Charles Quint

Charles Quint et François 1 er

Après avoir été longtemps possédée par les Comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, l'Artois fut réuni à la couronne par Philippe-Auguste en 1180, et donné en 1237, avec titre de Comté, par Saint Louis à Robert, son frère aîné, le Comte d'Artois. Après avoir relevé des ducs de Bourgogne, l'Artois passa par héritage aux Habsbourg d'Espagne et fut de nouveau rattachée définitivement à la France après la guerre de Trente Ans, le 7 novembre 1659 aux termes du traité des Pyrénées sauf Aire-sur-la-Lys et Saint-Omer ( ce que les historiens appellent l'Artois réservé ) qui ne devinrent Françaises qu'en 1678.
L'unité artésienne, c'est d'abord celle de la Province de l'Ancien Régime. Les limites en sont fixées à travers les épisodes des guerres médiévales tumultueuses qui ont vu les terres comprises entre Picardie et Flandre d'une part, Cambrésis et Boulonnais d'autre part osciller du royaume franc, au royaume anglais et à la Flandre puis à la Bourgogne. Le contour de la province se fige au XVI ème siècle avec son intégration à l'empire de Charles Quint. François 1 er inquiet de la puissance de Charles Quint, désire mettre un terme aux prétentions de celui-ci en lui déclarant la guerre, pour ce faire, il rencontre le roi d'Angleterre Henri VIII pour obtenir son aide ( entrevue du Camp du Drap d'Or en juin 1520 ), en vain car ce dernier décide de soutenir Charles Quint. En 1521, toute la région entre Arras et Doullens est dévasté par l'armée de François 1 er.
Néanmoins, la France perdit très rapidement les provinces de Tournai et de Milan. Mais Charles Quint en voulait plus, en reconstituant le domaine Bourguignon. En avril 1522, la défaite Française à La Bicoque, obligea les Français à repasser les Alpes. Dans le même temps, le connétable de Bourbon ( dépouillé en 1522 par le roi d'une partie de l'héritage de sa femme ) se mit au service de Charles Quint. À partir de 1523, les Anglais envahissent le Nord du royaume Franc, et le connétable de Bourbon envahit la Provence. François 1 er est capturé lors de la déroute des Français à Pavie le 24 février 1525. La chevalerie Française fut décimée à Pavie, ainsi que plusieurs milliers de soldats. En plus du roi des hauts personnages furent capturés, tels Henri d'Albret, le mari de Marguerite de Navarre, Montmorency, l'amiral Chabot ou Clément Marot. Il fallut toute l'habileté diplomatique de Louise de Savoie et du chancelier Antoine Duprat pour limiter la casse ! Et c'est ainsi que les Anglais traitèrent avec les Français ( aucune intervention militaire en échange d'une importante indemnité ), au château du cardinal Wolsey, à Moore, le 30 août 1525. En 1526, le Roi de France renonce à sa souveraineté sur la Flandre et l'Artois : le traité de Madrid établit la suzeraineté de l'empereur sur l'Artois dès cette date l'administration impériale marque son empreinte sur la structure provinciale. L'Artois devient une province des Pays-Bas espagnols.
- Les États d'Artois sont reconnus ils sont composés de représentants du clergé, de la noblesse et des villes ils siègent a Arras et assurent l'administration de la Province.
- Un Conseil d'Artois est créé en 1530, il exerce les fonctions de "Cour d'Appel" de toutes les juridictions.
- Un nouveau système fiscal est mis en place (1536).
la France en 1550 En 1537, François 1 er envahit à nouveau l'Artois. La conquête fut facile et les villes et châteaux d'Hesdin, de Saint-Pol, de Saint-Venant tombèrent très vite dans l'escarcelle du Roi de France. Ses troupes se répandirent partout et ravagèrent tous les territoires. Les habitants des villes et villages ravagés adressèrent à leurs gouvernants des suppliques où ils leurs exposaient leur misère et l'impossibilité d'acquitter leur impôt. Henri II, successeur de François 1 er continua la guerre contre Charles Quint.
Dans l'extrème nord du royaume Franc, certaines villes situées à la frontière du royaume Franc et de l'empire Germanique, n'acceptèrent pas l'occupation Espagnole, et ne cessèrent de harceler l'Empire ! Après des années de harcélement, et incapable de réduire à néant ces rébellions, malgré un déploiement militaire très important, Charles Quint décida de mettre un terme à cette situation d'une manière radicale.
Furieux de cet état de fait, Charles Quint ordonna en 1553 la destruction complète des villes suivantes ( liste non exhaustive, car tous les villages situés sur une bande de 15 kms entre ces deux villes distantes de 38 kms qui avaient résisté furent rasés ! )
1553 : Destruction de Thérouanne
1553 : Destruction de Hesdin







