Notre-Dame des Miracles. La devise "Domine dilexi decorem doums tuœ" rappelle tout ce que ce prêtre vénérable a fait pour la restauration de cette cathédrale. Ce portique possédait jadis un grillage derrière lequel depuis 1753 on abritait la précieuse relique du "Chef" de saint Omer, autrefois dans le chœur. C'est là que les jours de procession, un échevin et un chanoine ayant chacun une clef venaient ouvrir ensemble les volets de la niche et confier la reIique vénérée aux chanoines chargés de la porter en triomphe. Une statue de saint Omer, accostée de deux anges se trouve encore au-dessus·de ce monument. Un petit panneau, à droite, en bois sculpté, provenant de la Confrérie du saint Viatique, fait l'admiration des connaisseurs pour l'originalité de sa composition.



Cathédrale de Saint-Omer|Nef travée 08


Cathédrale de Saint-Omer|niche du chef de saint Omer


Nef travée 08

Bas-relief du sculpteur Louis Noël travée 08

A la huitième travée, remarquez sous un portique de marbre noir et blanc du XVIII ème siècle un bas-relief en pierre blanche, œuvre du sculpteur Louis Noël et représentant M. le chanoine Duriez grand-doyen et le restaurateur des pèlerinages, accompagné de son patron saint François de Sales et à genoux devant la statue de Notre-Dame des Miracles. La devise "Domine dilexi decorem doums tuœ" rappelle tout ce que ce prêtre vénérable a fait pour la restauration de cette cathédrale. Ce portique possédait jadis un grillage derrière lequel depuis 1753 on abritait la précieuse relique du "Chef" de saint Omer, autrefois dans le chœur. C'est là que les jours de procession, un échevin et un chanoine ayant chacun une clef venaient ouvrir ensemble les volets de la niche et confier la reIique vénérée aux chanoines chargés de la porter en triomphe. Une statue de saint Omer, accostée de deux anges : setrouve encore au-dessus·de ce monument. Un petit panneau, à droite, en bois sculpté, provenant de la Confrérie du saint Viatique, fait l'admiration des connaisseurs pour l'originalité de sa composition.
« Domine dilexi decorem domus tuae » = Seigneur, j’ai aimé la beauté de votre demeure. Le chanoine a été responsable de la cathédrale de 1833 à 1883.

 Bas-relief en pierre blanche, œuvre du sculpteur Louis Noël et représentant M. le chanoine Duriez grand-doyen et le restaurateur des pèlerinages