La collégiale devint la Cathédrale de Saint-Omer

Mais rien n'était réglé et il fallut encore attendre six années, et la signature du Traité du Cateau-Cambrésis en 1559 pour que cessent ces guerres ravageuses.
En 1559 il fut décidé de partager le diocèse de Thérouanne en 3 nouveaux diocèses
En 1559 il fut décidé de partager le diocèse de Thérouanne en 3 nouveaux diocèses ( Boulogne, Saint-Omer, Ypres ), afin de respecter les frontières entre le royaume de France et les Pays-Bas espagnols. D'âpres négociations eurent comme résultat de retarder la mise en place effective des trois nouveaux évêques, et, il fallut encore attendre deux longues années pour arriver à un concensus acceptable par tous les protagonistes de cette guerre. C'est dans ces conditions que fut créé le diocèse de Saint-Omer, et la Collégiale Notre-Dame devint la Cathédrale Notre-Dame en 1561. La bulle de Pie IV 'De statu ecclesiarum', du 11 mars 1561 a défini précisément le démembrement de Thérouanne et créé les diocèses de Boulogne, de Saint-Omer et d'Ypres, la nomination de celui qui aurait dû être le premier évêque de Saint-Omer et qui ne fut en réalité qu'évêque nommé de Thérouanne d'abord, de Saint-Omer ensuite, Guillaume de Poitiers ( 1553-1562 ).
En fait, le premier évêque de Saint-Omer fut Gérard d'Haméricourt ( 1563-1577 ) et le dernier fut Alexandre-Joseph-Marie-Alexis de Bruyères-Chalabre ( 1778 à 1789 ).