Mais qui donc était ce chanoine ?
Pour honorer sa mémoire, les Audomarois lui ont élevé ce monument juste à côté de la sacristie. Vous êtes certainement déjà passé devant lui sans le voir. Le Chanoine est cité plusieurs fois dans le roman « Les Dames aux chapeaux verts » [ Monsieur le Grand Doyen reçoit avec une bonhomie patriarcale. Comme on sent qu’il y a loin de la religion de ce prêtre intelligent et doux, à celle des « dévotes forcenées » de sa paroisse ! Il y a, dans ses yeux, de la bonté, et, dans son sourire, de l’indulgence. Il paraît avoir cinquante ans. Grand et fort, il a poitrine large. Son front découvert est blanc sous ses cheveux gris. Sa main arrondie, aux doigts boudinés, est faite pour bénir. ]
Marielle & Arnould Degroote nous apportent les précisions suivantes :
Le chanoine est bien plus qu’un personnage secondaire d’un roman oublié du XIX ème siècle. Il fut un ardent défenseur de la cathédrale et un de ses plus généreux mécènes. Il succède à François Deron et sera doyen pendant 50 années de 1833 à 1883.
Il faut se replacer dans le contexte de l’époque. La cathédrale est dans un état effroyable : elle a servi de magasin de fourrage pendant la révolution et, rendue au culte en 1802, elle n’a toujours pas été entretenue. En 1840 elle est classée dans la toute première liste des monuments historiques. En 1842, un devis de travaux la décrit : fenêtres murées, vitraux tombés, corniches et balustrades détruites, charpente pourrie et sur la face Nord, stockage de terre sur une hauteur de 4 mètres au dessus des pavés.
Dans les archives de la ville on retrouve des lettres que François Duriez a écrites pour défendre la cathédrale auprès des différentes autorités de l’état. Sa fine écriture à l’encre a pâli et elle n’est pas toujours facile à lire mais le style soigné révèle sa culture et surtout sa passion pour la défense de la cathédrale. Nous avons sélectionné trois passages.
En 1849, il écrit au maire pour lui raconter une alerte au feu. « Hier soir vers 9h ¼ j’entends un cri sinistre « le feu, le feu est à la tour de la cathédrale ». Je cours à l’instant et je vois avec une inquiétude mortelle de gros flocons de feu s’échapper de la petite tour qu’habite le guetteur, lesquels étaient portés ça et là par le vent. (le feu était dans la cheminée du poêle). Une inquiétude cruelle m’a tourmenté toute la nuit et à l’heure qu’il est, elle me domine encore. Car comme de gros flocons de feu sont allés tomber sur terre de côté et d’autre, quelques-uns n’auraient-ils pas pu se poser sur une partie du toit qui est en planche ou bien pénétrer dans le comble où se trouve une forêt de vieux bois aussi facile à prendre que de l’amadou ?
En 1866 le chanoine repère des agissements peu convenables dans l’escalier en colimaçon qui mène à la recluserie, à l’orgue puis au sommet de la tour. Il écrit à Monsieur le Maire : « Dans les recoins du plancher au-dessous du clocher on remarque des amas d’ordures qui témoignent que les guetteurs font là leurs lieux d’aisance » Le service de police constate « toutes sortes d’immondices dans l’escalier qui mène à la tour ». Les guetteurs sont prévenus, les sonneurs aussi : ils demandent une tinette en haut de la tour. Mais il y avait pire ! L’escalier est «le rendez-vous de la pire espèce. J’ai vu et entendu un témoin oculaire de cette affreuse chose. Il me suffira, Monsieur le maire, d’avoir signalé cette honte à votre vigilance toujours si active et si énergique pour la défense des intérêts, de la moralité et de l’honneur de notre chère cité pour répondre à l’avance que votre habileté administrative saura trouver un remède efficace ». L’habileté administrative de monsieur le Maire décida que la porte de la tour serait désormais fermée empêchant ainsi tout rendez-vous immodeste.
En 1878 la restauration est interrompue faute de crédit. Le Grand Doyen reprend la plume pour écrire au maire. Sa lettre est un modèle pour les demandes de fonds ! « Depuis 1833 j’ai voué à votre précieux monument toute ma sympathie, toutes mes facultés, toutes mes ressources. Nous nous sommes imposé de très grands sacrifices. Tandis que l’église Saint-Sépulcre obtenait de la ville un dallage neuf, nous remplacions à nos frais le misérable dallage de Notre-Dame. Nous avons dépensé 50.000 francs pour les grandes orgues. Plus qu’aux trois-quarts les vitraux (Dieu sait ce que cela nous a coûté), consolider la grande voûte du choeur… à mes frais, gratter, ravaler, rejointoyer les voutes des chapelles latérales. Il reste à faire, à faire beaucoup. Les visiteurs qui en grand nombre visitent la cathédrale, s’étonnent, se scandalisent. J’en meurs de honte et de douleur. Le magnifique monument, le plus remarquable du Nord de la France, l’honneur, la gloire, l’amour et les délices de la cité entière demande une restauration prompte, continue et complète. Je suis plein de confiance en votre haute intelligence administrative autant que dans votre généreux dévouement aux intérêts vitaux du pays. »

On doit encore au Doyen Duriez des décisions majeures qui ont marqué l’édifice :
- En 1858 il rétablit la neuvaine à Notre-Dame des Miracles.
- C’est lui qui a fait peindre sur les piliers de la chapelle le récit des miracles et qui a fait couvrir les murs d’ex-voto.
- Sur ces propres deniers il a fait réaliser le nouvel autel Notre-Dame des Miracles en marbre blanc d’Italie, couvert d’émaux et de bas-reliefs en bronze et or fin avec son retable néo-gothique de bois doré.
- On retire le badigeon à la chaux pour retrouver la pierre.

Chanoine Duriez