Charles Quint Empereur et savant

Saint-Omer sa naissance à Gand, il apprend le français ( langue des ducs de Bourgogne vivant en Flandre ). Plus tard, il ne se contente pas de faire ses humanités, il apprend également l'allemand, l'anglais, le néerlandais, l'espagnol et l'italien. Pour l'époque Charles Quint est un savant. Il devient Roi de Castille, d’Aragon , de Naples et de Sicile en 1516 à la mort de son grand-père Ferdinand V. Il régne conjointement avec sa mère, Jeanne I ère. Il quitte la Flandre en 1517 pour s'installer en Espagne, Il hérite de l’archiduché d’Autriche en 1519 à la mort de son grand-père paternel, l’empereur romain germanique Maximilien 1 er. En 1519, après un marchandage de voix fort couteux, il est élu empereur du Saint-Empire romain germanique contre son rival François 1 er, sous le nom de Charles Quint. Erudit, il finance des expéditions en Occident et aux confins du monde connu :
Hernan Cortés en 1521 pour le Mexique, Francisco Pizarro en 1524 pour l'Ouest de l'Amérique du Sud, Fernand de Magellan et Juan Sebastian Elcano entre 1519 et 1522 ( qui feront le premier tour du monde prouvant que la Terre est ronde ), et encore Pedro de Mendoza qui fonde la ville de Buenos Aires en Argentine en 1536. Les Amériques succitent pour cet homme un grand intérêt, car il subodore des ressources naturelles inépuisables. Ces territoires ( d'Amérique latine ) sont annexés par l'Espagne qui devient, au XVI ème siècle, grâce aux explorateurs de Charles Quint, l'une des plus grandes puissances mondiales. Charles Quint gouverne alors un immense territoire, sur lequel « le soleil ne se couche jamais ». Son règne coïncide avec la montée en puissance fulgurante de la Réforme, et, Charles Quint se consacre corps et âme à la défense de la religion Catholique. Il convoque Luther à la diète de Worms en 1521 : Luther est alors mis au ban de l’empire mais Charles-Quint le laisse libre. La période très troublée qui accompagne la Réforme encorage les princes allemands à réclamer l’autonomie de leurs États. Les paysans plus ou moins manipulés par leurs élites en profitent pour se révolter. Il épouse en 1526 sa cousine germaine, Isabelle de Portugal. Il est sacré empereur par le pape en 1530. En 1530, Charles réunit la diète d’Augsbourg pour régler cette guerre de religion. Les princes protestants lui présentent la Confession d’Augsbourg, qu’il juge inacceptable. Les princes du nord de l’Allemagne, forment en 1531 la Ligue de Smalkalde ( alliée au roi de France François 1 er ) dirigée par Philippe de Hesse. Charles-Quint ordonne en vain, aux princes de rétablir la juridiction épiscopale et de restituer les biens volés à l’Église. Son principal ennemi est François 1 er, qui ne supporte pas que la France soit encerclée par les territoires de Charles Quint ( Espagne au Sud et Saint-Empire germanique au Nord et à l'Est ). Il veut alors poursuivre les combats menés par ses prédécesseurs Charles VIII et Louis XII, à savoir : récupérer les territoires de Naples et de Milan. Pendant ce temps, Charles Quint veut récupérer le duché de Bourgogne, qui lui revient car ses aïeuls en avaient les titres. Charles perd ensuite sa guerre pour la conquête de la Bourgogne, mais remporte toutes les batailles italiennes ( faisant même prisonnier François 1 er pendant un an ) contre François 1 er puis Henri II qui n'hésitent pas à s’allier aux Turcs pour battre Charles. Les territoires de Charles Quint sont dispersés en Occident, ce qui pose un vari problème pour les défendre, car il compte aussi des ennemis en Orient ( l'Empire Ottoman de Soliman ).
Les Turcs, après avoir conquis les balkans, envahissent la Hongrie et assiégent Vienne en 1529. Charles Quint brise le siège mais une partie de ses troupes mutinées mettent Rome à sac, il perd alors le soutien du Pape. Charles Quint arrête l’expansion des musulmans en Méditerranée en occupant Tlemcen en 1530 puis Tunis en 1535. Iln'ira pas plus loin et après avoir échoué devant Alger, Charles Quint doit renoncer à sa politique en Méditerranée. Après l’ouverture en 1545 du concile de Trente, boudé par les protestants, Charles-Quint et le pape lancent trois armées contre les princes protestants réfractaires, ces derniers sont battus à Mühlberg en 1547 et doivent accepter la trève d’Augsbourg de 1548, en attendant les décisions du concile de Trente : les protestants sont provisoirement autorisés à communier et leurs pasteurs à se marier.
En 1555 les princes protestants, alliés cette fois au roi de France Henri II, s’emparent d’Augsbourg et gagnent la bataille d’Innsbruck contre Charles Quint. Il s'en suit la Paix d’Augsbourg : ou il est acté l’existence des deux confessions, chaque prince dans l’empire pourra choisir la religion dans son état, maise les sujets qui refusent le choix de leur prince auront le droit de partir.
Néanmoins, Charles Quint ne s'avoue pas vaincu et, dans ses territoires il défend le catholicisme en y exerçant une répression très sévère contre « l’hérésie » et freine l'essor du protestantisme. Les condamnations à mort seront légion dans les Flandres.
En 1552 Henri II occupe les trois évêchés de Metz, Toul et Verdun situés dans l’empire. Lassé par les guerres et épuisé par de nombreux voyages et par la goutte, Charles Quint décide de quitter le pouvoir : il cède les Pays-Bas, détachés de l’empire, ainsi que l’Espagne à son fils Philippe entre 1555 et 1556, il renonce à la dignité impériale et cède l’Autriche à son frère Ferdinand en 1556. Celui-ci est élu empereur en 1558. Charles Quint usé physiquement se retire au monastère de Yuste en Espagne, où il y décède en 1558.


Ci dessous le portrait de Charles Quint par Juan Pantoja de la Cruz, El emperado Carlos V, huile sur toile,183 x 110 cm, vers 1605, ( Madrid, Prado, inv. P001033 ) (c) Wikimedia common.